Auteur/autrice : Contribution

Les articles parus dans la rubrique «contributions» expriment le point de vue de leurs auteurs. Les contributions externes, validées  par la Rédaction de Financial Afrik en raison de leur utilité sociale, ne reflètent pas forcément la ligne éditoriale du journal. Vous voulez publier un article dans Financial Afrik, suivre le guide de la contribution (https://www.financialafrik.com/2015/02/21/guide-pour-publier-un-article-dans-financial-afrik) et la charte de la rédaction [https://www.financialafrik.com/charte-de-financial-afrik/].

Le Mozambique entre dans une phase décisive de son histoire économique. Doté d’importantes réserves de gaz naturel, de graphite et de minéraux critiques, le pays suscite un intérêt croissant de la part des grandes puissances et des investisseurs internationaux. Mais au-delà de l’attrait de ses ressources, l’enjeu est ailleurs : transformer cette richesse brute en levier durable de croissance, d’industrialisation et d’emplois. Dans cette tribune, Gregory Tosi défend l’idée que le Mozambique peut rompre avec le modèle extractif hérité du passé et s’imposer comme l’une des futures puissances industrielles du continent africain. Par Gregory Tosi* Depuis l’époque coloniale, l’Afrique, riche…

Suite...

Par Demba Moussa Dembélé Economiste La disparition du Pr. Moustapha Kassé est une très grande perte pour le Sénégal et l’Afrique. C’était un grand intellectuel engagé dans le combat pour l’émancipation du continent. J’ai eu l’immense privilège d’être parmi ceux qui l’ont connu et côtoyé pendant de nombreuses années. La Conférence sur la dette du Tiers-Monde Nos pas se sont croisés pour la première fois il y a plus de 25 ans, lors de la préparation de la Conférence internationale sur l’annulation de la dette du Tiers-Monde, sous l’égide de Jubilé Sud, un réseau international regroupant les mouvements sociaux des…

Suite...

Dr Mohamed H’MIDOUCHEÉconomiste, auteur, ancien haut responsable de la BAD Les crises récentes montrent que la résilience d’une banque multilatérale ne se limite plus à la continuité de ses opérations. Elle suppose aussi de préserver le fonctionnement de ses organes statutaires et la légitimité de leurs décisions. À partir des expériences de la BAD, de la BADEA et d’Afreximbank, cette tribune plaide pour faire de la continuité de la gouvernance statutaire une composante à part entière de la résilience institutionnelle. Au-delà de la continuité des opérations Les banques multilatérales de développement occupent une place centrale dans la transformation économique de…

Suite...

À l’heure où la République démocratique du Congo (RDC) cherche à redéfinir sa trajectoire économique, la question de ses instruments de financement devient plus stratégique que jamais. La création annoncée de la Bourse de Kinshasa ne relève pas seulement d’une réforme technique ou institutionnelle : elle pourrait marquer un tournant majeur dans la capacité du pays à mobiliser des capitaux, à renforcer la confiance des investisseurs et à inscrire sa croissance dans la durée. Au-delà de ses implications nationales, cette initiative ouvre également de nouvelles perspectives pour les relations économiques entre la RDC, les États-Unis et les partenaires internationaux. Dans…

Suite...

Fondateur de ChinaBrandPath, Yinghang Wu travaille avec des importateurs, distributeurs et agents — notamment en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale — qui passent de l’achat ponctuel en Chine à la représentation de marques chinoises sur leurs marchés. Il publie ce contenu qui explique ce qui distingue les deux métiers et pourquoi la maîtrise des règles locales (TEC de la CEDEAO, VOC ivoirien, PECAE camerounais, cadre OHADA) constitue un véritable atout de négociation pour les partenaires africains. Pendant des années, « faire la Chine » a signifié une seule chose pour beaucoup de négociants africains : trouver une usine,…

Suite...

Alors que les États-Unis affichent leur volonté de renforcer leur influence en Afrique, leur présence diplomatique sur le continent reste incomplète, estime Greg Tosi, avocat et lobbyiste basé à Washington. Dans plus de 40 pays africains, constate-t-il, Washington ne dispose pas d’ambassadeur confirmé, y compris dans plusieurs États clés sur les plans économique, sécuritaire et politique. Cette situation dépasse la seule question administrative, et affecte la capacité des États-Unis à entretenir un dialogue de haut niveau, à accompagner les investissements et à défendre durablement leurs intérêts, indique l’auteur de cette tribune. Par Greg Tosi Les États-Unis cherchent à étendre leur…

Suite...

