Laurence Ndong, ministre de la Fonction publique et du Renforcement des capacités du Gabon, a reçu Zhou Ping, ambassadeur de Chine au Gabon, le 21 octobre 2026, à Libreville. Selon le compte rendu publié par son département, « les deux personnalités ont posé les jalons d’un partenariat ciblé sur la modernisation de l’administration publique gabonaise ».
Cette feuille de route s’articulerait autour de trois axes : « la digitalisation intégrale des procédures publiques, la culture de la performance opérationnelle et le développement du capital humain ». Le gouvernement gabonais cherche à réduire la lourdeur bureaucratique en s’appuyant sur les méthodes chinoises de gestion. Côté chinois, Pékin propose un accompagnement technique et des programmes d’échange destinés aux hauts fonctionnaires.
L’initiative s’inscrit dans le prolongement du sommet du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC), tenu à Pékin du 4 au 6 septembre 2024, où la Chine s’est engagée à mobiliser 360 milliards de yuans, soit environ 50 milliards de dollars, sur trois ans. Lancé en octobre 2000, le FOCAC est la principale enceinte de dialogue politique et de coopération économique entre Pékin et les capitales africaines.
Reste à savoir quelle part de ces engagements bénéficiera effectivement à la gouvernance institutionnelle gabonaise : les annonces du FOCAC ne constituent pas une enveloppe préaffectée que Libreville pourrait réorienter à sa guise. Jusqu’ici, la coopération chinoise au Gabon s’est surtout illustrée dans les infrastructures physiques — routes, barrages, équipements publics —, et Pékin élargit désormais son offre à l’ingénierie administrative.
Pour la Chine, ce type d’accord consolide une présence déjà ancienne dans le bassin du Congo. Pour Libreville, le transfert de technologies et de compétences managériales répond à un impératif d’efficience budgétaire, dans un contexte de préparation d’une stratégie de diversification destinée à réduire la dépendance au pétrole.
Les deux parties s’accordent sur un point : « une administration performante constitue un préalable indispensable pour attirer les investisseurs internationaux ». Selon le ministère, « la suite des discussions définira les modalités concrètes des formations ». Libreville souhaite des programmes alignés sur ses priorités nationales de développement.
Ce rapprochement technique illustre une inflexion pragmatique : le Gabon ne sollicite plus seulement des capitaux, mais cherche aussi à capter de l’expertise institutionnelle. Aucun calendrier, montant ni intitulé de programme n’a toutefois été annoncé à l’issue de l’audience.

