Depuis le 5 juin, Rabat vit au rythme du 5e Sommet de l’Africanité consacré au leadership féminin africain. Plus de cinquante personnalités de premier plan représentant une vingtaine de nationalités ont répondu à l’appel de la Fondation Trophée de l’Africanité (FTA), de l’ICESCO et de leur partenaire média Financial Afrik.
Au-delà des échanges académiques et diplomatiques, cette rencontre illustre la montée en puissance d’une diplomatie parallèle africaine portée par les réseaux intellectuels, économiques, culturels et associatifs. Une diplomatie des passerelles plutôt que des frontières dont Nassrallah Belkhayate apparaît aujourd’hui comme l’un des promoteurs les plus constants.
À travers la Fondation de l’Africanité, il a réussi à fédérer diplomates, universitaires, entrepreneurs, responsables politiques et acteurs de la société civile autour d’une même ambition : faire de l’Africanité un espace de dialogue, de solidarité et de coopération concrète. Une démarche qui s’inscrit dans la tradition marocaine de coopération Sud-Sud et dans une vision de long terme des relations africaines.
L’un des temps forts du sommet fut l’intervention du Dr Mohamed H’Midouche, ancien haut fonctionnaire de la Banque africaine de développement, vice-président exécutif de l’Académie Diplomatique Africaine et consul honoraire du Cap-Vert au Maroc. Dans une allocution particulièrement remarquée, il a rappelé que « la femme ne doit plus être regardée comme une simple bénéficiaire des politiques publiques mais comme une actrice centrale de la construction nationale, de la cohésion sociale, de la diplomatie des peuples et de l’avenir africain ».
Pour lui, la promotion des femmes repose sur trois piliers indissociables : la dignité, l’égalité des chances et l’autonomisation économique. Une exigence qui dépasse la seule question sociale. « Aucun pays ne peut réussir sa transformation en laissant de côté la moitié de son intelligence, de son énergie et de son talent », a-t-il souligné devant les participants.
Le diplomate marocain a également insisté sur le rôle souvent sous-estimé des femmes africaines de la diaspora, qu’il qualifie de « pont vivant » entre les continents. Selon lui, elles constituent une force économique, culturelle et diplomatique essentielle pour l’Afrique contemporaine.
Mais c’est sans doute sa réflexion sur l’Africanité qui a le plus marqué les esprits. « L’Africanité n’est pas un slogan. Elle est une conscience, une mémoire, une responsabilité et un projet », a-t-il affirmé, rappelant que la femme africaine demeure au cœur des mécanismes de transmission, d’éducation, de médiation sociale et d’innovation.
Dans le même esprit, Mohamed H’Midouche a mis en avant les politiques marocaines de coopération continentale. Il a rappelé que près de 20 000 étudiants africains issus de 47 pays poursuivent actuellement leurs études au Maroc grâce aux programmes de coopération, dont 47 % de jeunes filles, illustrant selon lui « une diplomatie du temps long fondée sur la formation du capital humain africain ».
Cette vision rejoint celle défendue par Nassrallah Belkhayate. Le président de la Fondation Trophée de l’Africanité voit dans le leadership féminin un levier stratégique pour bâtir une Afrique plus prospère et plus influente. En réunissant à Rabat des participants venus des quatre coins du continent et au-delà, il démontre que la diplomatie économique, culturelle et intellectuelle peut parfois ouvrir des voies que les canaux officiels empruntent plus difficilement.
À l’heure où l’Afrique cherche de nouveaux modèles d’intégration, le Sommet de l’Africanité confirme ainsi son rôle de laboratoire d’idées et de plateforme de dialogue. Pendant trois jours, Rabat s’est imposée comme l’une des capitales de cette Afrique qui réfléchit, entreprend et construit son avenir en réseau.

