La deuxième session ordinaire du Comité de politique monétaire (CPM) de l’année 2026 s’est ouverte ce mercredi 10 juin à Dakar, au siège de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Les membres du Comité sont réunis pour examiner le rapport sur la politique monétaire dans l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA), un document qui analyse l’évolution récente de l’environnement économique international et régional, évalue les perspectives à court et moyen termes et identifie les principaux risques susceptibles d’affecter l’activité économique de l’Union.
Présidant les travaux, Jean-Claude Kassi Brou, gouverneur de la BCEAO, a dressé un état des lieux de la conjoncture internationale, marquée par les répercussions du conflit au Moyen-Orient sur l’économie mondiale.
« Plus de trois mois après son déclenchement, cette crise exerce déjà des pressions significatives sur les prix des produits énergétiques et perturbe les chaînes d’approvisionnement mondiales, notamment en raison de la fermeture du détroit d’Ormuz », a-t-il indiqué.
Selon les dernières projections du Fonds monétaire international (FMI), publiées en avril 2026, la croissance mondiale devrait ralentir à 3,1 % en 2026, contre 3,4 % en 2025. Dans le même temps, l’inflation mondiale est désormais attendue à 4,4 %, soit un niveau supérieur aux prévisions initiales de 4,1 %.
Au sein de l’Union, les premiers effets de la crise commencent à se faire sentir, notamment à travers les hausses des prix des carburants observés entre mars et mai 2026 dans plusieurs États membres. Toutefois, ces tensions inflationnistes demeurent pour l’heure limitées grâce aux bonnes performances de la campagne agricole.
Le taux d’inflation s’est ainsi établi à -0,2 % au premier trimestre 2026, après -0,8 % au trimestre précédent. La BCEAO estime néanmoins que la tendance haussière des prix pourrait se poursuivre au cours des prochains mois sous l’effet des répercussions du conflit au Moyen-Orient.
Une croissance qui témoigne de la résilience de l’Union
L’activité économique de l’Union demeure dynamique malgré un léger ralentissement. La croissance du PIB réel s’est établie à 6,1 % au premier trimestre 2026, contre 6,5 % au trimestre précédent, illustrant la résilience des économies de l’espace UMOA face à un environnement international moins favorable.
Sur le plan budgétaire, les données communiquées par les États membres montrent la poursuite des efforts de consolidation des finances publiques. Le déficit budgétaire global s’est réduit à 4,1 % du PIB au premier trimestre 2026, contre 4,3 % un an auparavant.
Les perspectives budgétaires pour le reste de l’année pourraient toutefois être affectées par les mesures mises en œuvre par les gouvernements afin d’atténuer les conséquences économiques de la crise au Moyen-Orient.
Des comptes extérieurs en amélioration
La situation extérieure de l’Union continue de s’améliorer, soutenue notamment par la progression des exportations d’hydrocarbures et d’or ainsi que par les importantes mobilisations de ressources extérieures réalisées par les États membres.
Pour l’ensemble de l’année 2026, les comptes extérieurs pourraient néanmoins subir l’impact d’une détérioration des termes de l’échange liée aux tensions géopolitiques actuelles.
Sur le marché monétaire, les conditions de financement se sont assouplies au cours du premier trimestre 2026, grâce à l’amélioration de la liquidité bancaire et à la récente baisse des taux directeurs décidée par la BCEAO.
Le taux d’intérêt à une semaine sur le marché interbancaire s’est ainsi replié à 4,26 %.
Au cours de cette session, les membres du Comité de politique monétaire examineront également le rapport sur le rapatriement des recettes d’exportation à fin mars 2026, la situation du système bancaire de l’Union à la même date, ainsi que la synthèse des rapports des Conseils nationaux du crédit des États membres au titre de l’exercice 2025.

