Par Soraya Bakary, Abidjan
Le Groupe de la Banque africaine de développement a organisé, ce 23 avril 2026, une conférence de presse en prélude à ses Assemblées annuelles prévues du 25 au 29 mai à Brazzaville, en République du Congo. Ces Assemblées sont annoncées comme un moment majeur de dialogue entre acteurs publics et privés autour des priorités de développement du continent africain. Si la Banque met en avant les progrès enregistrés ces dernières années, elle souligne également la persistance de nombreux défis dans un environnement international de plus en plus incertain. Hausse des besoins de financement, pressions économiques et impératif de transformation structurelle devraient ainsi s’imposer parmi les thèmes centraux des discussions attendues à Brazzaville.
Animée par Chioma A. Onukogu, secrétaire générale par intérim du Groupe de la Banque africaine de développement, et Kevin Urama, économiste en chef et vice-président par intérim chargé de la Gouvernance économique et de la Gestion des connaissances, cette rencontre a permis de présenter les grandes orientations de l’édition 2026 des Assemblées annuelles, placées sous le thème : «Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté ». Au cours de la conférence, Chioma A. Onukogu a détaillé les principaux objectifs de ces Assemblées. Parmi les temps forts annoncés, figure le « Governors Dialogue », présenté comme un événement clé. Ce forum réunira les gouverneurs des 81 pays membres de l’institution autour du président, afin d’échanger sur des questions stratégiques pour le continent africain.
Pour rappel, l’édition 2026 marquera également la première Assemblée annuelle du président Sidy Ould Tah depuis sa prise de fonction en septembre 2025. Dans cette perspective, les gouverneurs seront appelés à partager leurs priorités autour de quatre axes d’action majeurs, inscrits dans la Nouvelle architecture pour le financement du développement de l’Afrique (NAFAD), une initiative portée par le Groupe de la Banque africaine de développement pour répondre aux défis structurels de mobilisation des ressources à grande échelle. Cette dynamique s’inscrit dans la continuité du dialogue des gouverneurs tenu le 9 avril, qui a abouti à l’adoption d’un « Consensus d’Abidjan » en 11 points sur la NAFAD, visant à combler le déficit de financement du développement du continent.
Les échanges prévus lors des Assemblées porteront ainsi sur les orientations à court, moyen et long termes de l’institution. “Cette rencontre offrira une plateforme à forte visibilité pour mettre en avant les priorités du continent et ses réussites, renforcer les partenariats stratégiques en soutien à l’Agenda 2063, ainsi que valoriser les initiatives continentales phares. Elle vise également à mobiliser l’ensemble des parties prenantes autour d’un thème à la fois actuel et déterminant pour la transformation de l’Afrique. L’édition de cette année est conçue comme un événement phare de célébration, plutôt que comme une conférence ou un panel traditionnel.” a affirmé Chioma A. Onukogu.
De son côté, Kevin Urama, vice-président chargé de la Gouvernance économique du Groupe de la Banque africaine de développement, a expliqué que le thème retenu des Assemblées annuelles 2026, guidera l’ensemble des échanges prévus à Brazzaville. Selon lui, ces Assemblées constitueront un cadre privilégié pour approfondir la réflexion sur la capacité du continent à mobiliser des financements à grande échelle. S’appuyant sur le rapport sur les perspectives économiques en Afrique (AEO 2025), il a rappelé que près de 1 300 milliards de dollars américains sont nécessaires pour atteindre les Objectifs de développement durable du continent. Un chiffre qui, a-t-il précisé, sera au cœur des discussions entre les gouverneurs, les décideurs publics et les partenaires présents lors des Assemblées. “Il s’agit là d’un paradoxe : l’Afrique a des besoins considérables pour atteindre les Objectifs de développement durable, faire face au changement climatique, financer ses infrastructures et répondre à l’ensemble de ses défis de développement. Dans le même temps, le continent dispose des ressources nécessaires pour couvrir une grande partie de ces besoins de financement.” Kevin Urama a ainsi souligné que les travaux de Brazzaville devront permettre d’identifier des réponses concrètes à ces enjeux.
Les Assemblées annuelles serviront également de plateforme pour examiner des approches stratégiques visant à améliorer les systèmes financiers africains, renforcer les marchés de capitaux et repenser les relations avec les agences de notation, y compris à travers le développement d’agences africaines. Enfin, il a indiqué que les échanges prévus à Brazzaville porteront aussi sur les mécanismes permettant de mieux mobiliser les ressources domestiques, grâce à des instruments innovants tels que le financement mixte, le financement climatique et les partenariats productifs. Autant de pistes qui devraient être explorées afin de permettre au continent de répondre à ses défis de développement.

