Union Africaine : quel président pour la commission ?

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Abdoulaye Bathily
Abdoulaye Bathily
Abdoulaye Bathily

Le choix doit être objectif

 

Dans quelques jours, les chefs d’Etat et de Gouvernement du Continent éliront le prochain Président de la Commission de l’UA.A cet égard, il est important que chacun d’entre eux ait présent à l’esprit que de  son choix individuel pourra dépendre la qualité de la représentation de tout un Continent dans le Monde. C’est pourquoi ce choix doit se faire avec le maximum d’objectivité et de bonne foi. L’électeur à ce niveau doit être guidé par la recherche de l’intérêt général qui La question qu’il doit se poser est quel est le meilleur candidat pour un Continent qui est secoué de toute part par l’instabilité politique , économique et social. Les maux qui secouent l’Afrique sont globalement les mêmes dans tous les pays. C’est pourquoi le meilleur candidat est celui qui a eu la chance de connaitre le plus grand nombre de nos pays et qui a une vision claire de la nécessité de trouver des solutions globales et concertées aux problèmes du Continent africain. Le meilleur des candidats doit avoir une expérience confirmée dans la recherche de l’unité de l’Afrique, il doit être un panafricain connaissant et convaincu des pensées fondatrices de Nkwamé Nkumah et de Cheikh Anta Diop .

En effet, l’Afrique , plus que par le passé doit s’unir. L’Afrique,  évoluant dans un monde globalisé  ou mêmes des  continents a travers des accords commerciaux internationaux cherchent à unir leurs forces , doit impérativement miser sur l’intégration de ses Etas qui individuellement pèsent très peu sur l’échiquier mondial. L’intégration par,  cercle concentrique  dont parlait le Président Senghor sera facilité par l’existence des Organisations sous régionales plus ou moins intégrées.

La situation préoccupante de l’Afrique est liée globalement à l’absence  de démocratie réelle et au non respect des Droits de l’Homme dans la quasi totalité des pays du Continent. Cette situation se comprend, elle est une des conséquences de l’histoire vécue par des Peuples , qui comme le soulignait le Pr Madani Sy avait appris la démocratie à travers l’expérience coloniale. La Colonisation marquée dans plusieurs anciennes colonies d’Afrique par la discrimination entre l’Elite qui a assimilé les valeurs de la puissance dominante et les masse engluée dans des traditions souvent déstabilisées et détournées par le Pouvoir colonial.

Cette Elite , de père en fils a réussi à survivre en contrôlant le pouvoir comme auxiliaire de militaires putschistes ou directement en organisant des élections en apparence démocratique et généralement frauduleuses.La confiscation permanente du Pouvoir par une Elite , c’est à dire par un Groupe d’Invendus appartenant à toutes les strates de la société mais convaincus qu’ils ont les mêmes intérêts à défendre , grâce à un encadrement constant  et pernicieux des masses .

Etablir un programme qui épouse les préoccupations des sociétés africaines

Le prochain Président de la Commission doit être une personne convaincue du rôle des Organisations de la Société civile comme acteurs des relations internationales. En effet, il est temps que l’UA et les Organisations régionales soient convaincues que l’intégration ne peut pas se faire sans mobilisation en ordre de bataille de la société civile meilleur relais pour concevoir et exprimer les préoccupations de la majorité du corps social .

Le futur  Président de la Commission devrait avoir , dans le domaine politique, comme objectif , dans un délai à définir la mise en place d’un programme dont l’objectif serait l’établissement   de critères de convergences démocratiques adoptés par l’UA et devant être appliqués par tous les Etats.

La réalisation de ces critères de convergence permettra d’asseoir les processus démocratiques sur des bases durables et éviter qu’on ne se préoccupe des règles démocratiques qu’à la veille des élections nationales. En effet , il est important de souligner que la démocratie ne se résume pas à sa phase électorale .Les leaders politiques et de la Société civile  doivent apprendre à se parler en tout lieu  quelque soit leur appartenance politique afin de pouvoir dialoguer et  mettre en place , d’une façon réfléchie , méthodique et consensuelle, des règles respectées par tous. La démocratie ne peut pas être érigée sur les sables mouvants de la mauvaise foi , de la tricherie et de l’égoïsme.

