Le rapport annuel 2025 de la BCEAO place le Bénin en tête des huit pays de l’Union monétaire ouest-africaine sur les six indicateurs de niveau retenus. Un sans-faute inédit, qui masque une région en pleine recomposition : le Niger signe la plus forte progression, la Guinée-Bissau passe devant le Mali et la Côte d’Ivoire devant le Togo.
Six indicateurs, six premières places
Le Bénin ne laisse aucune place au doute. Avec 540 points de service pour 100 000 habitants, il occupe le premier rang de la pénétration démographique. Autrement dit, un réseau dense et un maillage qui atteint le plus grand nombre d’habitants (3 836 points de service par millier de kilomètres carrés).
La mécanique se répète sur les indicateurs d’usage. La bancarisation stricte — comptes et dépôts en banque — s’établit à 39,8 %, la bancarisation élargie, qui intègre les services financiers de la poste et de la microfinance, à 91,7 %. Le taux d’inclusion financière global atteint, pour sa part, 92,8 %, et l’indice synthétique, qui agrège l’ensemble de ces dimensions, culmine à 0,667.
L’indice synthétique a précisément pour objet de neutraliser les effets de taille : il combine accès, usage et disponibilité, ce qui interdit de devoir son rang au seul poids démographique ou à l’étroitesse du territoire. Aucun autre pays de l’Union n’apparaît en tête d’une seule de ces six colonnes. C’est ce qui fait de 2025 une année à part : le Bénin n’est pas seulement le meilleur élève, il est le seul à cocher toutes les cases.
Niger, plus forte progression quoique
Le mouvement le plus spectaculaire vient du Niger. Le pays enregistre la progression la plus forte de la région, portée par le mobile money — ces comptes ouverts auprès d’un opérateur télécom et animés par un réseau d’agents de proximité. Là où l’expansion du réseau bancaire classique bute sur l’étendue du territoire et le coût des agences, le téléphone fait office d’infrastructure.
Cette leçon vaut pour toute l’Union : là où l’agence bancaire coûte cher et dessert mal, le réseau d’agents télécoms contourne la contrainte. Encore faut-il que la qualité suive le volume. Le Niger reste en effet à un niveau encore très faible : la dynamique est réelle, mais le socle reste mince.

