Accra (Ghana), le 29 juillet 2026 – La Conférence régionale de haut niveau sur la gouvernance, les minerais critiques et les conflits en Afrique s’est achevée aujourd’hui en lançant un appel en faveur d’une nouvelle approche continentale pour la gouvernance des minerais critiques de l’Afrique. Elle place la gouvernance démocratique, la redevabilité, l’industrialisation, la consolidation de la paix et la participation citoyenne au cœur de la réponse du continent à la demande mondiale croissante en ressources minérales stratégiques.
Organisée par Open Society Foundations, cette conférence de trois jours a réuni de hauts responsables gouvernementaux, des représentants de l’Union africaine et des Communautés économiques régionales, des parlementaires, des organisations de la société civile, des chefs traditionnels, des communautés minières, des universitaires, des partenaires au développement, des organisations philanthropiques et des acteurs du secteur privé afin d’examiner les choix de gouvernance nécessaires pour garantir que les richesses minières de l’Afrique contribuent au développement inclusif, à la résilience démocratique et à une paix durable.
Les participants ont convenu que la question des minerais critiques en Afrique est avant tout une question de gouvernance qui dépasse le seul cadre de l’exploitation minière et de l’extraction des ressources. Les discussions ont conclu que les décisions relatives à la gestion des minerais critiques façonneront la redevabilité démocratique, la souveraineté économique, le développement industriel, la gestion environnementale et la cohésion sociale à travers le continent.
La conférence a appelé à un nouveau pacte continental de gouvernance fondé sur la redevabilité démocratique et l’État de droit, une gouvernance transparente et équitable des ressources, la prévention des conflits et le renforcement de la cohésion sociale, la création de valeur ajoutée et l’industrialisation, ainsi qu’une coopération régionale renforcée à travers les institutions et cadres africains existants.
L’un des principaux résultats de la conférence a été l’appel lancé aux pays africains afin qu’ils dépassent l’exportation de minerais bruts et accélèrent les investissements pour la transformation, le raffinage, la fabrication, la recherche, l’innovation et le développement des compétences, afin de bâtir des chaînes de valeur régionales compétitives. Les participants ont souligné que les ressources minières de l’Afrique doivent générer davantage de valeur ajoutée au niveau national, des emplois de qualité et une transformation économique durable.
La conférence a également convenu que les communautés vivant dans les zones minières doivent être reconnues comme des partenaires à part entière de la gouvernance minière. Les participants ont appelé à une participation significative des femmes, des jeunes, des peuples autochtones, des autorités traditionnelles et des communautés minières artisanales dans les décisions concernant les terres, les moyens de subsistance, la protection de l’environnement et le partage des bénéfices.
Reconnaissant l’intensification de la concurrence géopolitique autour des minerais critiques, les participants ont souligné l’importance d’une coordination accrue par l’intermédiaire de l’Union africaine, des Communautés économiques régionales et de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) afin de renforcer la voix collective de l’Afrique dans les négociations internationales et de promouvoir des approches continentales cohérentes en matière de gouvernance minière.
La conférence a également réaffirmé que des institutions transparentes demeurent essentielles à une gouvernance minière responsable. Les participants ont appelé au renforcement de la redevabilité publique par le biais de procédures transparentes d’octroi de licences et de passation de contrats, de la divulgation des bénéficiaires effectifs, d’institutions de régulation indépendantes, d’un contrôle parlementaire renforcé et d’un meilleur accès du public à l’information tout au long de la chaîne de valeur minière.
Engagements pour la mise en œuvre
La conférence a adopté un cadre de mise en œuvre et de redevabilité destiné à orienter l’action des gouvernements, des institutions régionales et des autres parties prenantes.
Les engagements prioritaires comprennent l’appui aux pays pour l’élaboration de stratégies nationales intégrées sur les minerais critiques ; le renforcement de la transparence, de la gouvernance des revenus et du contrôle parlementaire ; la protection des droits des communautés minières ; la promotion de la participation des femmes et des jeunes à la gouvernance minière ; l’intégration de la prévention des conflits dans les cadres de gouvernance des ressources minières ; la lutte contre les flux illicites de minerais ; l’accélération des investissements dans la valorisation des minerais et l’industrialisation régionale ; ainsi que le renforcement de la coopération continentale dans le cadre de la ZLECAf.
Les participants se sont également engagés à renforcer les partenariats entre les gouvernements, les organisations régionales, la société civile, les institutions de recherche, les partenaires au développement et le secteur privé afin de soutenir les réformes politiques, le renforcement des capacités institutionnelles et les investissements responsables.
Perspectives
Les participants ont convenu que cette conférence marque le début d’un programme continental durable visant à traduire ses résultats en réformes politiques et en actions coordonnées.
Les priorités immédiates comprennent la mise en place d’un mécanisme continental de suivi et de redevabilité, l’engagement avec l’Union africaine, le Centre africain de développement des minéraux, le Secrétariat de la ZLECAf et les Communautés économiques régionales, l’identification de pays prioritaires et de corridors miniers pour une action concertée, ainsi que le renforcement de la base factuelle grâce à des analyses d’économie politique et des évaluations des risques de conflit.
La conférence s’est achevée sur un engagement commun visant à garantir que les minerais critiques de l’Afrique soient gouvernés de manière à renforcer les institutions démocratiques, promouvoir la souveraineté économique, soutenir la transformation industrielle, prévenir les conflits et générer des bénéfices durables pour les citoyens africains. Les participants ont affirmé qu’un leadership politique soutenu, une coopération régionale renforcée et une gouvernance responsable seront essentiels à la réalisation de cet objectif.

