Le 5 octobre 2026, la justice française a infligé un revers financier majeur à l’État du Cameroun. En effet, ce jour-là, les tribunaux parisiens ont maintenu une saisie conservatoire de 11,7 milliards FCFA (environ 20 millions USD) sur des avoirs camerounais détenus en France. Cette décision découle d’un long litige commercial qui oppose Yaoundé aux promoteurs du projet agro-pastoral pilote de Garoubé, dans le nord du pays. La décision des tribunaux de Paris bénéficie à un fonds établi dans les îles Caïmans.
Le conflit entre les deux parties est vieux de près de 20 ans. Lorsque, de manière unilatérale, le Cameroun avait rompu un contrat d’affermage accordé à la société Projet Pilote Garoubé (PPG). Notamment en remettant en cause un contrat de concession de 40.000 hectares (ha) destiné à l’élevage de faune sauvage dans cette partie du pays. La partie privée contestait l’éviction brutale subie sur le terrain et réclamait une indemnisation pour les investissements perdus ainsi que le manque à gagner.
L’arbitrage international a tranché en faveur des investisseurs privés en infligeant de lourdes pénalités financières à l’État camerounais. Yaoundé a multiplié les recours devant les juridictions françaises et internationales pour faire annuler cette sentence. Cependant, les juges rejettent les prétentions de la défense camerounaise et valident la contrainte sur ses actifs diplomatiques et financiers.
Un impact lourd sur les finances publiques camerounaises
Cette décision judiciaire aggrave la pression sur les comptes publics du Cameroun. La gelée de 11,7 milliards de FCFA restreint la flexibilité de trésorerie de l’État à l’étranger. De plus, elle détériore l’image de marque du pays auprès des bailleurs de fonds et des investisseurs internationaux.
Ce revers juridique s’ajoute à une série de condamnations récentes devant les instances d’arbitrage comme le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) ou la Chambre de commerce internationale (CCI). L’accumulation de ces passifs contingents fragilise la soutenabilité de la dette publique. Yaoundé doit désormais mobiliser des ressources importantes pour apurer ses contentieux juridiques et éviter la multiplication de nouvelles saisies sur son patrimoine international.

