Avec un financement de 84 millions de dollars de la BAD en 2019, le projet associe la prise en charge sociales des enfants retirés des mines artisanales de cobalt et la reconversion économique de leurs parents et jeunes dans l’agrobusiness. Le FNPSS a présenté ses résultats à Genève pour mobiliser des appuis à leur consolidation et à l’extension du projet à l’assainissement des chaines d’approvisionnement des autres minerais et dans les autres provinces de la RDC.
Le Fonds National de Promotion et de Service Social (FNPSS) a présenté les résultats atteint par le Gouvernement de la RDC dans la lutte contre le travail des enfants dans les mines artisanales de cobalt devant les partenaires réunis à Genève, lors d’un événement parallèle en marge de la 63ème session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. L’établissement public congolais y a exposé le bilan du PABEA-COBALT dans le Haut-Katanga et le Lualaba, ainsi que les besoins liés à la poursuite des interventions devant la communauté internationale.
Exécuté par le FNPSS à travers une Unité d’exécution logée en son sein pour le compte du Gouvernement, le Projet d’appui au bien-être alternatif des enfants et jeunes impliqués dans la chaîne d’approvisionnement du cobalt bénéficie du soutien du Groupe de la Banque africaine de développement. Pour financer ces interventions, la BAD a approuvé, le 17 avril 2019, une enveloppe comprenant un prêt de 45,19 millions de dollars et deux dons totalisant 39,17 millions.
Plus de 13 500 enfants réinsérés selon le FNPSS
Sur le volet scolaire, le bilan présenté par le FNPSS datant de mai 2025 fait état de 13 587 enfants bénéficiant d’une prise en charge holistique depuis 2022, sur 16 845 identifiés dans les sites miniers concernés, soit plus de 80 % des enfants recensés.
Cette prise en charge inclue la réinsertion scolaire, de soins de santé, un soutien psychosocial et un enregistrement à l’état civil. Des résultats ensuite confirmés dans le rapport de décembre 2024 de la Commission nationale des droits de l’homme qui documente le retrait des mines artisanales de cobalt dans les deux provinces qui constituent la zone de mise en œuvre du projet et la prise en charge holistique des enfants.
Pour renforcer cette prise en charge sociale, le FNPSS indique avoir construit 36 infrastructures sociales dans les deux provinces : 10 écoles, 16 centres de rattrapage scolaire et 10 centres de santé.
La reconversion économique dans l’agrobusiness des parents et des jeunes pour prolonger les résultats
Pour prévenir le retour des enfants dans les mines, et dans la mesure où le socle de la problématique est la pauvreté des ménages, le projet agit aussi sur les revenus des parents.
Ainsi, selon le FNPSS, deux Centres de promotion de l’entrepreneuriat des jeunes en agrobusiness (CPEJAB) dont l’un dans le village de Mutumpeke à Kipushi dans le Haut-Katanga et l’autre dans le village de Kamoa à Mutshatsha dans le Lualaba ainsi que 4 sites secondaires dont 2 dans chaque province ont été construits, équipés et désormais opérationnels, 2 grands marchés ont été aussi construits et 963 coopératives agricoles structurées. Ces activités doivent permettre aux ménages de prendre progressivement le relais de la prise en charge sociale de leurs enfants.
Plus de 11 000 emplois directs et de milliers d’emplois indirects sont attendus
Avec les CPEJAB opérationnels, le FNPSS envisage atteindre 11 250 emplois crées.
Aussi, grâce à la promotion de la chaine des valeurs agricoles intégrant les innovations et technologies de transformation agricole ainsi que les NTIC, le projet envisage d’augmenter de 10% à 50% la disponibilité des aliments de base produits localement.
Des résultats confirmés par plusieurs rapports indépendants
Selon les résultats d’une évaluation externe des résultats atteints de ce projet par la Commission Nationale des Droits de l’Homme de la RDC (CNDH) qui travaille en collaboration avec le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, le FNPSS a reçu une note de satisfaction pour avoir atteint les résultats escomptés comme indiqué dans son rapport d’enquête publié en août 2024 en retirant tous ces enfants hier impliqués dans la chaine d’approvisionnement de cobalt en RDC.
Aussi, selon le rapport sur l’exploitation minière artisanale et à petite échelle, filière cuivre et cobalt présenté à la 136ème réunion du Comité Exécutif de l’ITIE-RDC en novembre 2025 de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives, ITIE-RDC, il a été déclaré qu’il n’y a plus d’enfant dans les mines et sites miniers artisanaux de cobalt dans les mines de la zone de mise en œuvre du projet.
C’est sur ces résultats que le FNPSS s’appuie pour demander une prise en compte des progrès documentés dans l’appréciation des conditions de production du cobalt en RDC. À Genève, cette démarche s’inscrivait dans le plaidoyer congolais de haut niveau pour un éventuel retrait du minerai de la liste américaine des biens produits par le travail des enfants ou le travail forcé (TVPRA).
« Nous souhaitons que les résultats documentés du PABEA-COBALT soient pleinement pris en compte et que nos partenaires accompagnent leur consolidation et leur extension », a souligné Me Alice Mirimo Kabetsi, ADG du FNPSS et coordonnatrice du projet.
Pour Me Alice Mirimo, le modèle réussi du PABEA-COBALT doit être dupliquer à fin d’assainir toutes les chaines d’approvisionnement des minerais en RDC avec « Zéro enfant ».
Cette recherche d’appuis techniques et financiers concerne la préparation d’une deuxième phase, destinée à consolider les interventions et à étendre l’approche à d’autres provinces et filières minières.
Pour le FNPSS, le PABEA-COBALT contribue à la concrétisation de la vision sociale du Gouvernement congolais pour l’amélioration des conditions de vie de sa population et l’installation d’une chaîne d’approvisionnement responsable du cobalt en RDC, en cohérence avec les stratégies nationales de lutte contre le travail des enfants dans les mines. Il s’aligne sur les Objectifs de Développement Durable (ODD), les priorités du Groupe de la BAD en matière d’emploi des jeunes et d’autonomisation des femmes.