Par Léonce Ndikumana Pour l’Afrique, la reprise à New York, le 3 août prochain, des négociations onusiennes en vue d’une convention sur la coopération fiscale internationale représente un enjeu capital, qui dépasse de loin les seuls arbitrages techniques. Le continent subit de plein fouet une accumulation sans précédent de crises : rivalités entre grandes puissances, conflits armés et fragmentation de l’ordre mondial, le tout aggravé par un demi-siècle de fuite des capitaux et de flux financiers illicites. Depuis le lancement de la guerre contre l’Iran en février, le détroit d’Hormuz, une artère vitale par laquelle transite une part majeure du…

Suite...

Le Sénégal comme illustration d’un nouveau paradigme de reconstruction productive Par Dr Papa Demba Thiam Le Caucus des Gouverneurs africains du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international constitue chaque année un moment privilégié de réflexion sur les défis économiques du continent. L’édition 2026, organisée à Banjul, intervient dans un contexte particulier. Partout en Afrique, les gouvernements recherchent simultanément la stabilité macroéconomique, la soutenabilité de la dette, la relance de l’investissement, la création d’emplois et la transformation structurelle de leurs économies. Le Sénégal illustre parfaitement cette situation. La reprise des discussions avec le Fonds monétaire international offre…

Suite...

Par Ilyes Zouari, Président du CERMF (Cercle d’étude et de réflexion sur le monde francophone). Selon le dernier classement de la Banque africaine de développement, le Sénégal et la Côte d’Ivoire sont les pays les plus industrialisés de l’espace CEDEAO, et les seuls représentants de l’Afrique de l’Ouest au sein du top 10 africain. Ils devancent nettement le Nigeria et le Ghana, et dépassent également tous les pays d’Afrique de l’Est continentale. Cette performance résulte d’un environnement plus favorable aux affaires, à l’investissement et à l’industrialisation.  Dans son dernier rapport sur l’industrialisation en Afrique, publié le 24 mai et intitulé…

Suite...

Par Aboubakr Kaira Barry, CFA, Directeur général, Results Associates, et Président de l’Omou Financial Literacy Center, Bethesda, Maryland, USA La balance des paiements de la Guinée — le tableau de bord annuel de l’argent qui entre et qui sort du pays, exprimé en dollars américains (US$) — raconte une histoire plus complexe que le récit habituel du boom minier. Elle montre combien d’argent entre en Guinée, toutes sources confondues et pas seulement les mines, et combien en sort par les importations, les sorties de profits et d’autres paiements. Les investisseurs étrangers misent clairement gros sur la Guinée. Entre 2020 et…

Suite...

Par Lansana Gagny Sakho Le Projet de Code du travail 2026 du Sénégal peut être lu de deux manières. La première, rassurante, consiste à y voir une réforme de progrès social, qui modernise le droit du travail, renforce la protection des salariés et améliore l’image internationale du Sénégal. La seconde, plus lucide, révèle un texte adopté dans un contexte où la compétitivité régionale est devenue féroce et où chaque charge supplémentaire doit être compensée par des gains équivalents de productivité, de simplification et de stabilité. Dans un pays où les grèves sectorielles sont déjà fréquentes, l’adoption d’un Code du travail plus protecteur, plus contraignant et plus coûteux doit être analysée avec une…

Suite...

Par Andy Shima À l’heure où les tensions géopolitiques fragilisent les équilibres internationaux et où le multilatéralisme est régulièrement contesté, les Institutions héritées de l’après-guerre semblent chercher un nouveau souffle. Dans ce paysage incertain, l’Organisation internationale de la Francophonie tente de se réinventer, passant progressivement d’un espace centré sur la langue à un acteur plus large de coopération politique, économique et numérique. À sa tête, Louise Mushikiwabo imprime depuis 2019 une vision qui donne élan et ambition à une Institution en pleine mutation. Le monde contemporain traverse une phase de recomposition profonde. Les conflits armés se multiplient, les rivalités entre…

Suite...

