Le 5 novembre 2026, le chef de l’État camerounais, Paul Biya, a signé un décret autorisant le ministre de l’Économie à conclure les accords de financement d’un montant total de 109,45 milliards de FCFA (166,86 millions d’euros). Ces fonds seront affectés à l’accélération de la construction de la section prioritaire (T3), longue de 22,8 km, de la voie de contournement de Yaoundé (VCY).
Dans le détail, la Banque européenne d’investissement (BEI) apporte un prêt de 98,39 milliards de FCFA (150 millions d’euros). L’Union européenne (UE) complète ce financement par une subvention de 8,53 milliards de FCFA (13 millions d’euros) et une assistance technique de 2,53 milliards de FCFA (3,86 millions d’euros).
Au-delà du désengorgement de Yaoundé, cette infrastructure présente un intérêt économique sous-régional : elle doit faciliter le transit des marchandises entre le port de Douala et les pays enclavés d’Afrique centrale.
Le corridor Douala-Bangui constitue un axe stratégique pour l’approvisionnement de la Centrafrique. La réduction des congestions autour de Yaoundé pourrait raccourcir les délais de transport et fiabiliser les livraisons.
Le corridor Douala-N’Djamena pourrait également en bénéficier. Les transporteurs gagneraient en prévisibilité, tandis que les opérateurs économiques verraient certaines contraintes logistiques s’atténuer.
Pour le Cameroun, ces gains pourraient renforcer la compétitivité du port de Douala et favoriser les activités de transport routier, de transit, d’entreposage et de distribution.
La compétitivité régionale en perspective
La réalisation du T3 renforcerait le rôle du Cameroun comme plateforme logistique de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et soutiendrait les échanges commerciaux avec la Centrafrique et le Tchad.
Toutefois, les retombées dépendront de l’exécution des travaux, de la gestion des emprises et de l’entretien routier. La coordination douanière et la fluidité des postes-frontières resteront également déterminantes.
Ce financement européen ouvre ainsi une perspective d’intégration économique régionale. Son impact dépassera Yaoundé si les gains de mobilité se répercutent effectivement sur les corridors commerciaux.
Pour rappel, la VCY est une rocade d’environ 90 à 92 km destinée à désengorger la capitale et à fluidifier le trafic de transit, notamment vers le Tchad et la République centrafricaine. Conçue pour contourner le centre-ville, elle traverse les communes de l’aire métropolitaine de Yaoundé (Lobo, Okola, Soa, etc.).

