En marge des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement, qui se tiennent du 25 au 29 mai à Brazzaville, Financial Afrik a reçu dans ses locaux Jacqueline Lydia Mikolo, ministre du Commerce, des Approvisionnements et de la Consommation, également en charge de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine au Congo.
Dans cet entretien, la ministre revient sur l’état d’avancement du pays dans la mise en œuvre de cet accord continental, ainsi que sur les priorités stratégiques du gouvernement pour transformer la ZLECAf en opportunités concrètes pour les entreprises locales, notamment dans les secteurs du commerce et de la consommation. Elle évoque également les défis liés à la logistique, à la réglementation et à la compétitivité, ainsi que les mécanismes d’accompagnement destinés à renforcer la capacité des opérateurs économiques nationaux.
Selon la ministre, le Congo figure parmi les premiers pays à avoir ratifié les accords liés à la ZLECAf. Depuis l’entrée en vigueur progressive de la zone de libre-échange, le pays dit avoir franchi des étapes importantes dans son processus de mise en œuvre.
« Nous avons déjà sélectionné les services et les biens qui pourront circuler librement dans la zone africaine », a-t-elle indiqué, soulignant que le pays a désormais achevé une première phase d’opérationnalisation.
Produire pour commercer : la priorité industrielle
Pour la ministre, la réussite de la ZLECAf repose avant tout sur la capacité de production locale. « Pour commercer avec les autres, il faut produire », rappelle-t-elle, en soulignant les efforts engagés sous l’impulsion du président de la République dans la promotion des chaînes de valeur et de la création d’entreprises.
Le gouvernement mise notamment sur le développement des chaînes logistiques, considérées comme prioritaires dans le programme national. Grâce à ses atouts géographiques, accès à la mer, réseaux fluviaux et corridors routiers en développement, le Congo entend se positionner comme un hub logistique régional.
Au-delà de la logistique, le pays identifie également des secteurs stratégiques tels que le tourisme et les services numériques comme leviers de diversification et de compétitivité. L’objectif affiché est de renforcer la transformation locale des matières premières et de promouvoir les produits « Made in Congo ».
Face aux défis de mise aux normes, de compétitivité et d’intégration aux standards de la ZLECAf, le ministère du Commerce prévoit la mise en place d’une feuille de route sur trois ans.
Ce plan devra permettre d’accompagner les entreprises dans leur mise à niveau, en identifiant les produits et filières susceptibles d’accéder au marché continental. L’accompagnement public sera central dans ce processus, insiste la ministre.
« Il s’agira de construire des champions nationaux capables de répondre aux exigences du marché africain, mais aussi de servir les marchés voisins », explique-t-elle, soulignant la volonté du gouvernement de faire émerger de grands opérateurs économiques congolais.
À moyen terme, le Congo ambitionne de renforcer sa présence sur les marchés africains les plus proches, tout en consolidant son marché intérieur. L’enjeu est de faire émerger des acteurs économiques capables de porter l’offre nationale à l’échelle continentale.

