Le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque centrale du Congo (BCC) a décidé d’abaisser son taux directeur de 13,5 % à 12,5 %, soit une réduction de 100 points de base, à l’issue de sa session ordinaire tenue le 17 juillet 2026 sous la présidence du gouverneur de la BCC. La Banque centrale a également réduit le taux de la facilité de prêt marginal de 17,5 % à 16,5 %.
Le CPM a, par ailleurs, introduit une nouvelle maturité de 252 jours pour les Bons BCC afin de renforcer la gestion de la liquidité bancaire. Les coefficients de réserve obligatoire demeurent inchangés : 10,5 % pour les dépôts à vue en monnaie nationale, 0 % pour les dépôts à terme en francs congolais, 11,5 % pour les dépôts à vue en devises et 10,5 % pour les dépôts à terme en devises.
Sur le plan international, la Banque centrale relève que l’économie mondiale devrait poursuivre sa croissance malgré un environnement marqué par des incertitudes persistantes. La croissance mondiale est attendue à 3,0 % en 2026, contre 3,5 % l’année précédente, tandis que l’inflation mondiale devrait se stabiliser autour de 4,7 %. En République démocratique du Congo, les perspectives restent favorables, avec une croissance économique projetée à 5,7 %, soit un niveau supérieur à la moyenne attendue de 4,3 % en Afrique subsaharienne.
Selon le communiqué de la BCC, l’inflation demeure sous contrôle, bien qu’elle ait légèrement progressé au deuxième trimestre. Le taux d’inflation annuel s’est établi à 2,9 %, contre 2,2 % au trimestre précédent, tandis que l’inflation cumulée a atteint 4,8 % à fin juin, contre 2,3 % à fin mars. Cette évolution est principalement attribuée à la hausse des prix des carburants, à l’augmentation des coûts logistiques des produits importés et aux anticipations des opérateurs économiques.
Le taux de change est resté globalement stable, le franc congolais s’étant apprécié de 1,95 % sur le marché interbancaire. Dans le même temps, les réserves internationales ont progressé à 8,18 milliards de dollars, représentant 3,12 mois de couverture des importations.
Le Comité estime que la réduction du taux directeur permet de maintenir des taux d’intérêt réels positifs tout en soutenant les conditions de financement de l’économie. L’allongement de la maturité des Bons BCC répond, quant à lui, à l’objectif de renforcer la stérilisation de la liquidité excédentaire au sein du système bancaire.
Les projections de la Banque centrale indiquent que l’inflation devrait poursuivre son évolution actuelle et que le taux de change devrait se stabiliser autour de 2 250 francs congolais pour un dollar américain.
Toutefois, le CPM indique rester attentif à plusieurs facteurs de risque susceptibles de peser sur la stabilité macroéconomique. Il cite notamment l’expansion de la liquidité bancaire liée aux dépenses publiques en rapport avec la situation sécuritaire dans l’Est du pays, l’augmentation des dépenses des ménages à l’approche de la rentrée scolaire, ainsi que la hausse des coûts des produits importés en raison des perturbations des chaînes mondiales d’approvisionnement.