Par Dr Mohamed H’MIDOUCHE Expert international et observateur des dynamiques africaines Porté par la victoire du Maroc face aux Pays-Bas et par la ferveur des supporters africains dans les stades, le football du continent affirme une nouvelle confiance. Au-delà de l’exploit sportif, cette Coupe du monde 2026 révèle une conviction désormais assumée : l’Afrique peut rivaliser avec les grandes nations du football mondial, à condition de transformer son talent, sa passion et ses coups d’éclat en puissance durable. Une victoire marocaine à portée continentale La victoire du Maroc face aux Pays-Bas n’est pas seulement une qualification. Elle est une démonstration.…

Suite...

Par Abderrahmane Mebtoul – Professeur des universités, expert international, docteur d’État (1974), expert-comptable de l’Institut supérieur de gestion de Lille, directeur d’études, expert indépendant ; ministère de l’Énergie/Sonatrach (1974-1979, 1990-1995, 2000-2007, 2013-2015) ; président du Conseil national des privatisations (1996-1999) ; haut magistrat, premier conseiller et directeur général des études économiques à la Cour des comptes (1980-1983) ; président de la Commission Transition énergétique des 5+5 + Allemagne (2019-2021). L’Algérie, les États-Unis, le Qatar et le Nigeria ont adressé une lettre ouverte commune à l’Union européenne, transmise à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, et à Antonio Costa,…

Suite...

Par Blaise Jeutang Ndongmo Kendah, Directeur Général Adjoint  Activa Vie Cameroun Enseignant IIA et ESSFAR Ces dernières années, les compagnies d’assurance vie de la zone CIMA ont progressivement acquis une réputation positive, car elles respectent presque toujours leurs engagements envers les assurés. Ce résultat ne relève pas du hasard, mais d’une gestion actuarielle rigoureuse. Pour garantir le respect de ces engagements, les actuaires utilisent un mécanisme essentiel appelé provisions mathématiques (PM), qui permet aux compagnies d’assurance vie de disposer des fonds nécessaires pour honorer leurs obligations contractuelles. D’après le Code CIMA en son article 334-2, les Provisions Mathématiques sont définies…

Suite...

Dans le débat sénégalais, le FMI cristallise passions, postures et procès d’intention. Pourtant, au-delà des slogans sur la souveraineté économique, une question demeure : quel a été le coût concret de l’absence d’accord avec l’institution ? Entre tensions budgétaires, recours plus coûteux au financement et perte de crédibilité, cette séquence mérite d’être relue à l’aune des faits. C’est à cet exercice que se livre cette analyse Lansana Gagny Sakho, expert de la gouvernance publique et de la performance institutionnelle. Introduction Le débat sur le FMI occupe une place disproportionnée dans l’espace public sénégalais, souvent alimenté par des perceptions plutôt que…

Suite...

Par Ruth Verika NIOBE* À quelques semaines de la 5e session du Comité intergouvernemental de négociation (3–13 août 2026, New York), la Convention-cadre des Nations Unies sur la coopération fiscale internationale entre dans une phase critique. Initiée par le Groupe africain en 2023, les négociations de fond ont démarré en août 2025 et se poursuivront jusqu’en 2027 — avec encore quatre sessions prévues après celle d’août, dont la prochaine à Nairobi du 30 novembre au 11 décembre 2026. Cette initiative bénéficie d’un soutien massif — 110 pays pour, 8 contre, 43 abstentions lors du vote des Termes de Référence en…

Suite...

Par  Dr Cheikh Kanté, ancien ministre d’Etat, professeur associé des universités Depuis les indépendances, l’Afrique subsaharienne a été au centre de plus de 580 sommets, conférences et forums internationaux consacrés au développement. Pourtant, l’architecture de l’aide demeure fragmentée, peu transparente et souvent inefficace. Ce système est progressivement devenu un piège dont les effets nocifs sont aujourd’hui dénoncés par une nouvelle génération d’intellectuels, d’économistes et de décideurs africains. Si le dernier sommet du G7 s’inscrit dans la continuité de nombreux sommets internationaux traitant du développement de l’Afrique, il n’introduit pas de rupture structurelle dans la gouvernance de l’aide ni dans les…

Suite...

Par Aboubakr Kaira Barry, Directeur général, Results Associates, et Président du conseil d’administration du Omou Financial Literacy Center, Bethesda, Maryland, États-Unis Le problème fondamental du Sénégal n’est pas le niveau de sa dette ; c’est le manque de visibilité sur les ressources de l’État. On ne peut pas gérer ce qu’on ne peut pas voir. Vitor Gaspar, ancien directeur du département des finances publiques du FMI, a souligné que la plupart des gouvernements ne savent pas réellement ce qu’ils possèdent ni ce qu’ils doivent. Cet article soutient que le ratio dette/PIB est une mesure trompeuse de la solvabilité du Sénégal,…

Suite...

