La quatrième édition de FIRIFINANCE, organisée le 31 mars 2026, a placé la question du financement des femmes au cœur des priorités économiques sous le thème : « Financer autrement les femmes : créativité, ambition et inclusion ». Portée par Kapit Consulting et un collectif d’experts issus de la banque, de l’assurance et du secteur financier, cette rencontre a réaffirmé l’urgence d’accélérer l’accès des femmes entrepreneures à des financements structurés, tout en valorisant la formalisation des tontines, mutuelles et associations féminines.
Réunis autour d’un objectif commun, les acteurs de l’écosystème ont exploré les défis du financement féminin à toutes les étapes : des GIE et très petites entreprises aux PME déjà structurées. Un enjeu stratégique, dans un contexte où les femmes représentent près de la moitié de la population mais restent encore sous-représentées dans la création de valeur économique.
Au cœur des échanges : la nécessité de bâtir de nouveaux modèles, de rapprocher les femmes entrepreneures des institutions financières et de renforcer leur compréhension des outils de financement. L’ambition est claire : encourager la formalisation, lever les barrières psychologiques et rapprocher les femmes d’un univers financier longtemps perçu comme inaccessible. « Il s’agit d’aider les femmes à mieux s’organiser, à comprendre les mécanismes de financement et à se positionner comme des entreprises bancables », a souligné Sophie Coulibaly Mbengue, CEO de Kapit Group.
Pour Seynabou Sarr, analyste des statistiques de genre à ONU Femmes, la structuration des entreprises reste la première étape incontournable : « Avant même de parler de financement, il faut souvent structurer l’entreprise ». Elle a également insisté sur l’importance croissante du leadership féminin et sur la nécessité de réduire l’écart entre les standards des institutions financières et la réalité des PME portées par des femmes. Le financement doit ainsi être pensé comme un parcours continu, et non comme une intervention ponctuelle.
Un consensus fort s’est dégagé : renforcer la convergence entre les dispositifs existants pour éviter la dispersion des initiatives, notamment en matière d’accompagnement, de suivi et d’éducation financière.
Dans cette dynamique, Ange Constantin, représentant le Ministère des Finances et du Budget du Sénégal, a rappelé la responsabilité des pouvoirs publics : garantir un environnement financier stable, crédible et protecteur, capable d’évoluer pour répondre aux besoins de l’économie réelle. L’objectif : renforcer la confiance des épargnants, encadrer le développement des acteurs financiers et élargir durablement l’accès aux services financiers.
FIRIFINANCE 2026 s’impose ainsi comme un appel collectif à repenser les mécanismes de financement, pour transformer le potentiel entrepreneurial féminin en véritable moteur de croissance inclusive.

