La République démocratique du Congo (RDC) a annoncé avoir conclu un accord avec Washington pour recevoir temporairement sur son territoire des ressortissants de pays tiers expulsés des États-Unis. Selon le gouvernement congolais, ce mécanisme respecte la souveraineté nationale, les exigences de sécurité et les engagements internationaux du pays. L’information a été officialisée dans un communiqué publié dimanche 5 avril 2026 par le ministère de la Communication.
Le communiqué précise que la prise en charge logistique et technique des migrants sera assurée par les États-Unis, via des structures spécialisées dans la gestion des mouvements internationaux de personnes. Aucun coût ne sera supporté par le Trésor public congolais. Le ministère de la Communication indique qu’un système d’accueil temporaire a été mis en place, avec des sites identifiés pour héberger les arrivants dans la capitale, Kinshasa.
Les premières arrivées sont prévues avant la fin du mois d’avril, dans le cadre d’un processus « progressif, organisé et maîtrisé ». Les autorités congolaises précisent que le dispositif pourra être adapté, ajusté ou interrompu à tout moment si les conditions ne sont pas réunies. Chaque dossier fera l’objet d’un examen individuel, conformément aux lois nationales et aux exigences de sécurité. Aucun transfert automatique ne sera autorisé.
Un accord critiqué par certains
Cette annonce suscite des inquiétudes au sein de la société civile. Pour Timothée Mbuya, de l’ONG Justicia ASBL, « le Congo n’est pas un dépotoir pour accueillir des individus refoulés d’autres pays. Le pays ne dispose pas d’infrastructures suffisantes pour ce type d’accueil ». Il dénonce également le manque de transparence : « Ni la population congolaise, ni les députés et sénateurs n’ont été informés. Il n’y a pas eu de débat public sur cet accord. »
D’autres voix estiment que les priorités devraient rester les plus de six millions de Congolais déplacés à l’intérieur du pays. Bien que le communiqué ne mentionne pas de contrepartie directe, cet accord s’inscrit dans le cadre d’une coopération renforcée entre la RDC et les États-Unis, notamment dans les domaines économique avec un accord « minerais contre sécurité » et sanitaire, avec une promesse de 900 millions de dollars américains.

