Alors que le Corridor de Lobito passe de l’ambition à la mise en œuvre, Gregory P. Tosi, avocat à Washington D.C. et ancien collaborateur du Congrès américain, s’interroge : qui coordonnera ce mégaprojet sur le long terme ? La gouvernance, éclatée entre États, concessionnaires, banques de développement et bailleurs, reste fragmentée. L’auteur plaide pour une conférence réunissant trois institutions qui ont fait la preuve de leur durabilité — la TVA, l’Autorité du canal de Panama et la Voie maritime du Saint-Laurent — afin de doter le Corridor d’une structure pérenne. Par Gregory P. Tosi* Le Corridor de Lobito passe progressivement…
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Pr Amath Ndiaye, FASEG-UCAD Les dernières données du World Investment Report 2026 de la CNUCED mettent en évidence un retournement spectaculaire des investissements directs étrangers (IDE) au Sénégal. Après plusieurs années de flux exceptionnellement élevés, les IDE se sont brutalement contractés en 2025. Selon la CNUCED, les entrées d’IDE se sont élevées à : – 2020 : 1,846 milliard de dollars ; – 2021 : 2,588 milliards de dollars ; – 2022 : 2,929 milliards de dollars ; – 2023 : 4,790 milliards de dollars ; – 2024 : 3,319 milliards de dollars ; – 2025 : seulement 337 millions…
Par KONÉ Péléni Jonathan Aimé, Docteur en droit bancaire et du crédit, spécialiste du droit bancaire, droit du crédit à la consommation. Attaché temporaire d’enseignement et de recherche (ATER), Université Toulouse Capitole – Centre de Droit des Affaires. Consultant indépendant. Depuis le 1er juin 2026, un nouveau plafond légal encadre le coût du crédit dans les huit États de l’Union économique et monétaire ouest-africaine. Par la Décision n°19/29-12-2025/CM/UMOA, signée à Cotonou le 29 décembre 2025 sous la présidence d’Aboubakar Nacanabo, le Conseil des Ministres de l’Union a redéfini le taux d’usure applicable aux opérations de crédit : 14 % pour les banques, contre 15 % auparavant, et 24…
Par Simpiwe Sim Tshabalala, CEO de Standard Bank Group L’un des arguments récurrents des discours hostiles aux migrants est que les étrangers prennent les emplois, tirent les salaires vers le bas et contribuent peu à la société qui les accueille. Ces affirmations sont, tout simplement, contredites par les faits. Dans l’ensemble, les migrations sont bénéfiques à la croissance économique et favorisent la création d’emplois, estime Sim Tshabalala. Les migrations et les services financiers sont étroitement liés à travers les transferts de fonds, les comptes de transaction, les opérations de change, les portefeuilles mobiles, les réseaux de retrait d’espèces, les paiements…
Par Aboubakr Kaira Barry, CFA, Directeur Général de Results Associates et Président du conseil d’Omou Financial Literacy Center Chaque année, les Sierra-Léonais voient les prix grimper. Le Leone s’affaiblit. La dette publique augmente. Les routes, les écoles et les hôpitaux s’améliorent à peine. Ce n’est pas de la malchance. C’est le résultat prévisible de deux décisions, répétées année après année. L’État crée trop de monnaie. Il s’endette aussi sans que cela se traduise assez souvent par de l’investissement. Qu’est-ce que la « masse monétaire », et pourquoi est-ce important ? La masse monétaire est l’ensemble de la monnaie en circulation…
Par Eric Topona Mohamed Bazoum a été 10ᵉ président du Niger, en fonction du 2 avril 2021 au 26 juillet 2023, date à laquelle il a été renversé par un coup d’État militaire dirigé par le général Abdourahamane Tiani. Trois ans après sa chute, il est toujours détenu avec son épouse, Hadiza Ben Mabrouk Bazoum, dans l’enceinte de la présidence à Niamey. Plusieurs organisations internationales, dont la CEDEAO, des instances de l’ONU, le Parlement européen et Human Rights Watch, demandent sa libération. Le 21 mars 2021, le Niger a clôturé une séquence politique qui aura été saluée dans l’Afrique tout…
Dans cette tribune, Gregory P. Tosi, avocat basé à Washington et ancien conseiller juridique du Congrès des États-Unis, plaide pour une coordination renforcée entre la RDC, l’Angola et la Zambie autour du corridor de Lobito. Selon lui, la réussite de ce projet stratégique dépendra non seulement des infrastructures, mais aussi d’une diplomatie économique commune capable de porter, à Washington, une vision africaine cohérente du développement, de l’investissement et de l’industrialisation. Par Gregory P. Tosi Le corridor de Lobito est entré dans une phase décisive. La réhabilitation et les investissements se poursuivent le long du réseau ferroviaire angolais, tandis que les…
