L’amélioration des finances publiques égyptiennes ouvre la voie à une réduction progressive du poids de la dette et de son coût de financement. Dans son évaluation publiée le 16 octobre 2026, Moody’s Ratings a relevé d’un cran la note souveraine du pays, de Caa1 à B3, en monnaie locale comme en devises, tout en maintenant une perspective positive.
Des indicateurs budgétaires en nette amélioration
La dette publique est passée de 95,2 % du produit intérieur brut (PIB) en juin 2023 à 81,8 % en juin 2026. Sur le dernier exercice fiscal, clos en juin, l’excédent budgétaire primaire a atteint 4,9 % du PIB, contre 3,5 % un an auparavant — soit 4,1 % hors recettes exceptionnelles. Les recettes fiscales ont progressé, soutenues notamment par l’amélioration du recouvrement, le renforcement du civisme fiscal et la réduction des exonérations.
La charge des intérêts reste toutefois un frein majeur. Elle absorbait environ 59 % des recettes publiques en 2026, contre 63 % l’exercice précédent. Cette dépense limite les ressources disponibles pour les investissements et les politiques publiques, et la soutenabilité de la dette égyptienne demeure, selon l’agence, parmi les plus fragiles de sa catégorie de notation.
Moody’s prévoit que la dette publique pourrait passer sous 70 % du PIB d’ici à la fin de la décennie, tandis que les intérêts pourraient représenter 50 % des recettes de l’État. Ces projections reposent sur la poursuite de l’assainissement budgétaire après l’expiration du programme actuel du Fonds monétaire international (FMI), prévue en décembre 2026. L’agence anticipe le maintien d’excédents primaires légèrement inférieurs à 5 % du PIB à moyen terme.
Le cap des réformes monétaires et structurelles
Le changement de régime de change, engagé en mars 2024, constitue le second moteur de la décision. La livre égyptienne a été laissée à l’ajustement face au choc pétrolier et à la crise de confiance liées au conflit au Moyen-Orient, sans ponction sur les réserves : celles-ci atteignaient 57 milliards de dollars en septembre 2026, contre 52 milliards fin 2025. Les investisseurs étrangers sont revenus sur la dette locale, les transferts des Égyptiens de l’étranger et les recettes touristiques compensant le recul de celles du canal de Suez.
Le maintien de la perspective positive reflète la possibilité d’une nouvelle amélioration de la notation si la baisse de l’endettement et des coûts de financement se confirme. Moody’s la conditionne à une détente plus rapide des taux domestiques, à la poursuite des privatisations et à un redressement des revenus du canal de Suez et de la production d’hydrocarbures. Les plafonds de notation du pays ont par ailleurs été relevés, à Ba3 en monnaie locale et B2 en devises.

