Apres le Burundi et l’Afrique du Sud, c’est autour de  la Gambie d’annoncer son retrait de la Cour Pénale internationale (CPI). « A partir de ce jour, mardi 25 octobre, nous ne sommes plus membres de la CPI et avons entamé le processus prescrit par le statut fondateur pour nous en retirer ». C’est ce qu’a dit  Sheriff Bojang, ministre gambien de l’information dans une déclaration télévisée ce 25 octobre.

Dans son speech, le ministre gambien de l’information accuse la CPI de persécuter les africains et leurs dirigeants. Selon lui, « au moins 30 pays occidentaux ont commis des crimes de guerre » depuis la création de cette juridiction sans être inquiétés.

Cinq jours auparavant, le 21 octobre dernier, l’Afrique du Sud annonçait sa volonté de quitter la juridiction internationale. Dans une lettre adressée aux Nations Unies signée par la ministre des Relations internationales, Maite Nkoana-Mashabane, Pretoria estime que « ses obligations au regard de la résolution pacifique des conflits étaient parfois incompatibles avec l’interprétation donnée » par la CPI.

De son coté, le Burundi avait ouvert le bal début d’octobre en décidant de se retirer de la CPI. L’annonce a été faite à la radio nationale par le vice-président burundais Gaston Sindimwo. Selon lui, le Burundi est prêt à subir toutes les conséquences qui découleront de son retrait de la Cour pénale internationale.

En janvier dernier, certains pays africains sur une proposition du Kenya soutenue par le tchadien, Idriss Deby Itno alors président en exercice de l’Union Africaine (UA), avaient fait part lors du sommet de l’UA de leur intention de quitter la CPI. Ces pays estiment que la CPI ne cible que les dirigeants africains.

Cette cascade d’annonces de retrait de la CPI est vivement déplorée par la FIDH (fédération internationale des droits de l’homme) et ses partenaires. Dans une déclaration, la FIDH  demande à ces pays de ne pas se retirer de la CPI : « Rejetez l’impunité, ne vous retirez pas de la CPI », rappelant  que c’est une organisation vitale car elle a été ratifiée par 124 Etats.

« Nous souhaitons rappeler avec force que la Cour pénale internationale, qui ne peut intervenir que lorsque la justice nationale, là où les crimes ont été perpétrés, n’a pas la capacité ou la volonté de rendre justice aux victimes, doit aspirer à l’universalité », peut-on lire dans la déclaration de la FIDH.

Selon cette fédération, si, dans les premières années de son existence, la CPI a ouvert des enquêtes visant des pays africains, c’est parce que ces Etats avaient dans leur grande majorité décidé, dès 1998, de soutenir sa création en ratifiant largement le Statut de Rome. « Ce sont aussi de nombreux États africains qui ont saisi la CPI des crimes les plus graves commis sur leur sol », ont déclaré les défenseurs des droits humains.

L’enquête ouverte sur les crimes commis en Géorgie, et les avancées dans les examens préliminaires ouverts sur l’Afghanistan, la Palestine, l’Ukraine et Iraq, nous édifiera sur  la direction que vise à prendre la politique pénale du Bureau du Procureur de la CPI à l’avenir.

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