Par Dr Mohamed H’MIDOUCHE L’intelligence artificielle créative transforme déjà la vidéo, le jeu vidéo, l’animation, la caricature numérique, la publicité, l’éducation et les industries culturelles. Pour l’Afrique, l’enjeu dépasse l’adoption technologique : il s’agit de savoir si le continent saura mobiliser les investissements, financer ses talents, protéger ses données culturelles, valoriser ses langues et maîtriser son récit à l’ère des plateformes et des modèles génératifs. La problématique : créer de la valeur sans perdre la maîtrise du récit L’intelligence artificielle entre dans une nouvelle phase. Après avoir été principalement associée à l’automatisation, aux modèles de langage et à l’aide à…

Suite...

Par professeur Amath Ndiaye, FASEG – UCAD. Le Document de Programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2027-2029 marque un retour à un certain réalisme dans la conduite des finances publiques. En repoussant à 2029 l’objectif de ramener le déficit budgétaire à 3 % du PIB, le Gouvernement adopte une trajectoire plus crédible au regard de l’ampleur des déséquilibres budgétaires et des contraintes de financement auxquelles le Sénégal est confronté. Toutefois, ce réalisme budgétaire s’accompagne d’une révision significative des ambitions de croissance. Le référentiel Vision Sénégal 2050 et sa Stratégie nationale de développement (SND 2025-2029) visent une croissance annuelle moyenne du…

Suite...

Par Théophane Mokoko, économiste et analyste financier / spécialiste des politiques publiques L’Afrique centrale possède l’une des plus importantes concentrations de capital naturel carbone au monde. Pourtant, cet actif demeure encore faiblement intégré aux systèmes de finances publiques. Cet article analyse la manière dont les technologies du Big Data peuvent transformer structurellement la valorisation, la crédibilité et la monétisation des crédits carbone en Afrique centrale, avec un focus particulier sur la République du Congo. Au-delà de l’approche conceptuelle, cette étude intègre une simulation pratique illustrant comment un suivi du carbone fondé sur les données peut accroître de manière significative les…

Suite...

Par Franz Drees-Gross, directeur des Infrastructures pour l’Afrique de l’Ouest au sein du Groupe de la Banque mondiale ; et Wale Shonibare, directeur du pôle Solutions financières, politiques et réglementations énergétiques du Groupe de la Banque africaine de développement. Mission 300, une initiative pilotée par le Groupe de la Banque mondiale et le Groupe de la Banque africaine de développement visant à raccorder 300 millions de personnes à l’électricité en Afrique d’ici 2030, vient de franchir une étape remarquable. Plus de 50 millions de personnes ont été raccordées à l’électricité depuis le lancement de l’initiative et ont commencé à suivre les…

Suite...

Candidate de la République Démocratique du Congo au poste de Secrétaire générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie, Juliana Amato Lumumba estime que «la Francophonie doit devenir une puissance économique». Lire sa tribune. LA FRANCOPHONIE DOIT DEVENIR UNE PUISSANCE ÉCONOMIQUE Lorsque l’on parle de Francophonie, on pense spontanément à une langue, à une histoire partagée, à une communauté de valeurs. On oublie souvent qu’elle constitue aussi l’un des plus grands espaces économiques du monde. Près de 390 millions de locuteurs, 20 % du commerce mondial de marchandises, plus de 16 % du PIB mondial : la Francophonie est déjà une réalité économique. Pourtant, elle n’agit…

Suite...

Par Issa Malgoubri, Président-Directeur Général de SGI Image Finances Internationales, Arrangeur principal et Chef de file de placement Le premier Sukuk de l’État du Burkina Faso n’est pas seulement une innovation financière. C’est un appel national, régional et international à financer la souveraineté économique par l’éthique, l’économie réelle et la confiance. Il y a des opérations qui mobilisent des ressources. Et il y a des opérations qui mobilisent une Nation. Le lancement du FCES SUKUK BURKINA RENAISSANCE 6,80% 2026-2035 appartient à cette seconde catégorie. Avec cette émission de 75 milliards FCFA, structurée sous la forme d’un Fonds Commun d’Émission de…

Suite...

