Selon une infographie du Fonds monétaire international (FMI) qui présente le ratio dette/PIB des pays africains les plus endettés à fin avril 2025, la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) apparaît globalement dans une zone d’endettement modérée. Ce, avec des niveaux de dette publique inférieurs au seuil critique de 70% du PIB pour la majorité de ses États membres. Pris ensemble, l’espace CEMAC se distingue favorablement de plusieurs régions africaines fortement endettées, mais cette moyenne masque des disparités structurelles importantes entre pays.
A l’analyse, en moyenne, la dette publique des pays de la CEMAC oscille autour de 50% du PIB, un niveau soutenable selon les standards du FMI pour des économies émergentes. Cette relative discipline s’explique par des programmes d’ajustement successifs, une surveillance régionale renforcée et une prudence accrue dans le recours aux marchés internationaux. Toutefois, la dépendance aux matières premières, la faiblesse de la mobilisation des recettes internes et les tensions sécuritaires maintiennent une vulnérabilité élevée face aux chocs exogènes.

Dans le détail, le document du FMI révèle que le Congo affiche l’un des niveaux les plus élevés de la zone, avec 96,8% du PIB, bien au-dessus du seuil de vigilance communautaire. Malgré les restructurations passées, la soutenabilité de cette dette reste fragile, plombée par une base productive étroite et une forte exposition pétrolière.
Tout comme le Congo, le Gabon, deuxième sur la liste de la CEMAC et dont l’endettement se situe à 78,9% du PIB, nage également en zone de risque élevé. Si le pays bénéficie d’une meilleure capacité de financement, la rigidité budgétaire et les échéances de dette appellent à une consolidation plus rapide.
Troisième dans le classement, la République centrafricaine (RCA) affiche 61,8% du PIB. Ce niveau encore maîtrisé reste fragile compte tenu du contexte sécuritaire et de la dépendance à l’aide extérieure.
Ce trio de tête est directement suivi par la Guinée équatoriale qui présente un ratio voisin de 40,6%. Malgré un faible endettement relatif, la contraction des revenus pétroliers limite les marges budgétaires.
Le Cameroun, première économie de la CEMAC, affiche un ratio d’environ 40,4%, considéré comme modéré. Pour le FMI et les autorités camerounaises, la trajectoire de cette dette reste soutenable, mais l’augmentation des besoins d’investissement et la pression sur les finances publiques exigent une gestion prudente.
Enfin, le Tchad, bien que non détaillé précisément dans l’infographie de l’institution financière internationale, reste structurellement exposé à la volatilité pétrolière. Ce, malgré les efforts de restructuration.
A l’analyse, l’enjeu pour la CEMAC n’est pas seulement de contenir la dette, mais de mieux l’orienter vers des investissements productifs, capables d’élargir l’assiette fiscale et de réduire la dépendance aux ressources extractives. La soutenabilité future passera moins par l’austérité que par la qualité de la dépense publique et l’intégration économique régionale. Au centre des enjeux, la transformation de la prudence en levier de croissance.

