Mauritanie : énigmatique mandat d’arrêt requis contre le banquier Mohamed Bouamatou

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Après plus d’une semaine  marquée par une série d’arrestations et d’interpellations, la justice mauritanienne semble être passée à la vitesse supérieure dans  le cas de l’homme d’affaires Mohamed Bouamatou, en exil au Maroc depuis plus de cinq  ans. 

 

[private]  En effet, une audition d’envergure a eu lieu, jeudi 30 août, au palais de justice. Le procureur a entendu  près  d’une dizaine de personnes et  requis  plusieurs mandats de dépôt et d’arrêts.   Néanmoins  le juge n’a validé que le mandat de dépôt concernant Mohamed Ould Ghadda, sénateur appartenant à la majorité présidentielle,  qui s’était illustré par une opposition frontale au projet du référendum de changement de la constitution et qui avait notamment diligenté une commission d’enquête du Sénat sur les marchés publics dont les conclusions mettaient la lumière sur des  liens supposés entre le pouvoir et le secteur privé.

Accusé de «corruption et réception de pots de vin», le sénateur Ould Ghadda est en garde à vue depuis le 12 août.  L’ensemble  des  personnes auditionnées sont “présumées” entretenir des liens avec   Mohamed Bouamatou, cousin du président Mohamed Abdel Aziz,  tombé en disgrâce pour des raisons jusque-là inconnues et en exil au Maroc.  En tout, 11 mandats d’arrêts  ont été  requis pour 11 autres  sénateurs mais aussi contre  diverses personnalités dont Ahmed Ould Debagh, vice-président du groupe Bouamatou. La chanteuse et sénatrice Malouma Mint Meïdah, entendue puis  finalement mise sous contrôle judiciaire pour “corruption reçue”. Des journalistes et des syndicalistes sont concernés par cette vague de suspicion qui n’a pas encore livré ses contours.

Ainsi, le procureur a demandé un contrôle judiciaire pour 3 journalistes ainsi que pour  la directrice d’un site d’informations sur le web  et plusieurs leaders syndicaux. Si les mauritaniens ont voté en faveur du “oui” au changement de la constitution à une écrasante victoire, avec 85% des voix et un taux de participation d’environ 54%, il semble qu’une autre pièce se joue désormais dans l’ombre. L’opinion publique mauritanienne ne connaît toujours pas la nature des griefs retenus contre Mohamed Ould Bouamatou.[/private]

 

 

 

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