:Par Ismael Sy , Journaliste, correspondant de Financial Afrik à Casablanca  A notre sensi, la pensée selon laquelle l’intellectuel devrait être au service des défavorisés présente des limites. L’histoire du monde n’est que rapport de classe et reproduction de rapports de classe. Un intellectuel au service des faibles peut participer à la construction d’un autre système de rapports de classe. L’histoire de certains régimes communistes a montré comment certains intellectuels qui ont pensé soutenir une forme de justice sociale se sont réveillés avec un goût amer dans la bouche. Comment les faibles d’hier se sont transformés en tyrans d’aujourd’hui. Ces…

Suite...

Par Pr. Abderrahmane MebtoulProfesseur des universités, docteur d’État en économie, expert-comptable diplômé de l’Institut supérieur de gestion de Lille, ancien directeur général des études économiques et ancien premier conseiller à la Cour des comptes. La décision prise le 19 juin 2026 par le Groupe d’action financière (GAFI) marque une étape importante pour l’Algérie. Réunie en séance plénière à Paris, l’organisation internationale chargée de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) a officiellement retiré l’Algérie de sa liste des juridictions placées sous surveillance renforcée, communément appelée « liste grise ». La Namibie bénéficie également de cette décision. Cette évolution…

Suite...

Par Pr Amath NDIAYE , FASEG-UCAD. Le débat sur la dette publique sénégalaise a donné lieu à l’utilisation de plusieurs expressions — dette cachée, dette non déclarée, fausses déclarations statistiques (misreporting) ou encore dette odieuse — qui ne recouvrent pas les mêmes réalités. Les trois premières renvoient globalement au même phénomène : l’existence d’engagements financiers qui n’ont pas été correctement enregistrés ou déclarés dans les statistiques officielles. La notion de dette odieuse, en revanche, relève d’une problématique différente, davantage juridique et politique. *Ce qu’a constaté la Cour des comptes* La Cour des comptes n’utilise pas systématiquement l’expression « dette cachée ».…

Suite...

Par Joëlle TRAORÉ, docteure en droit fiscal de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. ZONES ÉCONOMIQUES SPÉCIALES EN ÉTHIOPIE En avril 2024, l’Éthiopie a adopté la Proclamation n° 1322/2024, abrogeant le régime des parcs industriels issu de la Proclamation n° 886/2015. Ce texte institue un nouveau cadre juridique pour les zones économiques spéciales (ZES), élargit leur périmètre sectoriel et renforce les incitations fiscales offertes aux investisseurs. Pour un investisseur, la question n’est pas tant de savoir ce que prévoit le texte, que d’évaluer ce que le mécanisme fiscal produit réellement sur la décision d’implantation. Un changement de cadre, pas seulement de terminologie…

Suite...

À l’ère de l’économie de l’attention, la réputation d’un pays est devenue un actif stratégique aussi précieux que ses ressources naturelles. OPTIMISME STRATÉGIQUE L’Afrique que nous bâtissons – Par Thione Niang « Penser l’Afrique. Inspirer l’action. Construire l’avenir. » L’Afrique possède les plus grandes richesses naturelles de la planète, la population la plus jeune du monde et un potentiel économique exceptionnel. Pourtant, malgré ces atouts incontestables, nombre de nos pays continuent d’être définis par des récits construits ailleurs. Pendant des décennies, nous avons exporté nos matières premières tout en laissant d’autres façonner notre image. Or, dans un monde où la…

Suite...

Par Issa Cheiguer La controverse sur les carburants a eu au moins un mérite : elle a tiré de son silence la politique économique mauritanienne. Elle a forcé des choix à s’exprimer, des chiffres à circuler, des positions à se confronter. Je l’ai rejointe dans une première contribution. J’y reviens aujourd’hui, non pour rouvrir le même dossier, mais pour regarder plus loin : vers les fondamentaux de l’économie, vers les promesses du gaz, vers un filet social dont les chiffres les plus récents révèlent une réalité plus large qu’on ne le pensait. Je n’écris toujours qu’en citoyen attentif, sans autre…

Suite...

