« Le Franc CFA arrimé à l’Euro, un boulet pour l’émergence en Afrique » (CEFDEL)

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4675135_7_5c84_coupures-de-10-000-francs-cfa-15-euros_5aa82f921ffbecea1d14b2a94d228714« Il faut créer des monnaies nationales compétitives et complémentaires au Francs CFA pour soutenir l’émergence de nos Etats », selon  le Dr Abdourahamane Sarr, président du CEFDEL

 

 

Le Franc CFA est « inopérant » et loin de répondre aux aspirations d’émergence des économies africaines, soutient Abdourahamane Sarr, président et auteur du dernier rapport du Centre d’études pour le financement du développement local (CEFDEL), un think tank basé à Dakar.
 
S’appuyant sur l’exemple du Sénégal, l’étude propose une alternative qui combine «diversité monétaire», en phase avec l’évolution économique de chaque Etat, et Francs CFA  «libéré du lien colonial» pour amorcer un développement plus inclusif à la base. «Nous nous calons non seulement sur l’euro trop fort pour nous, mais aussi sur son modèle d’une monnaie unique qui ne sert plus les besoins de ses pays membres pris individuellement au vu de leurs divergences structurelles, tous les éminents économistes le reconnaissent» défend Abdourahamane Sarr, ancien cadre de la BCEAO et du FMI.
 
Au centre de la problématique du rapport, la faible monétisation des Etats dans un système qui leur interdit tout recours à la politique monétaire, qui génère très peu de crédit à l’économie et qui n’est pas parvenu à induire l’inclusion financière des populations. Aussi, confinés à la seule politique budgétaire qui a montré ses limites en matière développement, les Etats dans cette zone monétaire disputent le peu de ressources financières  au secteur privé. Un environnement qui laisse donc sans issue les besoins d’investissements vitaux pour soutenir la marche vers le développement et l’émergence.  
 
« Tous les pays émergents et développés ont un niveau de monétisation et de crédit à l’économie qui dépasse les 100% du PIB, nous sommes autour de 30% en zone UEMOA. Nous n’émergerons pas dans ces conditions » commente l’auteur. Et quand bien même des progrès peuvent être enregistrés, il existe des goulots d’étranglement pour diluer les maigres possibilités de développement, les Etats devant se départir d’une partie de leurs revenus.
 
« Même lorsque nous réussirons à atteindre une autosuffisance alimentaire dans tel ou tel produit et à enrichir certains producteurs, il n’y a aucune garantie que les économies correspondantes de devises soient recyclées dans notre économie à cause de l’euro. Même si nous réussissons à promouvoir l’agribusiness d’exportation, il n’y aucune garantie que les revenus correspondants restent dans notre économie au-delà des retombées sociales à cause de l’euro ».
 
Les Etats de la zone Francs, « exposés à dérapages budgétaires à répétition suivis d’austérité » doivent donc sortir du statu quo et explorer une nouvelle voie porteuse de « croissance endogène ».
 

« Des monnaies nationales compétitives et complémentaires à une monnaie commune »

 
Le rapport se ligue contre un Franc CFA qui reste arrimé à l’Euro, qui n’est pas compétitif pour les Etats et pas en phase avec les réalités spécifiques de chaque économie.
 
« Nous devons avoir le courage d’une grande réforme monétaire : les pays asiatiques à travers l’Initiative Chiang Mai en cours en ont une d’envergure reconnue par les institutions internationales » souligne le document. Cette initiative n’a pas d’unité de compte commune comme le FCFA mais mutualise des réserves de change accessibles en cas de besoin. Les Etats participants ici maintiennent donc leurs monnaies nationales et « chaque banque centrale mène la politique monétaire et de change qui convient à son économie».
 
« En ce qui nous concerne, note M. Sarr, une réforme monétaire en zone UEMOA pourrait maintenir notre monnaie commune (libérée de son lien colonial), des réserves de change communes, et introduire des monnaies nationales complémentaires et compétitives qui accompagneraient nos transformations structurelles ».
 
Cette approche, ajoute-t-il, n’empêchera pas l’unité de compte commune (y compris celle à venir dans le cadre de la CEDEAO) de gérer les échanges sous régionaux et à travers elle les échanges internationaux. Et l’expérience peut se faire « sans créer de nouvelles banques centrales ».
 

Comment cela pourrait-il se faire ?

 
L’idée du CEFDEL qui exclut la mise en place de banques centrales nationales propose une solution alternative pour gérer ces monnaies locales. « De ce fait, si une société fiduciaire représentant les populations et les entreprises qui auront acheté un moyen d’échange (papier ou électronique, le SEN pour le Sénégal par exemple), pouvait émettre, par effet de levier, ce même moyen d’échange sous forme de crédit en leur nom, le problème serait réglé» note l’étude.
 
« En émettant ce moyen d’échange acheté ou obtenu à crédit à un taux de change plus faible (2 SEN pour 1 FCFA par exemple), ce moyen d’échange serait plus faible que le FCFA …» et pourrait ainsi innerver les économies locales de ressources financières plus accessible etpermettra d’« avoir les mêmes résultats qu’une dévaluation du FCFA sans l’abandonner ».
 
Le rapport qui précise les modalités de gestion de telles monnaies, cite d’autres expériences  comparables pour rassurer sur la viabilité de ce système. « Les expériences de monnaies virtuelles et complémentaires à travers le monde (Bristol Pound, WIR Bank, Berskshares, Bitcoins, etc…), et l’expérience de l’Irlande et de l’Ecosse où la monnaie physique qui circule n’est visuellement pas la livre sterling, nous démontrent qu’on peut avoir une monnaie nationale ».
 
« Le statu quo est bien sûr plus facile pour certains au prix de la misère de nos populations, de leur dépendance continue de l’extérieur, de leur exclusion financière et d’une marche lente vers l’émergence. Monétisons nos économies dans une monnaie compétitive en utilisant l’effet de levier de l’urbanisation, entrons dans la marche du monde, et autonomisons et responsabilisons nos populations » exhorte le think tank.

2 Commentaires

  1. Ce projet de rapport est irréaliste, opportuniste, clanique, inintelligible et inintelligent de monsieur Abdourahmane Sarr est une insulte au gouvernement et aux nombreux brillants économistes dans l’ombre économique africaine. Ce projet ne passera jamais. Peine perdue. La BCEAO ( Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest) a définitivement donné son dernier mot. Elle a parfaitement argumenté et par ailleurs, cette noble institution regorge les meilleurs économistes pour traiter sans complaisance ce genre de sujet. L’intérêt des Etats membres prime.

  2. Dr.Abdourahmane SARR faut savoir que ni ton Ousmane SONKO, ni ton Dr. Aliou SOW (coopté récemment le président Macky), ton Youssou NDOUR ne te sortiront de l’orgie. Ces tours de passe-passe, appuis éhontés et honteux servent a rien. Tout le monde connait le passé du grand voleur de Fiat sénégal et de celle qui a détourné la caisse de l’ambassade USA-Sénégal. Qui a encore confiance de son soit-disant projet? êtes-vous le meilleur économiste africain?Non a l’Arrimage du franc CfA a l’Euro. Notre Oeil !!!!!!

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