Mo Ibrahim apporte son point de vue sur la crise à la Banque Africaine de Développement

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Mo Ibrahim favorable à une enquête.

Le milliardaire soudanais, Mo Ibrahim, promoteur du prix éponyme dédié à la bonne gouvernance et à l’alternance démocratique en Afrique, a apporté son point de vue sur la crise qui couve en ce moment au sein de la Banque Africaine de Développement (BAD). “Je pense que nous devons avoir un processus approprié. Bien sûr, la gouvernance est très importante. Je ne suis pas au courant du détail des allégations, donc je ne sais pas si ces allégations sont vraies ou non parce que je n’ai pas vu cela ou parler à aucun côté là-bas“, commente prudemment Mo Ibrahim dans un entretien paru sur Deutsche Welle . Avant d’en venir au fond du sujet.

Mais s’il y a des allégations, poursuit l’ingénieur en télécoms et promoteur du fonds Satya Capital, “elles doivent faire l’objet d’une enquête appropriée”. “Je comprends que les États-Unis demandent une enquête indépendante – très bien. Ayons alors un processus indépendant et crédible et agissons en conséquence, car la Banque africaine de développement est très importante pour l’Afrique, surtout en ce moment où vous ne pouvez pas la paralyser. Nous devons régler ce problème très rapidement afin que la banque puisse continuer à s’acquitter de sa tâche et de sa mission“.

Le milliardaire, promoteur de l’Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique (IIAG), déclare ne pas être en mesure d’évaluer les performances de la BAD, n’ayant jamais procédé à son audit ou regardé ses opérations de près. “C’est au conseil d’administration et aux actionnaires d’en décider”, ajoute-t-il, en appelant à construire une institution crédible. “Nous devons sauvegarder l’intégrité de l’institution. Il ne s’agit pas de personnalités. Ce n’est pas une question de nationalité. Il ne s’agit pas d’individus. Il s’agit du processus. Nous devons avoir le bon processus pour aller de l’avant. Nous avons besoin de tout le monde pour se calmer et y faire face avec professionnalisme et intégrité“.

Et Mo Ibrahim de poursuivre avec ce constat qui vaut pour nombre d’institutions africaines: “nous ne pouvons pas parler de souveraineté si nous ne voulons pas mettre nos mains dans nos poches et financer la banque. Nous, Africains, aimons beaucoup parler de souveraineté, mais quand nous en arrivons au prix de la souveraineté, nous ne voulons pas payer. Pourquoi? Tout pays africain est invité à devenir un actionnaire majeur. Montrez-moi votre argent – aussi simple que cela. Même l’UA, jusqu’à récemment, 95% de notre budget opérationnel était soutenu par l’Union européenne. Et bien sûr, c’était un gros problème et le président Kagame essayait de pousser les pays africains à accroître leurs contributions parce que c’est une façon de parler de souveraineté“.

Celui qui abattu sa fortune en 2005, en vendant sa firme Celtel, alors présente dans 14 pays et comptant 24 millions d’abonnés, au koweitien MTC, pour une valeur de 3, 5 milliards de dollars, a aussi parlé de l’intégration africaine: “Si nous voulons une zone de libre-échange africaine avec une UA forte, nous devrons y contribuer. Nous ne pouvons pas rester là et demander aux gens de venir financer l’UA, de venir financer l’Afrique. Nous devrions montrer l’exemple si nous parlons de souveraineté, d’unité africaine, de fierté africaine pour être honnête”.

Pour rappel, la BAD fait face à une crise de gouvernance partie de 16 allégations d’un groupe de lanceurs d’alertes mettant en cause le président Akinwumi Adesina. En réaction au rapport du comité d’éthique qui avait dans un premier temps blanchi le président de la BAD, l’administration américaine avait exigé une enquête indépendante sous la conduite d’un cabinet aux standards internationaux. En fin de semaine, le bureau des gouverneurs sous la présidence de Kaba Nialé, par ailleurs ministre ivoirien du Plan et du Développement, a opté pour “une revue indépendante du rapport du comité d’éthique”, entre deux et quatre semaines” sous la direction d’une personnalité de haut rang, connue pour son intégrité.

5 Commentaires

  1. Mo Ibrahim dit tout haut ce que la plupart d’Africains “intellectuellement honnetes” pensent tout bas.

    Bref, on peut pas crier souverainete (bidon) lorsqu’il faut rendre de comptes de bonne gouvernance, et en suite quemander (a genoux SVP) des capitaux aupres de ceux-la qui exigent une meilleure gouvernance a la BAD…comme d’ailleurs a l’UA.

    Adesina a la BAD le sait mieux que quiconque. Mais comme tout bon demagogue Africain il pretend l’oublier toute honte bue pour se rappeler seulement de la souverainete de la BAD…La meme BAD que financent les Occidentaux, comme l’UA.

  2. Bonjour a vous, j’ai aimé : ” les africains parlent de souveraineté mais refusent de contribuer” bien dit M. Mo
    Mon commentaire est que M. Adesina son mandat de 2020-2025 sera houleux et difficile je sens qu’il jetera l’éponge a 2022 ou 2023.

  3. A quoi sert la BAD si sa gouvernance n’est pas adéquate aux objectifs des populations Africaines, malheureusement pour elle son capital est en majorité à main hors continent, elle subit la loi de la majorité (26 pays) possèdent la majeur partie du capital en numéraire, alors que la minorité (80 pays) ont une faible proportion en numéraire. Comme c’est la majorité qui décide par le jeu proportionnel du droit de vote, (rien ne va plus, la roue tourne).
    Ajoutons a ce fiasco, répandu sur les autres institutions Africaines, le contrôle des décisions est connu. L’occident a de gros intérêts en Afrique,notamment sur le sous sol Africain, c’est la caverne d’Ali baba, mais comme nous n’avons pas de ‘pognon”, nous n’avons pas aussi la science, cette dernière nous échappe, heureusement, la coopération technique nous vient de l’occident.
    Autre chose nous échappe, la force militaire Eh oui, l’occident est sur le sol Africain pour veiller sur nous parce qu’il y a des “bouloulou” qui veulent chiper et toucher aux intérêts des cadres de la BAD et autres…

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