Dr Beringer GLOGLO – Économiste, ancien conseiller auprès de la Direction généraleM. Gilbert NYATANYI – Counsel chez Janson, ancien Directeur général du Fonds souverain du Rwanda Le déficit de financement du développement en Afrique demeure l’un des défis les plus structurants auxquels le continent est confronté. Les enjeux sociaux sont immenses, tandis que l’environnement financier mondial devient de plus en plus fragmenté et contraint. Selon la Banque africaine de développement (BAD, 2024), l’Afrique devra mobiliser 495,6 milliards de dollars par an, soit environ 17 % de son PIB projeté pour 2024, jusqu’en 2030 afin d’accélérer sa transformation structurelle et de…

Suite...

Après avoir montré, dans « Du naira au franc, la même servitude », que le régime monétaire ne décide pas du sort productif d’une économie, puis cerné, dans « Ce que la monnaie ne peut pas faire », les limites de l’instrument monétaire lui-même, l’économiste Dr Chérif Salif SY aborde une question que ces deux constats laissent ouverte : sur quel terrain la dépendance devient-elle lisible, et décidable ? Ce terrain a un nom, le change. Par Dr Chérif Salif Sy La monnaie n’est pas un instrument neutre que l’État manie pour stabiliser les prix : c’est un rapport social,…

Suite...

Vers un État stratège orchestrateur du capital Par Antoine Christian Gomis, Founder, Bridge Africa Capital Le Sénégal entre dans une phase critique de son développement économique : les besoins en infrastructures continuent d’augmenter alors que la capacité du bilan souverain à les financer se réduit progressivement. Depuis plus d’une décennie, la transformation du pays a reposé sur un modèle relativement classique : l’État emprunte, l’État construit, l’État porte l’essentiel du risque financier. Ce modèle a permis des avancées importantes dans les infrastructures routières, portuaires, énergétiques et logistiques. Mais il atteint désormais ses limites. La dette publique sénégalaise, révisée à la…

Suite...

L​e 29 mai 2026, Abdoulaye, « Gorgui », « le vieux » en wolof, a eu 100 ans. À cette occasion, le gouvernement sénégalais rend hommage à cette personnalité politique dont l’héritage transcende les divisions politiques les 4 et 5 juin 2026. La commémoration a été décalée, car elle coïncidait auparavant avec l’Aïd el-Kebir – la fête de la Tabaski, l’Aïd el-Adha. Par Eric Topona, Journaliste, Écrivain, Ancien secrétaire général de l’Union des journalistes tchadiens (UJT). Des anniversaires, il en est qui ont une dimension symbolique toute particulière. Car ils célèbrent une longévité dont nous ne sommes pas coutumiers. C’est le cas de ces rares personnes qui peuvent revendiquer et s’enorgueillir de…

Suite...

Par Eric Topona, Journaliste, Écrivain, Ancien secrétaire général de l’Union des journalistes tchadiens (UJT). ​Le 31 mai 2026, un pétrolier du nom de Tagor a été arraisonné par la marine française en Atlantique. Ce bateau était associé à la ​« flotte fantôme ​» russe ​(réseau de tankers utilisés pour contourner les sanctions liées à la guerre en Ukraine). Il naviguait sous un pavillon suspect ou falsifié, ce qui a justifié l’intervention. ​ Éric Topona, journaliste, revient sur les « flottes fantômes ​» et l’usurpation des pavillons africains. Depuis l’imposition des sanctions occidentales en raison de sa guerre d’agression en Ukraine, la Russie n’a de cesse de vanter la bonne…

Suite...

Par Raphael Nkolwoudou, Docteur en droit PhD), Juriste Senior en droit du numérique et Contract Manager, Teragone Solutions – Paris, France.  Imaginons un hôpital de campagne au nord du Mozambique, après un cyclone. Les routes sont coupées, les antennes-relais gisent à terre, et le seul lien avec le monde extérieur est un mince faisceau montant vers un essaim de satellites basse orbite. Cette scène, vécue récemment lors du cyclone Idaï, résume la promesse des constellations satellitaires : offrir une communication fiable quand tout s’effondre autour. Pour l’Afrique, ce n’est pas un luxe. C’est une nécessité. Le continent reste très exposé aux orages violents, aux…

Suite...

