Par Jean-Mermoz Konandi.


La CNUCED a publié ce 16 juillet un rapport qui dévoilent ce qu’il conviendrait de qualifier de vaste fraude organisée autour des exportations des matières premières dans différentes régions du monde dont l’Afrique. 

Le rapport a comparé sur différentes périodes les données entre les déclarations des pays exportateurs et ceux des pays qui importent ces matières premières de base. Une approche qui a ainsi permis de mettre à nu des écarts criants.

 

Entre falsification de documents, contournement des procédures, fausses déclarations, sous facturation, …, ce sont jusqu’à 67% des exportations déclarées qui disparaissent des radars officiels des pays importateurs. Ce qui représente des pertes sèches en termes de revenus fiscaux et douaniers pour les finances publiques des Etats concernés, généralement des pays en développement.

 

Sur le continent, les projecteurs se sont braqués sur quatre pays en particulier dont les recettes d’exportation dépendent dans une proportion importante de ces spéculations : le Nigéria, la Côte d’Ivoire, la Zambie et l’Afrique du Sud.

 

Entre 1996 et 2014, la sous facturation des exportations de pétrole du Nigéria vers les Etats-Unis est estimée à 69,8 milliards de dollars, soit 24,9% du total des envois de brut vers ce pays. En Afrique du Sud, il en a été de même pour 67% des exportations totales d’or vers l’Inde, l’Allemagne, l’Italie et le Royaume Uni entre 2000 et 2014, soit l’équivalent de 78,2 milliards de dollars qui ne figurent pas dans les statistiques de ces pays. Et plus de la moitié des exportations de cuivre de la Zambie, entre 1995 et 2014, soit 28,9 milliards de dollars, restent introuvables dans les comptes du commerce extérieur de la Suisse.

 

Il en ainsi pour Côte d’Ivoire où, entre 1990 et 2014, 31,3% des exportations déclarées de cacao vers les Pays-Bas n’apparaissent pas dans les transactions néerlandaises pour une valeur globale de 5 milliards de dollars.

 

La recherche du profit, mais aussi la fuite de capitaux sont notamment avancées comme éléments explicatifs par le rapport. Et autant les pays importateurs qu’exportateurs pourraient avoir contribué à cette campagne.

 

Le rapport suggère qu’il serait indiqué d’investiguer sur la destination de ces écarts de données, sans proposer des pistes de solutions pour tenter d’enrayer le phénomène.

 

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