La République du Bénin franchit une nouvelle étape dans la réforme de son système électoral. Les députés ont adopté à l’unanimité, le 10 juillet 2026, la loi n° 2026-14 portant suppression provisoire de la Commission électorale nationale autonome (CENA), l’institution chargée de l’organisation des élections. Cette décision intervient à quelques jours de l’expiration, le 14 juillet, du mandat de cinq ans, non renouvelable, des membres de l’actuel Conseil électoral. Elle s’inscrit dans le prolongement des réformes institutionnelles ayant instauré un nouveau cycle politique de sept ans, avec pour conséquence le report des prochaines grandes échéances électorales nationales à 2033.
Le texte adopté prévoit qu’un décret pris en Conseil des ministres fixera les modalités de gestion du patrimoine de la CENA ainsi que les conditions de liquidation de ses engagements financiers. Les prestataires de l’institution seront rémunérés sur la base de factures régulièrement établies. Par ailleurs, le personnel de la Commission sera temporairement mis à la disposition de l’administration publique durant cette période transitoire.
Pour Orden Alladatin, président de la Commission des lois, de l’administration et des droits de l’homme à l’Assemblée nationale, le maintien des organes actuels de la CENA ne se justifierait plus. « Si, dans une semaine, nous procédons au renouvellement du mandat et que nous instituons un nouveau conseil électoral, la Direction générale des élections étant permanente, ce conseil électoral sera installé et n’aura à organiser aucune élection durant les cinq prochaines années avant que son mandat ne vienne à terme », a-t-il expliqué.
Dans son rapport, la Commission des lois souligne que cette réforme vise à adapter le Code électoral aux nouvelles orientations institutionnelles du pays. Elle poursuit un double objectif : éviter le maintien d’une institution sans activité électorale pendant plusieurs années et engager une réflexion sur le modèle d’administration électorale le plus adapté au nouveau contexte politique.
La suppression des dispositions relatives au Conseil électoral, à la Direction générale des élections et aux services techniques de la CENA ne signifie toutefois pas la disparition définitive de l’institution. Il s’agit plutôt d’une mise en veille temporaire, dans l’attente d’une réforme plus large portant sur son organisation, ses missions et son fonctionnement, avant les prochaines échéances électorales.