Dans cette tribune, Louis Marie Kakdeu analyse les contradictions du marché automobile camerounais, marqué par la vétusté du parc et le poids persistant des véhicules d’occasion. Alors que des voitures chinoises récentes sont proposées à des prix jugés compétitifs sur le marché international, leur accès au Cameroun reste en effet freiné par les coûts d’importation et les contraintes douanières. L’auteur met en lumière les conséquences de cette situation sur la sécurité routière, l’environnement, les dépenses des ménages et l’économie nationale. Il plaide ainsi pour une réflexion plus large sur le renouvellement du parc automobile et les réformes à engager. Par…
De la gouvernance énergétique à l’intégration monétaire, le 69ᵉ Sommet de la CEDEAO a posé deux jalons structurants pour l’Afrique de l’Ouest Le 69ᵉ Sommet ordinaire de la CEDEAO, tenu le 19 juillet 2026 à Freetown, a consacré deux avancées majeures pour l’intégration régionale : l’endossement de l’Accord intergouvernemental relatif au Gazoduc Africain Atlantique et la confirmation du lancement progressif de la monnaie unique ECO à partir de 2027. La première décision renforce l’architecture institutionnelle d’un corridor énergétique continental ; la seconde relance l’ambition d’une intégration monétaire régionale. Leur crédibilité dépendra désormais de la qualité de leur mise en œuvre. …
Par Christian Din Dika, PDG du Groupe Emrald Securities Services (ESS) Pendant longtemps, l’Afrique centrale a été perçue comme une région dont la croissance reposait essentiellement sur l’exploitation des ressources naturelles. Si le pétrole, le gaz, le bois ou les minerais demeurent des piliers économiques pour le Cameroun, le Gabon, la République du Congo, la Guinée équatoriale, le Tchad et la République centrafricaine, un autre phénomène plus discret et pourtant plus structurant transforme durablement la région, en particulier l’émergence progressive d’un véritable écosystème financier régional. La CEMAC dispose désormais des principaux ingrédients nécessaires à une économie moderne : une banque…
À l’heure où l’Afrique cherche sa place dans la gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle, la question de la souveraineté numérique ne peut se limiter aux déclarations politiques ou aux grands sommets internationaux. Pour Kuate Joël Parfait, ingénieur, entrepreneur et auteur, cette souveraineté se joue d’abord sur le terrain, dans les PME, les compétences locales et les usages concrets de la technologie. À rebours des approches purement institutionnelles, cette tribune défend une vision pragmatique : c’est par la formation, l’investissement productif et l’appropriation de l’IA par les petites entreprises que l’Afrique pourra devenir un acteur à part entière du numérique. Par Kuate…
Dans cette tribune, Gregory P. Tosi, avocat-conseil à Washington et ancien collaborateur du Congrès américain, soutient que l’atout majeur de l’Afrique n’est pas de taxer le passage maritime, mais de convertir sa position géographique en puissance industrielle et logistique. Des ports aux corridors de transport, il plaide pour une stratégie fondée sur la valeur ajoutée, l’investissement privé et l’intégration commerciale. Par Gregory P. Tosi Les récentes perturbations en mer Rouge et dans le golfe Persique ont rappelé au monde que la géographie continue de structurer le commerce mondial. Les attaques menées près du Bab el-Mandeb ont contraint des navires à…
Par Ndèye Nangho DIOUM, Inspectrice des Impôts et des Domaines / Sénégal. « Tôt ou tard, tous les présidents ont à prendre des décisions difficiles, et impopulaires, du moins à court terme. Mais étant donné les enjeux, on doit faire ce qui est juste, et espérer qu’un jour le vent de la politique sera de nouveau favorable ». Bill CLINTON Popularisée par James M. BUCHANAN et Gordon TULLOCK en 1962, la théorie de l’école des choix publics est ici bien illustrée par cette citation de l’ancien président américain Bill CLINTON, dans son roman-thriller « Le Président a disparu », co-écrit avec James PATTERSON.…
Quand le verbe remplace l’acte et le discours tient lieu de stratégie économique Par Lansana Gagny SAKHO Adm.A, C.M.C, Il m’arrive, au fil des débats économiques sénégalais, d’observer un phénomène que vingt ans d’expérience institutionnelle n’ont pas réussi à me rendre banal : le moment où certains universitaires, riches d’une connaissance hautement livresque mais éloignés des...