Par Soukeyna LY, Ingénieure en énergie et macroéconomiste ; Fondatrice du think tank PRONA FUTURES; Montréal, 8 juin 2026. Alors que le Sénégal cherche à restaurer sa crédibilité macroéconomique auprès de ses partenaires financiers, la question des subventions énergétiques s’impose comme l’un des arbitrages les plus sensibles des prochaines années. Le pays n’a plus le temps de s’inscrire dans des débats uniquement théoriques. Avec une dette publique désormais estimée à plus de 130 % du PIB (selon les estimations 2026, après la découverte d’engagements non déclarés), un service de la dette qui absorbe une part croissante des recettes de l’État,…

Suite...

Par Jean Philippe MEIYE, Analyste des enjeux numériques, éducatifs et stratégiques africains, Ancien Directeur Général Adjoint de l’ANINF (Gabon), Docteur de l’Institut National Polytechnique de Grenoble (France). Pourquoi l’Afrique risque de rester dépendante malgré ses investissements numériques massifs ? Cet article est extrait de l’ouvrage que je consacre actuellement aux enjeux de souveraineté numérique et de capital humain en Afrique. À travers cet essai, j’ai souhaité partager une conviction née à la fois de l’observation, de l’expérience institutionnelle et de la réflexion stratégique : l’Afrique ne pourra bâtir une véritable souveraineté numérique durable si elle continue de concentrer l’essentiel de ses…

Suite...

Par Abderrahmane Mebtoul, Professeur des universités, expert international  docteur d’Etat 1974 en management stratégique  La Coupe du monde 2026 est conjointement organisée par trois pays :  les  Etats-Unis, le Canada et le Mexique  C’est la première fois dans l’histoire de la compétition que trois nations s’associent pour accueillir le tournoi, qui rassemble un format record de 48 équipes. Les pays organisateurs ont  fait les choses en grand. Les infrastructures et la logistique ont permis aux équipes de se concentrer uniquement sur le jeu. Le sport comme la musique et la culture sont des facteurs de rapprochement des peuples.  Si chaque équipe brandit avec fierté et passion son drapeau, avec le…

Suite...

Réagissant à la parution de l’ouvrage « premier lexique bancaire et financier Français-Pulaar », Seybatou Aw, président de la compagnie de réassurance Aveni Ré estime que « nos langues africaines portent en elles la capacité d’exprimer le monde d’hier comme celui de demain ». Voici sa lettre intégrale adressée à Alassane Ba, l’auteur de l’ouvrage. Cher Alassane, À la lecture du beau témoignage de notre aîné Mamadou Oumakala, une profonde émotion m’a envahi. Ses mots ont ravivé en moi les souvenirs d’une époque qui a façonné notre génération, celle des solidarités naturelles et des amitiés sincères forgées dans les épreuves de la vie villageoise. J’y ai…

Suite...

Par Chérif Salif Sy, économiste-politiste, Dakar. Tribune faisant suite au volet sur le naira et le franc CFA. J’ai soutenu, dans un premier texte, que le naira et le franc CFA enchaînent les mêmes peuples à la même servitude, par-delà l’opposition de leurs régimes. Cette thèse a sa contrepartie, qu’il faut maintenant énoncer de front. Si deux monnaies que tout sépare produisent une dépendance identique, c’est que la monnaie n’est pas la cause première de notre blocage. On me dira que je vais trop loin, que les modalités de création monétaire orientent et conditionnent les structures productives. C’est confondre le…

Suite...

Par professeur Amath Ndiaye, FASEG/UCAD Dans le débat public africain, le Fonds monétaire international (FMI) est souvent présenté comme un instrument de domination de l’Afrique au service des grandes puissances occidentales. Cette perception s’explique en partie par les souvenirs des programmes d’ajustement structurel des années 1980 et 1990. Mais lorsqu’on examine les faits, cette affirmation apparaît largement discutable.  *Une institution mondiale*  Le FMI est une organisation internationale créée en 1944 pour contribuer à la stabilité financière mondiale. Il compte aujourd’hui 191 États membres et intervient sur tous les continents. Son rôle principal est d’aider les pays confrontés à une crise…

Suite...

Par Beatrice Blondin Diop, Fondatrice et directrice générale Béaba L’entrée du Sénégal dans le cercle des pays producteurs de pétrole et de gaz marque un tournant historique. Avec le projet pétrolier Sangomar, opéré par Woodside, et le projet gazier Greater Tortue Ahmeyim, opéré par BP à la frontière sénégalo-mauritanienne, notre pays ne découvre pas seulement une nouvelle source de revenus publics. Il découvre surtout une question stratégique : comment faire en sorte que l’exploitation de nos ressources naturelles ne se traduise pas uniquement par des exportations, des recettes fiscales et des communiqués de performance, mais par une transformation réelle du tissu…

Suite...

