Les transferts financiers de la diaspora ivoirienne ont fortement progressé au cours des quinze dernières années. Estimés à 165,8 millions de dollars à une période antérieure, ils ont atteint 316,7 millions de dollars en 2019, avant de s’établir aujourd’hui à environ 1,4 milliard de dollars. Une large part de ces ressources reste toutefois orientée vers les dépenses sociales des ménages, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et de l’habitat. Lors du lancement du forum « Diaspora for Growth », le 7 mai 2026 à Abidjan, les autorités ont insisté sur la nécessité de mieux orienter ces flux vers des investissements productifs.
Selon les chiffres avancés à cette occasion, seuls 10 à 15 % des transferts de la diaspora servent actuellement à financer des projets productifs. Pour le ministre délégué chargé de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur, Adama Dosso, le potentiel mobilisable dépasserait 1 milliard de dollars par an. L’objectif affiché par le gouvernement est de faire évoluer ces transferts d’un soutien essentiellement familial vers un instrument de financement de projets créateurs de revenus et de valeur ajoutée.
Une diaspora nombreuse, un potentiel financier encore peu orienté vers la production
La diaspora ivoirienne représente plus de 1,2 million de personnes réparties dans 140 pays, selon les données présentées au forum. Une part importante de cette population vit en Afrique de l’Ouest, notamment au Burkina Faso, au Mali et au Ghana. En parallèle, plus de 240 000 Ivoiriens résident dans des pays comme la France, l’Italie et les États-Unis. Pour les autorités, cette présence à l’international constitue à la fois un vivier de compétences et une source potentielle de capitaux à mobiliser au service du développement économique.
Pour accompagner cette orientation, le gouvernement dit vouloir mettre en place un cadre sécurisé, incitatif et transparent. Le forum « Diaspora for Growth » est présenté comme un espace de mise en relation entre l’État, le secteur privé et les Ivoiriens de l’extérieur, afin de favoriser l’émergence de projets à fort impact. Dans cette perspective, deux échéances sont annoncées à l’international : un roadshow à Milan le 6 juin, puis un forum économique à Paris les 26 et 27 juin 2026. L’enjeu, pour les pouvoirs publics, est de transformer une partie croissante de ce potentiel financier en investissements concrets pour l’économie ivoirienne.