Par Christophe Ravel Pendant des siècles, la puissance s’est mesurée à l’étendue du territoire, à la population, aux ressources naturelles, à l’industrie et aux capacités militaires. Ces critères demeurent, mais ils ne suffisent plus. Une nouvelle géographie se superpose désormais aux cartes traditionnelles : celle des câbles sous-marins, des réseaux électriques, des satellites, des centres de données, des semi-conducteurs et des flux d’information. I / L’infrastructure invisible de la puissance mondiale Dans Connectography, Parag Khanna montre que le monde s’organise désormais davantage autour des réseaux que des seules frontières. Les États ne cherchent plus seulement à protéger leur territoire ; ils s’efforcent…
Par le Professeur Abderrahmane MebtoulProfesseur des universités, docteur d’État, expert international La guerre qui oppose désormais ouvertement l’Iran aux États-Unis et à leurs alliés régionaux est entrée, depuis la mi-juillet 2026, dans une phase d’une gravité inédite. Après les frappes visant les installations militaires, nucléaires et pétrolières, un nouveau seuil stratégique est franchi : les attaques contre les infrastructures de dessalement de l’eau de mer, véritable colonne vertébrale de la survie des États du Golfe. Le risque ne réside plus uniquement dans une flambée des cours du pétrole ou une perturbation des flux énergétiques mondiaux. Il touche désormais à une…
En République démocratique du Congo comme ailleurs en Afrique, la question n’est pas de choisir entre souveraineté nationale et attractivité économique, mais de définir les conditions de leur coexistence, selon l’auteur. Qui se prononce sur les récentes prises de position du président Félix Tshisekedi sur la fiscalité minière illustrent cette tension centrale. Un État fort n’est pas celui qui décourage l’investissement, dit-il, mais celui qui impose des règles stables, prévisibles et respectées par tous. Par Gregory P. Tosi Les récents développements à Kinshasa mettent en lumière l’un des défis de gouvernance les plus complexes de l’Afrique contemporaine. Le 13 juillet…
À l’heure où les discours souverainistes et les dénonciations du néocolonialisme occidental occupent une place croissante dans le débat public africain, la Côte d’Ivoire fait le choix d’une autre voie. En privilégiant une diplomatie économique fondée sur le pragmatisme, la stabilité et la confiance, cette philosophie du « regarder vers l’avant » qui irriguait en mai dernier le sommet Africa Forward de Nairobi, Abidjan démontre qu’il est possible d’entretenir des relations étroites avec la France et l’Union européenne sans renoncer à sa souveraineté. Le succès indéniable de la conférence des bailleurs de fonds organisée il y a quelques jours à…
Par Aboubakr Kaira Barry, CFA, Directeur Général de Results Associates, et Président du Centre Omou d’Éducation Financière, Bethesda, Maryland, États-Unis Les économistes expliquent la domination du dollar par la profondeur des marchés de capitaux américains, les effets de réseau et la crédibilité des institutions. Un quatrième pilier, tout aussi important, est rarement mentionné : le marché de l’eurodollar. Il s’agit du vaste réservoir de dollars américains détenus et prêtés hors des États-Unis, hors de portée de la Fed. C’est sans doute le facteur le plus sous-estimé de la suprématie du dollar, avec de vraies leçons pour l’Afrique. Bretton Woods et…
La République démocratique du Congo occupe une place centrale dans la nouvelle géographie mondiale des minerais critiques. Cobalt, cuivre, lithium, terres rares : ses ressources en font un acteur stratégique pour les chaînes d’approvisionnement du XXIe siècle. Mais cette position unique ne garantit pas, à elle seule, le développement. L’enjeu pour Kinshasa est désormais de convertir sa richesse minière en puissance industrielle, en emplois qualifiés et en souveraineté économique, sans retomber dans les pièges de la dépendance extérieure et de l’endettement excessif. Dans cette tribune, Gregory P. Tosi plaide pour une stratégie fondée sur la transformation locale, la diversification des…
À l’heure où de nombreux pays africains cherchent à redéfinir leurs relations avec les grandes puissances, la Zambie offre un cas particulièrement révélateur. Longtemps marqués par l’aide au développement, ses liens avec les États-Unis semblent aujourd’hui entrer dans une nouvelle phase, davantage tournée vers l’investissement, le commerce et la coopération économique de long terme. Dans cette tribune, Gregory Tosi soutient que cette évolution dépasse largement le cadre bilatéral : elle pourrait préfigurer un modèle de partenariat plus équilibré entre l’Afrique et ses partenaires internationaux, fondé sur la souveraineté, la création de valeur et la prospérité partagée. Par Gregory Tosi L’actualité…
