Côte d’Ivoire: derrière la crise du ciment

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La Côte d’ivoire est confrontée ces derniers jours à une pénurie de ciment suite à une rupture de stock dans différents points de vente du pays, se traduisant par une flambée du prix du matériau de construction.

Les prix varient ainsi d’un endroit à un autre, par exemple au centre-nord du pays plus précisément dans la ville de Bouaké, au lieu de 5000 FCFA, le prix homologué par le gouvernement, le sac de ciment est cédé entre 6 000 et 7000 FCFA, voir 8000 FCFA  suivant les points de vente.

Plusieurs facteurs sont évoqués : les consommateurs se plaignent de l’incapacité des sociétés de ciment à honorer les commandes sollicitées. Les autorités, elles justifient cette pénurie par un boom du logement, avec l’installation des sociétés de béton dans le pays, entrainant une forte demande qui met les producteurs du ciment à l’épreuve. Pointés du doigt, les cimentiers à l’instar de la Société des ciments d’Abidjan (SCA) confie qu’ils (les cimentiers) ne sont impliqués ni de près ni de loin dans cette hausse des prix. Parce que, ni les prix pratiqués par les producteurs ni les taxes n’ont augmenté.

Toutefois, l ’Association des Producteurs de Ciment de Côte d’Ivoire (APCCI) explique autrement cette pénurie  de ciment. A travers un communiqué publié lundi 20 mars 2017, l’APCCI explique que « cette situation de pénurie est due à l’encombrement des voies et par les travaux de réhabilitation du Boulevard du port ainsi que par le manque de camions du fait de la campagne café-cacao en cours qui ralentissent les cadences de livraison dans la plupart des points de vente ».

Selon le document de l’APCCI, « la sensible augmentation des prix observée auprès de certains revendeurs de ciment en cette période de pic de la demande est purement conjoncturelle et ne s’explique pas car les prix du ciment sont restés stables dans les usines ».

C’est pourquoi, « les producteurs de ciment invitent fortement les transporteurs et les revendeurs de ciment à faire preuve de modération en proposant des tarifs conformes aux réalités du marché d’autant plus que les prix du ciment sont restés stables dans les usines », ajoute le communiqué.

« Les mesures nécessaires ont été prises de concert avec le Port autonome d’Abidjan pour un retour à la normale. Dans cette perspective, les producteurs de ciment prennent toutes les dispositions logistiques et humaines pour assurer la livraison du ciment sur l’ensemble du territoire national dans des délais raisonnables », rassure ensuite l’APCCI.

L’association dit avoir une capacité de production annuelle de 4,15 millions de tonnes de ciment et disposer des ressources nécessaires pour la couverture des besoins du marché ivoirien, actuellement estimés à 3,6 millions de tonnes par an.

Il faut par ailleurs noter que la production annuelle de ciment en Côte d’Ivoire est passée de 1,97 million de tonnes en 2012 à 2,6 millions de tonnes en 2014, soit une hausse de 32,08 %. Un niveau qui présentait un équilibre précaire et avait occasionné une première pénurie de ciment début 2015. Une situation depuis résolue avec la multiplication des investissements dans le secteur.

De grands chantiers de construction de ponts, de routes, de logements sociaux ou encore d’autoroutes engloutissent chaque année une grande quantité de ciment.

Les investissements se poursuivent dans le secteur. La filière locale de LafargeHolcim, par exemple, achève la construction de son sixième broyeur qui va lui permettre de doubler sa capacité de production annuelle à 2 millions de tonnes dans quelques mois.

Par  Ndeye Magatte Kébé

Édité par Jean Mermoz Konandi 

 

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