Le Maroc s’impose progressivement comme une destination stratégique pour les opérations de fusions-acquisitions et les investissements transfrontaliers dans la région MENA. C’est la conviction de Moustafa El Shenety, fondateur et co-dirigeant de Zilla Capital, qui voit dans le Royaume un point d’ancrage pour le développement régional de la banque d’affaires. Présente en Égypte, aux Émirats arabes unis et au Kenya, Zilla Capital étend désormais ses activités au marché marocain. Son offre couvre le conseil en fusions-acquisitions, les opérations sur les marchés actions et les financements structurés. L’établissement accompagne les entreprises dans leurs opérations de croissance externe, leurs levées de capitaux et leur accès aux marchés financiers.
Pour Moustafa El Shenety, l’attractivité du Maroc repose sur plusieurs facteurs : la stabilité politique et économique, la diversification de son tissu productif, la qualité de ses infrastructures et sa position géographique entre l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient. Les investissements dans les infrastructures et les perspectives liées à la Coupe du monde 2030 renforcent, selon lui, les opportunités dans plusieurs secteurs.
« Nous considérons le Maroc comme l’une des destinations d’investissement les plus prometteuses de la région », souligne-t-il. Au-delà du tourisme et de l’hôtellerie, la banque d’affaires identifie des perspectives dans l’industrie manufacturière, l’agroalimentaire, la logistique, la santé et les services financiers.
Les capitaux régionaux en ligne de mire
L’une des priorités de Zilla Capital consiste à rapprocher les entreprises marocaines des investisseurs internationaux. La banque mise notamment sur les flux de capitaux en provenance des pays du Golfe, où les fonds souverains, les investisseurs institutionnels et les family offices cherchent à diversifier leurs placements et à accéder à de nouveaux marchés. Cette évolution ouvre des perspectives aux entreprises nord-africaines disposant de fondamentaux solides et de stratégies de croissance clairement définies. Mais la réussite des opérations suppose une bonne maîtrise des spécificités réglementaires, des pratiques de gouvernance et des méthodes de valorisation propres à chaque marché.
Les entreprises familiales constituent également un segment important. Leur ouverture à de nouveaux investisseurs implique de concilier les objectifs financiers avec les enjeux de transmission patrimoniale, de contrôle du capital et de gouvernance.
Un financement de 250 millions de dollars dans l’hôtellerie
L’entrée de Zilla Capital sur le marché marocain s’est concrétisée par son rôle de conseiller financier du groupe hôtelier Pickalbatros Hotels & Resorts. L’opération porte sur un financement de 250 millions de dollars, accordé par la Société financière internationale (IFC) et Attijariwafa bank aux filiales marocaines du groupe. Selon Zilla Capital, il s’agit du plus important financement hôtelier soutenu par l’IFC au Maroc.
Cette transaction illustre le potentiel du secteur touristique marocain auprès des investisseurs institutionnels. La visibilité internationale du Royaume, le développement des infrastructures hôtelières et les perspectives associées à la Coupe du monde 2030 devraient soutenir les investissements dans l’hébergement, les transports et les services touristiques.
Le financement, assorti d’objectifs de durabilité, traduit la place croissante des critères environnementaux dans les opérations de financement du secteur.
Pour Zilla Capital, cette première opération constitue un point d’appui pour son développement au Maroc. La banque entend désormais identifier des entreprises à fort potentiel et faciliter leur accès aux capitaux régionaux et internationaux. L’enjeu sera de transformer l’intérêt des investisseurs pour le Royaume en opérations concrètes, dans un marché où la croissance des entreprises et les besoins de financement ouvrent de nouvelles perspectives au conseil en fusions-acquisitions.
Zilla Capital est une banque d’affaires régionale fondée en Égypte, qui intervient dans le conseil financier, les fusions-acquisitions, les marchés de capitaux, la gestion d’actifs et le capital-investissement au Moyen-Orient et en Afrique.

