La Banque de Namibie a relevé son taux directeur de 25 points de base, le portant à 7 %, contre 6,75 % précédemment. Cette décision entraîne une hausse du taux préférentiel à 10,50 % et pourrait renchérir le coût du crédit pour les ménages et les entreprises. La banque centrale entend ainsi contenir les pressions inflationnistes et préserver la parité du dollar namibien avec le rand sud-africain.
Annoncée mercredi 28 octobre, cette décision fait suite à la cinquième réunion bimensuelle de l’année du Comité de politique monétaire (CPM), tenue les 26 et 27 octobre 2026. Les membres du comité ont approuvé à l’unanimité ce resserrement monétaire, dans un contexte marqué par la hausse des prix de l’énergie et la nécessité de maintenir un écart de taux d’intérêt compatible avec la stabilité monétaire du pays.
Le gouverneur de la Banque de Namibie, Ebson Uanguta, a expliqué que cette orientation devait notamment limiter les effets de la hausse des prix des carburants sur l’inflation. Elle vise également à réduire l’écart entre les taux d’intérêt namibiens et sud-africains, afin de limiter les sorties potentielles de capitaux et de préserver les réserves internationales. La monnaie namibienne étant arrimée au rand, les décisions monétaires doivent tenir compte de l’évolution des conditions financières en Afrique du Sud.
Cette hausse des taux pourrait se répercuter sur les conditions de financement dans l’économie. Les emprunteurs disposant de crédits immobiliers à taux variable, de prêts automobiles ou d’autres facilités indexées sur les taux de référence pourraient ainsi voir leurs mensualités augmenter. Pour les entreprises, le renchérissement du crédit risque également d’alourdir les charges financières et de peser sur les décisions d’investissement.
Cette décision intervient alors que l’inflation annuelle a atteint 5,4 % en septembre 2026, contre 4,4 % en juin, soit une progression d’un point de pourcentage en trois mois. Selon la banque centrale, cette accélération s’explique principalement par l’augmentation des coûts de transport, dans un contexte où les pressions sur les prix intérieurs ont interrompu la tendance au ralentissement de l’inflation observée jusqu’en mars.
Face à cette évolution, l’institution monétaire a revu à la hausse ses prévisions d’inflation. Elle table désormais sur une hausse moyenne des prix de 4,2 % en 2026, contre 3,5 % en 2025, avant un léger repli à 4 % en 2027. Ces nouvelles estimations représentent des révisions à la hausse de 0,2 point pour 2026 et de 0,1 point pour 2027, notamment en raison des perspectives de maintien des prix mondiaux de l’énergie à des niveaux élevés.
Les cours du pétrole constituent, à cet égard, un facteur de risque important pour les perspectives d’inflation. D’après Ebson Uanguta, le Brent a récemment dépassé les 116 dollars le baril, son niveau le plus élevé depuis plus de six mois, sur fond de tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Le maintien de prix élevés du brut pourrait se traduire par de nouvelles pressions sur les coûts du transport et, par conséquent, sur les prix à la consommation en Namibie.

