Côte d’Ivoire: au delà de la plainte de Ouattara contre La Lettre du Continent

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En réaction à la publication d’un article de la Lettre du continent N°759 paru le 30 août 2017, où le bimensuel française accuse le chef d’Etat ivoirien, Alassane Ouattara, d’avoir fait exploser les fonds de souveraineté, ce dernier dément et décide de porter plainte.  

Ainsi, selon un communiqué du 2 septembre 2017 signé par le secrétaire général de la présidence, Patrick Achi, «le président de la République a donné mandat aux avocats Maitres Jean Pierre Mignard et Jean Paul Benoit, de mettre en œuvre toutes voies de droit et toutes actions utiles en vue de la sanction de tels agissements et de la réparation des préjudices subits du fait de l’atteinte à son image, tant sur le plan national qu’international».

Dans l’article visé par la plainte, le bimensuel écrit sur un ton affirmatif: « le Président Alassane Ouattara bénéficie, dans la plus grande discrétion, d’un fonds de souveraineté de 342,6 milliards Fcfa (521 millions €), en hausse de 20 milliards par rapport à 2015 ». Et d’ajouter : “le chef de l’Etat ivoirien peut d’autant mieux puiser à sa guise dans cette enveloppe budgétaire que cette dernière est directement gérée par son frère, le ministre des affaires présidentielles Birahima Téné Ouattara”.

Au delà de la polémique engendrée par cet article,  c’est de la gestion des fonds politiques qu’il s’agit. Trop souvent qualifié de caisses noires, ces fonds spéciaux font l’objet d’interrogations dans un contexte africain d’exigence accrue  de transparence dans la gestion des affaires de la société. Les écarts constatés souvent entre les lois de finance (élaborées avant coup) et les lois de règlement (à postériori) dans le cas de la Côte d’Ivoire comme des autres pays de la sous région appellent à la responsabilité des parlementaires qui votent toutes ces dispositions.

L’article est paru à la veille du la veille d’un déjeuner de travail entre Alassane Ouattara et le  Président français, Emmanuel Macron, durant lequel le premier devait formuler une demande d’appui budgétaire pour le financement du Métro d’Abidjan. De là à crier au complot, il n’y a qu’un pas….qu’il ne faut surtout pas franchir.

 

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