Mohammed VI se défend de tout néocolonialisme envers l’Afrique 

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MohammedVIDans un discours du samedi 20 août 2016  à l’occasion du 63ème  anniversaire de l’indépendance du Maroc, le Roi Mohammed VI s’est  défendu de tout néocolonialisme envers l’Afrique. «Le Maroc donne toujours aux peuples de son continent sans attendre d’en recevoir une contrepartie”, a-t-il expliqué avec force. L’engagement du royaume en faveur  des Causes et des préoccupations de l’Afrique “n’a jamais été motivé par une volonté d’exploitation de ses richesses et de ses ressources naturelles, contrairement à ce que l’on désigne sous le vocable de néocolonialisme», déclare le souverain dans une allocution presque entièrement consacrée au Maghreb à l’Afrique et à la montée du fondamentalisme religieux dans les pays d’accueil des marocains du monde.

 

Abordant le retour “institutionnel”du Maroc  au sein de l’Union Africaine, le souverain a estimé que cette décision “n’est que l’illustration de cet engagement d’aller de l’avant pour faire prévaloir les Causes qui sont celles des peuples africains”.

Et d’insister sur les liens, humains et spirituels qui unissent le royaume chérifien à son continent. “Car l’Afrique, pour le Maroc, c’est bien davantage qu’une appartenance géographique et des liens historiques. Elle évoque, en vérité, des sentiments sincères d’affection et de considération, des liens humains et spirituels profonds et des relations de coopération fructueuse et de solidarité concrète. Elle est, somme toute, le prolongement naturel et la profondeur stratégique du Maroc”.

Le repositionnement du royaume dans son ensemble africain constitue sans doute l’une des grandes ruptures stratégiques entre Hassan II et son successeur. En pleine guerre froide et confronté au camp des révolutionnaires soutenus par l’Algérie, Rabat, tout en gardant d’excellents liens avec les pays amis, s’était tournée vers les monarchies du Golfe et l’axe Paris -Washington. Depuis son accession au trône, en 1999, Mohammed VI a franchi l’autre rive du Sahara pour plus de quinze visites officielles, initiant plusieurs traités bilatéraux et multilatéraux  dont l’annulation de la dette des PPTE et l’admission du royaume en tant qu’observateur au sein de la CEDEAO.

En parallèle à cet élan diplomatique, les entreprises marocaines à la recherche de relais internationaux se sont développés sur le continent, y acquérant des positions stratégiques dans le domaine des BTP et de la finance. Cette poussée économique n’est pas  sans faire grincer des dents dans le cercle des opérateurs africains qui  parlent ouvertement de néocolonialisme et qui exigent la réciprocité. Le discours du Roi apporte des clarifications sur la politique africaine du royaume.

“Nous avons la conviction que l’intérêt du Maroc, c’est aussi l’intérêt de l’Afrique, et que son devenir ne peut se concevoir sans elle. Nous pensons que le progrès et la stabilité sont partagés ou ne sont pas”, poursuit le Roi, partisan d’une croissance partagée. “S’il est naturel que le Maroc tire parti de la coopération avec ses frères d’Afrique, il tient toujours à ce que ce soit mutuellement profitable. Nous ne considérons pas l’Afrique comme un marché pour vendre et écouler les produits marocains, ou un cadre pour le lucre rapide, mais plutôt comme un espace d’action commune pour le développement de la région, au service du citoyen africain.” Et de poursuivre: “Le Maroc ne se limite pas à exporter des médicaments, mais il tient à construire des laboratoires pharmaceutiques, et bâtir des établissements et autres centres de santé”.

Le Maroc compte parmi les premiers pays du Sud à avoir adopté une politique solidaire authentique pour accueillir les migrants africains, selon une approche humaine intégrée, qui protège leurs droits et préserve leur dignité.

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