Le Togo franchit une nouvelle étape dans le secteur du transit et de la logistique avec l’adhésion de l’Union professionnelle des agréés en douane (UPRAD) à la Fédération internationale des associations de transitaires et assimilés (FIATA). Pour le président de l’organisation, Patrick Magnon, cette avancée dépasse largement le cadre protocolaire : « l’adhésion à la FIATA n’est pas une fin en soi. Elle marque le début d’une nouvelle étape », dit-il dans cet entretien avec Financial Afrik.
Que représente cette adhésion pour vous, à titre personnel et pour l’UPRAD-TOGO ?
C’est d’abord une grande fierté, à titre personnel comme pour toute l’UPRAD-TOGO. Mais au-delà de la fierté, nous considérons cette adhésion comme une responsabilité nouvelle et une étape stratégique dans le développement de notre organisation et de notre profession. Elle nous ouvre les portes d’une dimension véritablement internationale, avec la possibilité d’échanger avec plus de 150 pays membres, de renforcer notre représentation et de faire entendre davantage la voix du Togo dans les domaines de la logistique, du transit et du commerce extérieur. Aujourd’hui, l’UPRAD-TOGO ouvre une nouvelle page de son histoire.
Quels sont les avantages concrets de cette adhésion pour les professionnels togolais ?
Cette adhésion constitue pour nous un outil supplémentaire pour poursuivre notre vision : celle d’une profession plus moderne, plus forte et davantage ouverte sur l’international. Concrètement, elle va nous permettre de développer les compétences de nos membres, d’accéder à davantage de formations, d’informations stratégiques et de bonnes pratiques internationales. Cela va renforcer notre professionnalisme, améliorer notre valeur ajoutée et accroître notre capacité à contribuer à la facilitation des échanges et à la compétitivité logistique du Togo. En réalité, la compétitivité d’un pays ne repose pas uniquement sur les infrastructures ; elle repose aussi sur la qualité, la compétence et le professionnalisme des acteurs de la chaîne du commerce extérieur.
Pouvez-vous revenir sur les grandes lignes du processus ayant conduit à cette adhésion ?
C’est l’aboutissement d’un processus engagé depuis plusieurs années, et je tiens à dire qu’il s’agit véritablement du fruit d’un effort collectif. Le soutien de notre association sœur du Ghana a été déterminant. La dynamique de coopération avec le GIFF (Ghana Institute Of Freight Forwarders), notamment après sa visite au Togo en 2023, a permis de faire émerger cette ambition, avant sa concrétisation par la signature d’un protocole d’accord à Lomé en septembre 2025. Ensuite, notre participation au Congrès mondial de la FIATA au Vietnam, puis au Headquarter Meeting à Genève, nous a permis de renforcer nos contacts et de poursuivre les démarches nécessaires. Ce parcours a demandé de la volonté, du lobbying, des missions, de l’engagement personnel, mais aujourd’hui nous sommes particulièrement heureux de voir la concrétisation de cette démarche.
Quelles sont vos perspectives après cette adhésion ?
Les perspectives sont claires : tenir le cap. Cette adhésion n’est pas une fin en soi ; elle marque le début d’une nouvelle étape. Une étape au cours de laquelle nous voulons renforcer davantage la profession, développer les compétences de nos membres, favoriser l’ouverture internationale et contribuer à l’amélioration continue de notre environnement professionnel. Nous voulons aussi renforcer la coopération avec les organisations professionnelles de la sous-région et développer des relations plus étroites avec les acteurs internationaux du secteur. Notre ambition est que cette nouvelle dimension internationale bénéficie à l’UPRAD-TOGO, à ses membres, mais aussi au rayonnement du Togo dans le domaine du commerce extérieur et de la logistique.
Qu’attendez-vous des autorités ?
Nous exprimons déjà notre profonde reconnaissance aux plus hautes autorités pour l’attention qu’elles accordent au développement du commerce extérieur, de la logistique et à notre profession. De la soumission de notre candidature à l’effectivité de notre adhésion, elles n’ont ménagé aucun effort. Ce que nous attendons aujourd’hui, c’est que cet accompagnement se poursuive, dans un esprit d’écoute, de confiance et de partenariat. Nous souhaitons continuer à travailler avec les pouvoirs publics et privés, ainsi qu’avec l’ensemble des acteurs de la chaîne logistique, pour accompagner les ambitions de notre pays. Car lorsque la profession progresse, lorsque la logistique se renforce et que le commerce extérieur gagne en fluidité, c’est la nation tout entière qui y gagne.
L’année dernière, l’UPRAD a lancé les travaux de construction de son nouveau siège à Lomé, un investissement massif de 5 milliards de FCFA. Faudra-t-il voir un rapport ?
S’agissant du siège, je voudrais rassurer que le financement est acquis. Nous avançons avec méthode, en intégrant désormais la nouvelle dimension qu’apporte notre adhésion à la FIATA. Notre volonté est que ce projet ne soit pas seulement un bâtiment administratif, mais aussi un cadre structurant pour accompagner la professionnalisation du secteur, notamment à travers la formation et la certification de nos membres. Car, si le Togo veut consolider son positionnement de plateforme logistique et commerciale régionale, cela ne dépend pas uniquement des infrastructures : cela dépend aussi de femmes et d’hommes bien formés, compétents et capables d’accompagner efficacement les opérateurs économiques dans leurs opérations d’importation et d’exportation. Le commissionnaire en douane agréé est à cet égard au carrefour des différents acteurs de la chaîne du commerce extérieur.

