La Banque européenne d’investissement (BEI), via BEI Global, et la Banque de l’Ouganda (BoU) ont signé, le 21 octobre 2026, un accord de coopération destiné à mieux prendre en compte les risques climatiques dans le système financier. Le programme prévoit une assistance technique aux autorités de régulation et aux banques, sans nouvelle ligne de crédit à la clé.
L’appui portera notamment sur l’élaboration d’une feuille de route pour le verdissement du secteur financier, sur l’amélioration de la publication d’informations relatives aux risques climatiques et sur l’application de la taxonomie verte nationale. Objectif : permettre aux établissements financiers de mieux identifier, mesurer et déclarer leur exposition aux risques environnementaux.
L’initiative intervient après la publication, en octobre 2025, de lignes directrices de la Banque de l’Ouganda sur la gestion des risques financiers liés au climat. Elle doit en accompagner la mise en œuvre et préparer les banques à l’adoption de normes de publication d’informations sur la durabilité pour les exercices ouverts à partir de 2028.
Les risques climatiques pèsent de plus en plus sur les bilans bancaires, en raison de leurs effets sur les revenus agricoles, les infrastructures et la capacité de remboursement des emprunteurs. La disponibilité de données fiables et de méthodes d’évaluation adaptées doit donc contribuer à améliorer la gestion des portefeuilles de crédit.
Le programme s’appuie également sur la taxonomie verte nationale, lancée en septembre 2025, qui définit les critères permettant d’identifier les activités économiques durables. Ce référentiel doit faciliter l’évaluation des projets et orienter les financements vers des activités plus respectueuses de l’environnement.
Selon les données citées par la BEI, les besoins de financement climatique de l’Ouganda sont estimés à 28,1 milliards de dollars d’ici à 2030. Ce montant correspond aux besoins nationaux évalués dans la contribution déterminée au niveau national (CDN) du pays, et non au financement de l’accord conclu avec la BEI.
S’inscrivant dans le dispositif Greening Financial Systems, financé par l’Allemagne et le Luxembourg, cette coopération vise à renforcer les capacités du secteur financier face aux risques climatiques. Ses retombées dépendront de la mise en œuvre effective des outils annoncés et de la capacité des banques à se les approprier.