Par Dr Mohamed H’MIDOUCHE Après le réengagement historique de la Banque mondiale dans le nucléaire civil, l’Afrique dispose d’une fenêtre stratégique pour inscrire les SMR dans un nouveau pacte financier de l’énergie pilotable. À condition de préparer les projets avec rigueur, de bâtir une doctrine africaine responsable et de faire du nucléaire sûr non pas un privilège de puissance, mais une option ouverte au service de l’industrialisation, de la souveraineté numérique et de la justice énergétique. Dans une précédente tribune publiée dans Financial Afrik le 22 mars 2026, nous avions souligné que les Small Modular Reactors — SMR — pouvaient…

Suite...

Par Dr. Ananou Foly, Économiste & Dr. Gloglo Beringer, Économiste Le paradoxe de départ Fin 2024, le Sénégal et le Bénin offrent deux trajectoires macroéconomiques radicalement opposées. Le Sénégal révèle l’une des plus importantes dissimulations de dette de l’histoire du continent : un ratio dette/PIB réel de 99,7 % contre 74,4 % déclaré, un déficit budgétaire moyen de 11 % du PIB sur 2019-2023 contre 4,9 % affiché, et environ 7 milliards de dollars de dette cachée selon le FMI. Le Bénin, lui, affiche une croissance de 7,5 %, un déficit ramené à 3 % du PIB, une notation S&P à BB- avec perspective positive. L’écart…

Suite...

Par Ghislain KAPSSU, Managing Partner – Kompt Capital West Africa S.A. Pendant plusieurs décennies, le débat sur le financement des infrastructures en Afrique s’est concentré sur les grands projets structurants : barrages hydroélectriques, autoroutes, ports, aéroports ou réseaux nationaux d’énergie. Ces actifs jouent naturellement un rôle essentiel dans la transformation économique du continent et mobilisent l’attention des bailleurs internationaux, des banques multilatérales de développement et des marchés de capitaux. Pourtant, cette focalisation sur les méga-projets tend à occulter un autre enjeu, tout aussi déterminant pour le développement économique et social : celui des infrastructures de proximité. Un déficit qui ne…

Suite...

Par Abd’El Kader NDIAYE, Président de  la CNES Le Sénégal parle souveraineté. Le Sénégal parle refondation. Mais le Sénégal oublie ses entreprises. Depuis l’avènement du nouveau régime, un constat s’impose : les autorités publiques snobent le secteur privé à tous les échelons de la hiérarchie. Ce silence est d’autant plus assourdissant que la conjoncture l’exige. Les opérateurs économiques font face, seuls, à un triple fardeau : la dette intérieure de l’État, dont les promesses de règlement s’empilent sans suite ; la fronde sociale, nourrie par le non-respect des engagements du Pacte national de stabilité sociale ; et l’absence totale de…

Suite...

Par Issa CHEIGUER Je n’écris pas ici en expert patenté, ni au nom d’une quelconque chapelle. Je suis un citoyen attaché aux questions économiques de notre pays, qui souhaite verser modestement sa part au débat. Mon ambition n’est pas de trancher, mais de clarifier les termes et de vérifier les chiffres. Chacun jugera ensuite sur pièces. Une décision sur le prix du carburant n’est jamais une simple ligne dans un tableau. Elle touche le panier de la ménagère, le coût du transport, le prix du pain. Elle dit aussi quelque chose de l’État : jusqu’où protège-til, et à quel moment…

Suite...

Par Abderrahmane Mebtoul  docteur d’Etat 1974- management stratégique -expert international Cette problématique de la valeur de la  monnaie  algérienne est liée à l’importance de la sphère informelle, dominante en Afrique,   qui n’est pas propre  à l’en Algérie  qui selon la Banque d’Algérie  représente environ 30 % du PIB national  échappant  au contrôle fiscal et aux circuits bancaires, drainant  des dizaines de milliards de dollars hors des banques et concentrant  selon certaines sources plus de 4 millions d’emplois. 1.Léconomie algérienne : dominance de la rente des hydrocarbures Alors que l’unité de la monnaie européenne s’échange à 150,62 dinars à l’achat et 150,66 dinars à la…

Suite...