Mali : vives tensions lors du débat sur la charte de la transition

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La capitale malienne abrite depuis jeudi 10 septembre 2020 les journées de concertation nationale organisées par le conseil national pour le salut du peuple (CNSP), ayant mis fin au régime d’Ibrahim Boubacar Keita depuis le 18 août dernier. Si la première journée était axée sur la feuille de route de la transition, la deuxième est basée sur la charte de la transition qui consiste à définir les organes de la transition, le mode de désignation et ses attributions. 
A l’issue des débats, il y a des tiraillements entre les participants venus de partout au Mali. Une vive tension qui ne dit pas son nom.

En effet, le Conseil national pour le salut du peuple (CNSP) a présenté ce matin un document, appelé «charte de transition» aux participants de la concertation nationale en cours qui réunit toutes les forces vives de la nation. La charte de la transition est un document de 33 articles définissant les valeurs, principes et missions de la transition ; les organes ; des dispositions complétant la constitution etc.
Dans la charte, il est mentionné que le président de la transition, choisi par le comité national pour le salut du peuple (CNSP), remplit les fonctions de président de la République et de chef de l’Etat et veille au respect de la constitution et de la charte de la transition. Le président de la transition est assisté d’un vice-président qui le remplace en cas d’empêchement provisoire ou définitif. Celui-ci est également désigné par les membres du CNSP. Tout candidat aux fonctions de président de la transition doit être de nationalité malienne, âgé de 35 ans au moins et 75 ans au plus. Il peut être un militaire ou un civil qui n’a jamais fait l’objet d’une condamnation pénale et reconnu pour son engagement dans la défense des intérêts nationaux. 
Pour les élections présidentielles et législatives qui seront organisées au terme de la transition, il est dit dans la charte que le président de la transition et le vice-président ne peuvent pas être candidats. Les deux personnalités choisies entrent en fonction sept (7) jours après leur désignation et leur prestation du serment devant la cour suprême.

Le gouvernement de transition comprendra vingt-cinq membres au plus et sera dirigé par un premier ministre proposé par le conseil national pour le salut du peuple (CNSP) et les forces vives de la nation. ILes membres du gouvernement de transition ne sont pas éligibles aux élections présidentielles et législatives qui seront organisées pour mettre fin à la transition.
Quant au conseil national de la transition, il reste l’organe législatif de la transition. Ensuite,  il est composé de cinquante-un (51) membres répartis entre les représentants du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des Forces Patriotiques du Mali (M5-RFP), des forces de défense et de sécurité, des partis et regroupements politiques, des organisations de la société civile de l’intérieur et de la diaspora, des mouvements signataires de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger.
Il faut signaler que la tension est rude entre les participants. La branche politique de la société civile reste favorable une transition tandis que la plupart des participants issus de la jeunesse demandent une transition militaire. Toute chose qui provoque une vive tension entre les Maliens. Quant à la charte de la transition, la tension règne également, mais l’espoir est permis. Selon plusieurs sources la junte est convoquée au Ghana, chez Nana AKOUFFO ADO, président en exercice de la CEDEAO.
Notons que ledit organe législatif sera présidé par un militaire issu du conseil. Ses membres ne sont pas éligibles aux élections présidentielles et législatives prochaine après la transition.

Daouda Bakary KONE

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