Le Cameroun cherche 52 milliards de FCFA (environ 91 millions USD) pour achever la numérisation de son système d’état civil à l’horizon 2029-2030. Le directeur général du Bureau national de l’état civil (BUNEC), Alexandre Marie Yomo, explique cette recherche de fonds par le fait que « le programme n’a couvert que 60 des 432 centres principaux, ce qui représente un taux d’exécution de 13,9 % ». « Les nouveaux financements doivent accélérer le déploiement des infrastructures numériques », indique-t-il.
Au BUNEC, l’on estime que « la transformation dépasse la simple dématérialisation des actes de naissance, de mariage et de décès ». Elle doit créer une infrastructure numérique interconnectée avec plusieurs administrations. Le futur système doit notamment faciliter les échanges avec les services chargés des cartes nationales d’identité, des passeports, des salaires, des pensions et des titres de transport.
Cette interopérabilité peut également améliorer la qualité des statistiques publiques. Les données d’état civil fournissent en effet une base essentielle pour planifier les politiques sociales et économiques.
Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) rappelle que « l’enregistrement des naissances constitue un élément central de l’identité légale ». Or, selon les données de cette organisation, un enfant sur trois n’était pas enregistré au Cameroun en 2024. Par ailleurs, toujours selon l’UNICEF, plus de 1,4 million d’enfants scolarisés ne disposaient pas d’acte de naissance la même année.
Les partenaires internationaux soutiennent déjà cette transformation. En 2026, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) accompagne la digitalisation de plusieurs centres d’état civil de la région de l’Est, notamment les communes de Bertoua, Batouri, Abong-Mbang, Bétaré-Oya et Garoua-Boulaï. L’UNICEF a également remis au BUNEC un camion multifonctionnel destiné à rapprocher les services d’état civil des populations éloignées.
Par ailleurs, le BUNEC développe des outils de suivi numérique des données : un tableau de bord permet désormais de suivre les transmissions mensuelles concernant les naissances, les mariages et les décès.
Les 52 milliards de FCFA recherchés devront donc financer une infrastructure stratégique, susceptible de réduire les coûts administratifs, de sécuriser les données et d’améliorer le ciblage des dépenses publiques.
Pour le Cameroun, l’enjeu consiste désormais à transformer cette dépense numérique en actif durable pour la gouvernance économique.

