Par Albert SAVANA

Le géant marocain SEFRIOUI déjà présent dans quinze pays a investi
14 millions de dollars dans un  projet novateur de 2500 ha au nord
Sénégal, autour du lac de Guiers. Ils s’agit de la production du manioc
de type industriel pour sa transformation en amidon.
L’idée est de produire de l’amidon in fine et d’implanter une usine de
production à Gnith dans la région nord qui permettra d’offrir au
marché sénégalais 16 000 tonnes d’amidon. Selon les experts en
agriculture irriguée, Il ya actuellement un potentiel foncier de plus
de 30 000 ha irrigables entourés de trois fleuves le Sénégal, le Doué
et le Gelonga appelé le Gaayo.
Malgré un potentiel foncier non négligeable aux plans départemental et
communal, il y a un déficit d’aménagement criant. De même, le rythme d’aménagement fait par l’Etat est très faible.

Depuis 1990, l’Etat n’a fait qu’un aménagement de 380 ha dans la commune. Ce qui pose problème. Malgré sa présence administrative, l’Etat n’a pas su investir dans son espace pour permettre aux populations de travailler
et de vivre sur place.

Il faut rappeler dans la même dynamique qu’Afri Partners du même
groupe Sefrioui déroule présentement sur 10 000 hectares, un énorme
projet agro industriel de production de riz irrigué sur le site de Dodel –Demette (département de Podor).

Dans une récente communication,
le Chef de l’Etat sénégalais s’est personnellement engagé à faire un
suivi régulier de cet investissement stratégique de 50 milliards de fr
cfa, pour l’atteinte de l’autosuffisance du pays en riz.

Ce projet novateur est suivi de très près par les plus hautes autorités. « Nous ne pouvons pas investir plus de 300 milliards  de F CFA pour le désenclavement de l’Ile à Morphil  et laisser les terres de la contrée inexploitées,  c’est l’Etat qui devrait faire les aménagements, alors s’il ya un promoteur qui se présente pour le faire
avec l’accord des populations, l’Etat doit l’accompagner » a dit le Chef de l’Etat lors de la récente visite des Marocains au Sénégal.

Défendant les intérêts des populations polarisées, le Président Sall a
récemment demandé au promoteur d’augmenter la somme allouée au titre
de l’appui budgétaire aux collectivités locales de la zone du projet. Les Marocains ont accédé à la requête présidentielle. Résultat, l’appui budgétaire est finalement passé à 2 milliards de fr cfa par an et les collectivités vont bénéficier de 50 millions de fr cfa  par an au lieu de 25 millions .Pour la main d’œuvre les 1000 emplois promis ont été créés.

Lors d’une tournée de supervision pour le démarrage des études d’impacts environnementaux, Mehdi Zemmama, représentant d’Afri Partners, a expliqué l’enjeu de leur investissement rizicole qui s’élève à 100 millions de dollars (plus de 50 milliards de fr cfa).

En réalité le Sénégal traîne un lourd déficit en riz et importe annuellement des milliers de tonnes  de cette denrée. Autrement dit, le riz est une filière stratégique et le projet s’engage à produire du riz qu’il mettra sur le marché domestique.

Au total le promoteur va produire 115 000 tonnes de riz paddy par an au Fouta car la terre y est argileuse, donc apropriée. Il y aurait plus
de 240 000 ha inexploités et propres à la production de riz dans la zone. Des parcelles villageoises seront aussi aménagées pour permettre
aux populations de produire du riz.

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