Madagascar travaille à la mise en place d’un mécanisme de financement pluriannuel, prévisible et durable pour assurer le paiement des primes de son assurance souveraine contre les catastrophes climatiques. L’initiative, portée par la Cellule de Prévention et d’Appui à la Gestion des Urgences (CPGU), s’inscrit dans le cadre du Bouclier mondial contre les risques climatiques.
Avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers, le gouvernement malgache entend ainsi définir une feuille de route commune destinée à sécuriser les ressources nécessaires au renouvellement de ses couvertures d’assurance. L’objectif est double : renforcer la résilience budgétaire de l’État et garantir un accès rapide à des financements en cas de catastrophe majeure, sans accroître excessivement la pression sur les finances publiques.
4 millions de dollars de primes d’assurance pour la campagne 2026-2027
Pour la campagne d’assurance 2026-2027, les besoins en primes sont estimés à 4 millions de dollars. Cette enveloppe se répartit entre 1 million de dollars pour le risque de sécheresse, 2 millions de dollars pour les cyclones tropicaux et 1 million de dollars pour les inondations.
Madagascar dispose déjà d’une couverture souveraine contre plusieurs risques climatiques. Le dispositif couvre notamment la sécheresse et les cyclones tropicaux, et a été étendu aux inondations à partir de 2026. Ces mécanismes ont déjà permis au pays de mobiliser rapidement des ressources financières à la suite de catastrophes, notamment après le passage de cyclones.
Le financement des primes repose actuellement sur une combinaison de ressources publiques et de contributions des partenaires au développement. Parmi les principaux soutiens figurent les programmes ADRiFi et MDTF de la Banque africaine de développement, ainsi que le programme REPAIR de la Banque mondiale.
Vers un financement pérenne des primes
Au-delà de la campagne 2026-2027, l’enjeu pour Madagascar est désormais de sécuriser durablement le paiement des primes d’assurance souveraine. Certains mécanismes de soutien arrivant progressivement à leur terme, le gouvernement cherche à éviter une rupture dans la couverture financière des principaux risques climatiques.
Dans cette perspective, le Bouclier mondial contre les risques climatiques doit permettre de consolider les financements existants et de construire un dispositif plus prévisible. Pour Madagascar, l’enjeu est de disposer de ressources préétablies et rapidement mobilisables lorsque des seuils prédéfinis sont atteints à la suite d’un événement climatique majeur.
Lancé à l’occasion de la COP27 par le G7 et le V20, le Bouclier mondial vise précisément à renforcer la protection financière des pays et des populations particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique, en facilitant l’accès à des financements pré-arrangés et déclenchés en fonction de paramètres prédéfinis.
Pour Madagascar, particulièrement exposé aux cyclones, aux sécheresses et aux inondations, la pérennisation de ce dispositif constitue donc un enjeu majeur de gestion des risques. Au-delà de l’indemnisation après sinistre, l’assurance souveraine doit permettre au pays de mieux anticiper les chocs climatiques et de réduire leur impact sur les finances publiques.

