La 42e Assemblée générale du Conseil des Bureaux du Système d’assurance Carte Brune de la CEDEAO s’est ouverte ce mardi 20 octobre 2026 à Dakar, au Sénégal. Placée sous le thème « La Carte Brune de la CEDEAO à un tournant décisif : réforme institutionnelle, transformation numérique et quête d’excellence dans l’assurance automobile transfrontalière », la rencontre réunit quelque 200 délégués issus des bureaux nationaux, des compagnies d’assurance et des autorités de régulation. Les travaux portent notamment sur l’amélioration de la gouvernance du système, la généralisation de l’attestation numérique et la réduction des délais d’indemnisation des victimes d’accidents de la circulation survenus au-delà des frontières nationales.
Cette 42e Assemblée générale marque ainsi une nouvelle étape pour le mécanisme régional, avec pour priorités la réforme institutionnelle, la transformation numérique et l’excellence opérationnelle, au service de la solidarité entre les États membres.
Trois priorités stratégiques
Les échanges s’articulent autour de trois axes. Le premier concerne la réforme institutionnelle, qui vise à renforcer la gouvernance, à clarifier les responsabilités des différentes instances, à améliorer la coordination entre les organes du système et à consolider les relations entre les bureaux nationaux.
Le deuxième axe porte sur la transformation numérique. Celle-ci doit faciliter l’émission et la vérification des attestations d’assurance, fluidifier les échanges d’informations entre les bureaux, améliorer la traçabilité des dossiers et accélérer le traitement des sinistres transfrontaliers.
À ce titre, la généralisation de l’attestation numérique constitue l’un des principaux objectifs de la rencontre. Selon Winfred Kwasi Dodzih, secrétaire général permanent du Système d’assurance Carte Brune de la CEDEAO, la Carte Brune numérique devrait être généralisée dans l’espace communautaire à partir de janvier 2027.
Le troisième axe concerne l’amélioration de la qualité des services, notamment l’accueil des assurés et des victimes, la rapidité de gestion des sinistres, la fiabilité des informations, le recouvrement des créances, le règlement des contentieux et la coopération entre les bureaux nationaux. L’objectif est de rendre le système plus efficace et de réduire les délais d’indemnisation.
Plus de 1,6 milliard de FCFA versés au premier semestre 2026
Les chiffres présentés à l’ouverture des travaux illustrent les enjeux liés à la prise en charge des victimes dans la zone CEDEAO. « Au premier semestre 2026, 1 592 sinistres avaient été déclarés et 352 dossiers avaient fait l’objet de paiements pour un montant global de plus de 1,6 milliard de FCFA », a déclaré El Hadji Amar Kébé, président de la Fédération sénégalaise des sociétés d’assurances (FSSA).
Ces données mettent en évidence les défis auxquels le système reste confronté, notamment en matière de traitement des dossiers et de célérité des indemnisations. L’amélioration des procédures et le renforcement de la coopération entre les bureaux nationaux figurent ainsi parmi les leviers attendus pour accélérer le règlement des sinistres.
Pour El Hadji Amar Kébé, la Carte Brune dépasse le cadre d’un simple mécanisme d’assurance. Elle constitue un instrument de solidarité régionale qui accompagne la libre circulation des personnes et des biens, facilite les échanges et contribue à la protection des citoyens lorsqu’ils franchissent les frontières.
Adapter le système aux nouvelles exigences régionales
Après plusieurs décennies de fonctionnement au service de l’intégration régionale, le Système d’assurance Carte Brune doit désormais s’adapter à un environnement marqué par la transformation numérique et des attentes croissantes en matière de rapidité et de transparence des services. Les États membres recherchent également des mécanismes plus solides pour soutenir la coopération régionale et l’intégration économique.
À l’ouverture de l’Assemblée générale, Habib Dia, président du Conseil des Bureaux de la Carte Brune de la CEDEAO, a soulevé la question de l’adéquation du dispositif actuel aux réalités de la région : les structures et les mécanismes existants sont-ils suffisamment outillés pour répondre aux exigences d’aujourd’hui ?
Pour lui, l’avenir du système passe nécessairement par une réforme institutionnelle permettant de moderniser la gouvernance, de préciser les responsabilités, de renforcer la coordination entre les bureaux nationaux et d’accroître les capacités opérationnelles des différentes instances.
Cette réforme ne saurait se limiter à un exercice administratif. Elle doit se traduire par une amélioration concrète des procédures et par l’adoption de normes de gouvernance et d’excellence professionnelle adaptées aux besoins actuels. Elle suppose également une coopération accrue entre le Conseil des Bureaux, le secrétariat permanent, les bureaux nationaux et les instances de la CEDEAO.
La transformation numérique et l’excellence opérationnelle constituent les deux autres chantiers stratégiques : elles doivent permettre de faire évoluer la Carte Brune d’un document d’assurance traditionnel vers un dispositif numérique moderne, reposant sur des échanges de données plus fluides et une meilleure traçabilité, ainsi qu’une gestion plus efficace des sinistres, une réduction des retards et une accélération des indemnisations transfrontalières.
À l’issue des travaux, l’Assemblée générale doit déboucher sur l’adoption d’un « Plan d’action de Dakar ». Ce document doit définir les responsabilités, les échéances et les indicateurs de suivi associés à chacun de ces axes stratégiques, afin de traduire les engagements pris en mesures concrètes pour l’ensemble du système régional.

