Le Burkina Faso a mobilisé 2 263,2 milliards de FCFA (environ 3,77 milliards de dollars) par appel public à l’épargne entre 2017 et juillet 2026. Dans une synthèse de sa note de conjoncture, la Société africaine d’ingénierie et d’intermédiation financières (SA2IF) relève une collecte supérieure aux objectifs, avec un taux de couverture cumulé de 119,4 %.
Sur le marché financier régional, la signature burkinabè continue de mobiliser les investisseurs. Pour un objectif cumulé de 1 895 milliards de FCFA (environ 3,16 milliards de dollars), les émissions obligataires par appel public à l’épargne ont permis de recueillir un surplus de 368,2 milliards de FCFA (environ 614 millions de dollars) sur la période étudiée. La SA2IF interprète cette performance comme le signe d’une confiance renouvelée dans la capacité de l’État à tenir ses engagements.
Cette mobilisation s’appuie sur des emprunts aux échéances diversifiées, principalement de cinq, sept et dix ans. Selon la société d’intermédiation financière, les taux d’intérêt s’établissent en moyenne à 6,47 %, avec un plancher de 6 % observé sur une maturité de cinq ans et un plafond de 7 % sur une échéance de dix ans. Pour le Trésor burkinabè, cette palette permet de solliciter l’épargne sur plusieurs horizons et d’étaler les échéances de financement.
Le recours au marché répond à un besoin budgétaire persistant. Si la SA2IF constate une amélioration de la situation des finances publiques ces dernières années, elle souligne que le déficit demeure. Les émissions obligataires constituent, dans ce contexte, un levier pour financer les investissements structurants et soutenir les ambitions de développement du pays.
La régularité des remboursements participe également à la relation avec les souscripteurs. Selon la SA2IF, le Burkina Faso honore les échéanciers des emprunts concernés. La note rappelle qu’en 2025, Bloomfield Investment Corporation a attribué à l’État les notes A3 à court terme et BBB à long terme, assorties d’une perspective stable. Ces appréciations sont établies sur l’échelle régionale.
Le bilan présenté par la SA2IF met ainsi en évidence la capacité du Burkina Faso à mobiliser des ressources au-delà des montants recherchés. Ce résultat cumulé ne préjuge toutefois pas des conditions de chaque opération à venir. Pour les finances publiques, l’enjeu reste de conjuguer accès au marché, maîtrise du coût de la dette et financement d’investissements susceptibles de renforcer durablement l’économie.

