Au Cameroun, selon des données officielles mais provisoires, le marché des assurances a généré des primes globales d’environ 300 milliards de FCFA (environ 530 millions USD) en 2025. Ce chiffre d’affaires est tiré vers le haut par des segments en forte croissance, notamment l’assurance automobile et la couverture santé. Ce dynamisme reflète une consolidation progressive du secteur mais aussi l’émergence de nouvelles opportunités économiques au cœur d’une économie encore sous-assurée.
L’analyse de ces données provisoires, relayées par la presse spécialisée, révèle que « les compagnies d’assurances opérant dans le pays ont enregistré une hausse significative des primes émises pour l’exercice en cours, confortant l’idée que les Camerounais et les entreprises accordent une importance croissante à la gestion des risques ». Cette tendance haussière intervient dans un contexte où, après une production de primes d’environ 288,7 milliards de FCFA (près de 510 millions USD) en 2024, le secteur affiche une trajectoire ascendante vers l’exercice 2025.
Traditionnellement dominé par les produits d’Incendie-Accidents-Risques divers (IARD), qui comprennent les branches automobile et dommages aux biens, le marché camerounais des assurances a vu ces dernières années une progression notable de l’assurance automobile. La montée du parc automobile, stimulée par l’urbanisation, la croissance démographique et l’augmentation du pouvoir d’achat, alimente naturellement la demande de couvertures obligatoires et facultatives pour les véhicules. Les primes liées à l’automobile représentent désormais une part substantielle des revenus des assureurs non-vie, confirmant la voiture comme un moteur de croissance essentiel du secteur.
Parallèlement, l’assurance santé gagne du terrain. La demande de protection médicale s’accroît sous l’effet d’une prise de conscience accrue face aux aléas sanitaires, l’émergence de nouvelles classes moyennes et les lacunes persistantes des systèmes publics de santé. Dans ce contexte, les produits santé contribuent à élargir l’assiette des assurés, diversifient les revenus des compagnies et participent à une meilleure résilience financière des ménages. Les acteurs du marché orientent ainsi leurs stratégies vers des offres plus attractives, innovantes et adaptées aux besoins locaux.
Ce double levier (automobile et santé) fonctionne comme un accélérateur de performance pour l’ensemble du marché. Les segments attirent non seulement de nouveaux souscripteurs, mais incitent également à une refonte de l’offre en assurance, intégrant davantage de digitalisation des services, de facilités de souscription et de produits modulables. Cette évolution est d’autant plus stratégique que le taux de pénétration de l’assurance au Cameroun reste relativement faible par rapport à d’autres marchés africains, offrant un important potentiel de croissance futur.
Toutefois, la progression vers les 300 milliards FCFA masque des défis persistants : le faible taux de bancarisation, la réticence de certaines populations à souscrire des couvertures, et la nécessité d’améliorer la culture financière. Autant de freins à lever si les assureurs veulent transformer ce potentiel latent en dynamisme durable. Les autorités de régulation et les compagnies multiplient les initiatives pour renforcer la confiance, notamment via la sensibilisation, la simplification des procédures et l’introduction de produits adaptés aux réalités locales.
En définitive, l’assurance au Cameroun se place à un tournant. L’essor des segments automobile et santé ne se contente plus de soutenir le chiffre d’affaires ; il redéfinit les contours d’un marché appelé à jouer un rôle croissant dans la stabilité économique du pays. Pour les opérateurs comme pour les investisseurs, les opportunités sont là, à condition de conjuguer innovation, inclusion et performance financière.

