Alors que la Côte d’Ivoire vient d’obtenir des engagements financiers largement supérieurs aux attentes pour son Plan National de Développement 2026-2030, un autre enjeu se dessine : la capacité à transformer les priorités nationales en projets bancables, exploitables et attractifs pour les investisseurs privés. C’est dans cette dynamique que s’inscrit le projet du Village des Artisans de Grand-Bassam, porté par Africa Currency Network, avec MOPAT Group comme partenaire stratégique.
Le 8 juillet 2026 à Abidjan, l’État de Côte d’Ivoire, représenté par le Ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, a signé avec le Comité national de pilotage des partenariats public-privé (CNP-PPP) et Africa Currency Network (ACN) un protocole d’accord lançant la phase de développement du projet.
Estimé entre 18 et 20 milliards FCFA, le Village des Artisans de Grand-Bassam vise à structurer une destination intégrée autour de l’artisanat, du patrimoine vivant, de l’hospitalité, de la gastronomie, de l’événementiel et des industries culturelles et créatives. Développé sur un foncier d’environ 22 130 m², le futur site devrait accueillir et professionnaliser plus de 600 artisans.
Le PND 2026-2030 place le secteur privé au cœur de l’exécution
Le projet intervient dans un contexte économique particulier. Le Plan National de Développement 2026-2030 prévoit un volume global d’investissements de 114 838,5 milliards FCFA, avec un objectif de croissance moyenne annuelle de 7,2 %. Sur ce montant, 70,2 % des investissements sont attendus du secteur privé.
Lors de la première journée du Groupe consultatif pour le financement du PND, les partenaires au développement ont annoncé 80 milliards de dollars d’engagements financiers, soit environ 47 820 milliards FCFA. Ces annonces dépassent largement l’objectif initial de mobilisation du financement public. Mais la réussite du Plan dépendra aussi de la capacité à faire émerger des projets concrets, structurés et suffisamment robustes pour mobiliser des opérateurs privés, des investisseurs et des partenaires financiers.
Le Village des Artisans de Grand-Bassam illustre précisément ce passage de l’ambition à la structuration opérationnelle. Il ne s’agit pas seulement de réhabiliter un espace artisanal, mais de construire un modèle économique autour d’un actif territorial, culturel et touristique.
« Cette signature constitue une étape importante, puisqu’elle marque l’ouverture de la phase de développement du projet. Il s’agit maintenant d’approfondir les études, de préciser le programme et de structurer les différents volets institutionnels, techniques, juridiques et financiers du projet », a déclaré Moussa Kouyaté, Président du CNP-PPP.
Le projet s’inscrit dans une dynamique économique plus large. Selon l’UNESCO, les industries culturelles et créatives représentent 3,1 % du PIB mondial et 6,2 % de l’emploi mondial. En Côte d’Ivoire, le PND 2026-2030 prévoit également de porter la valeur ajoutée du tourisme et des loisirs de 8,6 % du PIB en 2024 à 11 % en 2030.
Transformer le patrimoine vivant en plateforme économique
Le projet entend dépasser le modèle classique du marché artisanal. Il prévoit des ateliers-boutiques, des galeries métiers, des espaces de formation, une offre hôtelière, une Halle Gourmande, des espaces événementiels, du coworking, des services et une programmation culturelle.
« L’objectif est de faire de notre artisanat un secteur plus compétitif, capable de mieux valoriser les talents et les savoir-faire ivoiriens, aussi bien sur le marché national qu’à l’international », a déclaré Ibrahim Kalil Konaté, Ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat.
Cette diversification est un élément central du modèle. Elle permet d’éviter que l’équilibre économique du projet repose uniquement sur les artisans. L’enjeu consiste plutôt à faire de l’artisanat le cœur d’un écosystème plus large, intégrant tourisme, design, formation, économie créative et attractivité territoriale.
« Notre ambition n’est pas simplement de construire un lieu ou un marché supplémentaire. Nous voulons créer un véritable écosystème autour de l’artisanat, de la création, de la transmission des savoir-faire et de l’expérience. L’Afrique possède des savoir-faire extraordinaires, mais il faut aujourd’hui réussir à mieux structurer toute la chaîne de valeur. Derrière chaque objet, il y a une matière, un geste, une technique, une histoire et surtout un artisan. Il est essentiel que la valeur créée bénéficie également à celles et ceux qui sont à l’origine de cette création », a déclaré Habyba Thiero, CEO d’Africa Currency Network.
Une complémentarité entre ACN et MOPAT Group
Africa Currency Network intervient comme initiateur et porteur du projet. La holding panafricaine entend faire du Village une plateforme économique intégrée, capable d’associer impact social, valorisation du patrimoine, développement territorial et modèle d’exploitation durable.
MOPAT Group intervient comme partenaire stratégique d’ACN. Son rôle sera déterminant dans la phase de développement, qui doit permettre de structurer le montage institutionnel, technique, juridique, financier et opérationnel du projet.
« En tant que partenaire stratégique d’Africa Currency Network, MOPAT Group est pleinement mobilisé pour accompagner cette phase de développement. Notre rôle sera de contribuer à la structuration du projet, à la mobilisation des expertises et des partenaires ainsi qu’à la préparation d’un modèle économique et financier capable d’en assurer la réalisation et la pérennité », a indiqué Mouhamad Rassoul Dieng, CEO de MOPAT Group.
Cette intervention positionne Africa Currency Network et MOPAT Group sur un segment clé : celui de la transformation d’une priorité publique ou territoriale en projet finançable. Dans le cadre du Village des Artisans, l’enjeu sera notamment de mobiliser les expertises techniques, opérationnelles et financières, d’identifier les partenaires, de structurer le modèle de revenus et de préparer les conditions d’une exploitation durable.

