Les États généraux de l’assurance pour tous, organisé par la Fédération des sociétés d’assurances de droit national africaines (FANAF), se sont ouverts ce lundi 6 juillet à Cotonou, avec l’ambition de faire de l’assurance inclusive un levier majeur de protection sociale et de résilience économique en Afrique. Pendant trois jours, assureurs, régulateurs, pouvoirs publics et partenaires techniques et financiers doivent réfléchir aux moyens d’élargir l’accès à l’assurance aux populations encore peu ou pas couvertes.
A l’ouverture des travaux, Nicolas Yénoussi, ministre délégué auprès du ministre de l’Économie et des Finances, chargé des Finances et de la Microfinance du Bénin, a posé le constat d’un continent largement sous-assuré, malgré son poids démographique, avec un taux de pénétration très inférieur à la moyenne mondiale. Il a donc plaidé que le pacte panafricain de l’assurance inclusive (prévu à la fin des travaux) soit fondé sur l’innovation, la proximité, l’accessibilité et la confiance, avec des résultats opérationnels.
« Nous vivons une époque marquée par la multiplication des risques ; plus que jamais, nos populations ont besoin de mécanismes efficaces de protection et de résilience. (…) Dans ce contexte, l’assurance ne doit plus être considérée comme un simple produit financier ; elle est un instrument stratégique de développement économique et social. », a déclaré le ministre.
L’urgence
De son côté, « Mamadou G.K. Koné », président de la FANAF, a livré un plaidoyer fort en faveur de l’assurance inclusive. Pour illustrer l’urgence d’agir, il a raconté l’histoire d’Aïssatou, une commerçante dont l’activité a été anéantie par un incendie, faute de couverture adaptée. À travers cet exemple, l’Ivoirien rappelle que des millions d’Africains restent exposés aux chocs de la vie sans filet de sécurité.
Pour « Mamadou G.K. Koné », l’assurance inclusive n’est « ni une œuvre de charité, ni un geste de générosité », mais le cœur même de la mission des assureurs. Il a souligné le paradoxe d’un continent qui concentre près de 60 % de la population mondiale, tout en ne représentant qu’environ 4,1 % des primes collectées dans le monde. D’où l’urgence, a-t-il dit, de bâtir des produits simples, abordables, accessibles par téléphone mobile et adaptés aux réalités des agriculteurs, commerçants, artisans et petites entreprises.
Aboutir à des solutions concrètes
Pour Hervé Tchiakpé, président de l’Association des sociétés d’assurance du Bénin (ASA Bénin), cette rencontre doit permettre d’aboutir à des solutions concrètes pour offrir une protection « saine, accessible et abordable » aux personnes traditionnellement exclues de l’assurance classique.
Le patron des assureurs du Bénin a également insisté sur la portée stratégique de ces travaux, appelés à déboucher sur un pacte panafricain engageant les États, les régulateurs, les entreprises et les partenaires du secteur sur une trajectoire commune à l’horizon 2040. « La finalité de cette assise est de sceller ensemble un pacte panafricain capable d’engager nos États, nos régulateurs, nos entreprises et nos partenaires jusqu’en 2040. (…) Nous voulons bâtir un cadre de développement plus inclusif, plus déterminé et plus proche des besoins réels des populations les plus vulnérables. »
Et de saluer le choix du Bénin pour ces travaux : « ce choix témoigne de la crédibilité de notre marché, de la qualité de nos relations avec les autorités et de la capacité du Bénin à accueillir des événements d’envergure. »
Les travaux de Cotonou devront ainsi poser les bases d’un environnement plus favorable, fondé sur une réglementation proportionnée, une fiscalité incitative et des financements à la hauteur des ambitions affichées. Objectif annoncé : doubler, d’ici 2040, le taux de pénétration de l’assurance dans l’espace africain.

