Le paysage politique ivoirien enregistre un nouveau développement. Moïse Lida Kouassi, ancien ministre de la Défense sous Laurent Gbagbo, a recouvré la liberté sous contrôle judiciaire ce lundi 6 juillet 2026, après plus de dix mois de détention. L’information a été relayée par des sources proches du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), formation politique dont il est un cadre influent.
Sa libération intervient alors que l’ancien ministre, figure marquante de la crise postélectorale de 2010-2011, ferait face à des soucis de santé nécessitant une prise en charge particulière. Le cyberactiviste Ibrahim Zigui, proche du PPA-CI, a également bénéficié d’une remise en liberté provisoire le même jour.
Cette sortie de prison marque le dénouement provisoire d’une procédure judiciaire ouverte en août 2025. Moïse Lida Kouassi avait été interpellé le samedi 9 août 2025, aux côtés de Koné Boubacar, ancien ambassadeur de Côte d’Ivoire en Afrique du Sud, à la suite des violences urbaines survenues à Yopougon, dans la capitale, dans la nuit du 1er au 2 août 2025. Ces événements, marqués par l’incendie d’un autobus de la SOTRA et le saccage d’un véhicule de la police nationale par un groupe d’individus, sont intervenus à moins de deux mois de l’élection présidentielle d’octobre 2025, dans un climat social déjà tendu.
Les charges pesant contre les deux hommes sont particulièrement lourdes. Le procureur de la République, Koné Braman Oumar, a ouvert une information judiciaire pour actes de terrorisme, complot contre l’autorité de l’État, participation à un mouvement insurrectionnel, dégradations volontaires et incendie volontaire de véhicules appartenant à autrui. Selon le parquet, les noms de Lida Kouassi et Koné Boubacar ont été cités lors des auditions de plusieurs personnes interpellées après les violences, qui les désignent comme les instigateurs présumés de ces attaques. Toujours selon le parquet, l’objectif recherché aurait été d’instaurer un climat de terreur et d’intimider la population après l’annonce de la candidature du président sortant à la présidentielle d’octobre 2025. Le mode opératoire, selon la même source, visait notamment à incendier des bus, des stations-service, le siège de la Commission électorale locale (CEL) de Yopougon Niangon ainsi que les locaux de la mairie annexe de Yopougon Niangon gauche.
Pour Moïse Lida Kouassi, ce chapitre judiciaire s’inscrit dans un parcours tumultueux. Déjà marqué par un exil au Togo après la crise postélectorale de 2010-2011, puis par une extradition vers Abidjan en 2012, l’ancien ministre de la Défense (2000-2002) demeure un personnage dont le destin politique et judiciaire est intrinsèquement lié aux soubresauts de l’histoire ivoirienne récente. Si sa remise en liberté est un soulagement pour ses proches et pour sa formation politique, elle laisse en suspens les suites de l’information judiciaire ouverte il y a près d’un an.

