Les grandes marques, l’éthique et le développement durable

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Presqu’aucune marque africaine dans le top 100 qui domine le monde de la consommation.

Par Alain Antonini*.

Ghandi disait : ” le monde contient bien assez pour les besoins de chacun, mais pas assez pour la cupidité de tous ” . Il semble que certains grands groupes en cette année 2019 mesurent l’impact sur l’environnement de leurs stratégies et commencent à sortir du septicisme pour imaginer ce qui peut sauver la planète en dehors des simple considérations du profit immédiat . Voici quelques exemples qui méritent de faire des émules et de s’imposer à tous les décideurs économiques , car la protection de la nature est rentable pour toute l’Humanité .

Nestlé annonce la fin du plastique

Nestlé a fait une autre annonce symbolique mi-janvier : le groupe suisse va « éliminer de ses produits toutes les pailles en plastique ». Pour les remplacer, Nestlé dit travailler «sur des matériaux alternatifs, tels que le papier, ainsi que sur des concepts innovants pour réduire le déchets », rapporte Le Figaro.

Plus largement, Nestlé veut rendre 100 % de ses emballages recyclables ou réutilisables d’ici 2025. Mieux, il mène des recherches pour éliminer le plastique de ses packagings. « Par exemple, nous allons bientôt lancer une poche de Nesquik faite en papier et complètement recyclable », indique Jean-Manuel Bluet, responsable développement durable chez Nestlé France. Les friandises Smarties ou les pâtisseries Yes! vont suivre le même chemin.

Nestlé anticipe l’évolution de la réglementation. Dès le 1er janvier 2020, de nombreux produits à usage unique vont être retirés de la vente, en France, rappelle Le Parisien : gobelets, verres, assiettes , jetables, pailles et couverts en plastique devront avoir disparu de la circulation. Des interdictions qui vont être renforcées en 2021 par l’Union européenne.

Adidas veut vendre 11 millions de paires de chaussures recyclées en 2019

Ne plus utiliser que des matériaux recyclés dans la fabrication de ses chaussures et de ses vêtements d’ici à 2024. C’est l’engagement qu’a pris Adidas, relate le journal Les Échos. Déjà l’an dernier, la deuxième marque mondiale de vêtements de sport a vendu 5 millions de chaussures recyclées, et vise les 11 millions en 2019. Mais le chemin sera encore long : cela ne représentera que 3 % de sa production totale…

Dans la mode, considérée comme une des industries les plus polluantes au monde, les marques sont de plus en plus nombreuses à revendiquer l’utilisation de plastiques recyclés. Comme H&M, Patagonia, ou récemment Asos qui vient de lancer une collection de sous-vêtements réalisés à partir de bouteilles en plastique et de vieux filets de pêche.

Mais jusqu’où les marques ont-elles le choix pour adopter des démarches plus « eco-friendly » ? D’après une récente étude menée auprès de 1 000 femmes par Thredup, une marketplace américaine dédiée aux vêtements d’occasion, 58 % des consommatrices veulent veulent générer moins de déchets..

Une femme sur 4 se dit ainsi prête à arrêter la « fast fashion » en 2019. Et ce taux monte à 40 % chez les millennials, relève Fashion Network.

Les « paniers surprises » de Too Good To Go pour lutter contre les invendus

Connaissez-vous l’application « Too Good To Go » ? Elle a déjà été téléchargée plus de 3 millions de fois en France et compte 5 500 commerçants partenaires dans l’Hexagone, selon des chiffres  communiqués début janvier 2019 par l’application.

Son principe : réduire le gaspillage alimentaire en permettant d’acheter à prix cassés les invendus des commerçants, qu’ils appartiennent à une chaîne comme Carrefour ou Exki, ou qu’ils soient « paniers surprises » bradés jusqu’à 70 %. Leur prix est souvent de 3 ou 4 euros (au lieu d’une douzaine d’euros).

« Le panier surprise, c’est en fait plus simple pour les commerçants, qui n’ont pas à référencer tous les produits invendus. Et pour le consommateur, c’est l’occasion de découvrir des produits, des fruits, des légumes qu’il n’aurait pas forcément achetés en temps normal », explique à Ouest-France Rose Boursier-Wyler, une employée de Too Good To Go.

L’utilisateur est géolocalisé par l’application, qui lui indique les paniers disponibles autour de lui : il ne connaît que le nom de l’enseigne et le prix du panier, qu’il réserve et paie à l’avance via l’appli. Too Good To Go se rémunère par une commission sur les ventes. L’application revendique 3 millions de repas sauvés en 2018 en France. Lancée en France en 2016, elle est désormais disponible dans 9 pays.

Quand le prix s’adapte à la date de péremption

Une innovation a été remarquée le mois dernier à New York lors du NRF Retail’s Big Show : Wasteless, une startup néerlandaise, a mis au point un système permettant un double affichage du prix (l’image ci-dessus). À côté du prix « normal », l’étiquette électronique indique un tarif réduit calculé en fonction de la date limite de consommation. Le calcul s’effectue automatiquement grâce à un algorithme connecté à l’ERP (le système de gestion) du magasin.

Cette solution, en test dans plusieurs enseignes précise e-marketing.fr, vise à la fois à réduire les invendus (jusqu’à un tiers, selon Wasteless) et à diminuer le temps de manutention en magasin pour repérer et étiqueter les promotions sur les produits bientôt périmés.

Des supermarchés belges veulent modifier le comportement de leurs clients

Comment inciter les consommateurs à modifier leurs comportements et faire de meilleurs choix, pour eux et pour l’environnement ? Une chaîne de supermarchés belge, Colruyt, a travaillé avec le département Environnement des autorités flamandes pour mettre en pratique la théorie du « nudge ». Littéralement, c’est le « coup de coude », la petite incitation qui attire l’attention et qui peut faire changer une habitude.

Durant 9 mois, des supermarchés Colruyt ont par exemple proposé deux types de portion de saucisses, l’une de 125 grammes, l’autre de 100. Résultat : la moitié des clients a d’elle-même choisi le pack le plus petit, sans qu’il y ait de report sur d’autres types de viande. Il y a donc bien eu une diminution de la consommation de viande.

D’autres tests ont porté sur l’offre végétarienne et sur la saisonnalité des produits, explique le site Gondola, montrant l’efficacité du recours à des nudges. Pour Guy Elewaut, Directeur Marketing de Colruyt, « les clients sont demandeurs d’une consommation plus responsable (…) et nous voulons les accompagner dans cette direction ». Sur la base de cette étude, Colruyt vient de modifier, dans 14 magasins-tests, la signalétique sur les légumes pour inciter à consommer des produits de saison.

*Alain Antonini est professeur en Communication à Casablanca.

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