Le futur Président de la Commission devra accorder une plus grande attention à l’encadrement de la jeunesse africaine pour l’éclosion d’un vrai leadership assumé par une jeunesse qui a confiance en elle , qui sait poser correctement les problèmes et chercher efficacement leur solution sans compter indéfiniment sur les Etats ou sur l’Etranger.

Dans cet esprit, le futur Président de la Commission doit  tout mettre en œuvre pour que l’idéologie de la « Renaissance africaine», portée par Abdoulaye Wade et Tabo Mbeki , soit le moteur de la grande mobilisation de la Jeunesse africaine pour l’avènement d’un grand mouvement panafricain bien compris

Le futur Président de la Commission doit ériger en dogme  la sauvegarde des richesses naturelles des pays africains contre le  pillage du fait des nationaux  ou  des étrangers .Pour une question d’équité ces richesses doivent profiter au peuple de chaque pays mais surtout aux populations des zones d’exploitation.

Le futur Président doit savoir que si l’Afrique ne valorise pas le potentiel économique détenu par l’autre moitié de sa population que sont les Femmes , le développement du Continent n’a point la chance de se réaliser. C’est pourquoi, nous semble-t-il , il faut travailler à asseoir une autonomisation crédible des femmes en veillant à ce qu’elles puissent accéder aux terres , travailler  et transformer leur production.

Le futur Président de la Commission doit se mobiliser pour une  modernisation de la Justice garante de la stabilité économique et sociale. En effet, sans la  bonne administration d’une justice indépendante,  la venue massive et durable d’investisseurs en Afrique ne sera point garantie et demeurera illusoire.

L’Afrique a besoin de Paix et de plus de stabilité . A cet égard, le futur Président de la Commission doit innover dans les méthodes de Prévention et de Résolution des conflits en Afrique .Il doit asseoir une démarche et de nouvelles méthodes opératoires   qui tiennent  compte de l’évolution du monde , de la situation économique et sociale  réelle de l’Afrique dans le cadre d’une mondialisation de plus en plus féroce.

Une riche  expérience au service de l’Afrique

L’Expérience de Monsieur  Bathily, Professeur d’Histoire ayant une parfaite connaissance de l’évolution des peuples du Continent, militant aguerri  et Homme politique qui a contribué d’une manière remarquable à l’évolution de la démocratie sénégalaise nous fait penser qu’il a  les atouts nécessaires pour assumer cette charge.

A cet égard, il est utile de rappeler que la Professeur Bathily a été un des acteurs du Dialogue responsable qui a permis au Sénégal de se doter d’un code électoral consensuel grâce auquel l’Alternance a été possible à l’élection présidentielle de Mars 2000 .C’est l’esprit de ce code électoral  qui a permis aujourd’hui  ,  chose  exceptionnelle en Afrique voire dans le Monde, au peuple sénégalais  de pouvoir disposer  ,  dés la fermeture des bureaux de vote, des résultats qui globalement acceptés par tous,  ne seront plus contestés .Ce code consensuel a aidé a asseoir les bases de pratiques politiques qui ont permis aussi  , en l’espace d’une dizaine décennie ,   deux alternances marquée par la chute de deux Présidents en fonction. Une telle expérience portée par le Professeur Bathily pourrait beaucoup servir à de nombreux pays du Continent déstabilisé par la mauvaise ou la frauduleuse organisation des élections.

La connaissance des réalités africaines et l’expérience de la gestion des conflits acquis à travers l’Afrique dans le cadre de la Mission des Nations Unies par exemple seront d’une grande utilité à l’Afrique si Monsieur Bathily  est élu Président de la Commission de l’UA.

Benoit NGOM

Président Fondateur l’Académie Diplomatique Africaine

Fondateur de l’Association des Juristes Africains

Benoit NGOM

Président Fondateur l’Académie Diplomatique Africaine

Fondateur de l’Association des Juristes Africains

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