Le Mozambique entre dans une phase décisive de son histoire économique. Doté d’importantes réserves de gaz naturel, de graphite et de minéraux critiques, le pays suscite un intérêt croissant de la part des grandes puissances et des investisseurs internationaux. Mais au-delà de l’attrait de ses ressources, l’enjeu est ailleurs : transformer cette richesse brute en levier durable de croissance, d’industrialisation et d’emplois. Dans cette tribune, Gregory Tosi défend l’idée que le Mozambique peut rompre avec le modèle extractif hérité du passé et s’imposer comme l’une des futures puissances industrielles du continent africain. Par Gregory Tosi* Depuis l’époque coloniale, l’Afrique, riche…
Par Demba Moussa Dembélé Economiste La disparition du Pr. Moustapha Kassé est une très grande perte pour le Sénégal et l’Afrique. C’était un grand intellectuel engagé dans le combat pour l’émancipation du continent. J’ai eu l’immense privilège d’être parmi ceux qui l’ont connu et côtoyé pendant de nombreuses années. La Conférence sur la dette du Tiers-Monde Nos pas se sont croisés pour la première fois il y a plus de 25 ans, lors de la préparation de la Conférence internationale sur l’annulation de la dette du Tiers-Monde, sous l’égide de Jubilé Sud, un réseau international regroupant les mouvements sociaux des…
Dr Mohamed H’MIDOUCHEÉconomiste, auteur, ancien haut responsable de la BAD Les crises récentes montrent que la résilience d’une banque multilatérale ne se limite plus à la continuité de ses opérations. Elle suppose aussi de préserver le fonctionnement de ses organes statutaires et la légitimité de leurs décisions. À partir des expériences de la BAD, de la BADEA et d’Afreximbank, cette tribune plaide pour faire de la continuité de la gouvernance statutaire une composante à part entière de la résilience institutionnelle. Au-delà de la continuité des opérations Les banques multilatérales de développement occupent une place centrale dans la transformation économique de…
À l’heure où la République démocratique du Congo (RDC) cherche à redéfinir sa trajectoire économique, la question de ses instruments de financement devient plus stratégique que jamais. La création annoncée de la Bourse de Kinshasa ne relève pas seulement d’une réforme technique ou institutionnelle : elle pourrait marquer un tournant majeur dans la capacité du pays à mobiliser des capitaux, à renforcer la confiance des investisseurs et à inscrire sa croissance dans la durée. Au-delà de ses implications nationales, cette initiative ouvre également de nouvelles perspectives pour les relations économiques entre la RDC, les États-Unis et les partenaires internationaux. Dans…
Fondateur de ChinaBrandPath, Yinghang Wu travaille avec des importateurs, distributeurs et agents — notamment en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale — qui passent de l’achat ponctuel en Chine à la représentation de marques chinoises sur leurs marchés. Il publie ce contenu qui explique ce qui distingue les deux métiers et pourquoi la maîtrise des règles locales (TEC de la CEDEAO, VOC ivoirien, PECAE camerounais, cadre OHADA) constitue un véritable atout de négociation pour les partenaires africains. Pendant des années, « faire la Chine » a signifié une seule chose pour beaucoup de négociants africains : trouver une usine,…
Alors que les États-Unis affichent leur volonté de renforcer leur influence en Afrique, leur présence diplomatique sur le continent reste incomplète, estime Greg Tosi, avocat et lobbyiste basé à Washington. Dans plus de 40 pays africains, constate-t-il, Washington ne dispose pas d’ambassadeur confirmé, y compris dans plusieurs États clés sur les plans économique, sécuritaire et politique. Cette situation dépasse la seule question administrative, et affecte la capacité des États-Unis à entretenir un dialogue de haut niveau, à accompagner les investissements et à défendre durablement leurs intérêts, indique l’auteur de cette tribune. Par Greg Tosi Les États-Unis cherchent à étendre leur…
Par Léonce Ndikumana Pour l’Afrique, la reprise à New York, le 3 août prochain, des négociations onusiennes en vue d’une convention sur la coopération fiscale internationale représente un enjeu capital, qui dépasse de loin les seuls arbitrages techniques. Le continent subit de plein fouet une accumulation sans précédent de crises : rivalités entre grandes puissances, conflits armés et fragmentation de l’ordre mondial, le tout aggravé par un demi-siècle de fuite des capitaux et de flux financiers illicites. Depuis le lancement de la guerre contre l’Iran en février, le détroit d’Hormuz, une artère vitale par laquelle transite une part majeure du…
Le Sénégal comme illustration d’un nouveau paradigme de reconstruction productive Par Dr Papa Demba Thiam Le Caucus des Gouverneurs africains du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international constitue chaque année un moment privilégié de réflexion sur les défis économiques du continent. L’édition 2026, organisée à Banjul, intervient dans un contexte particulier. Partout en Afrique, les gouvernements recherchent simultanément la stabilité macroéconomique, la soutenabilité de la dette, la relance de l’investissement, la création d’emplois et la transformation structurelle de leurs économies. Le Sénégal illustre parfaitement cette situation. La reprise des discussions avec le Fonds monétaire international offre…
Par Ilyes Zouari, Président du CERMF (Cercle d’étude et de réflexion sur le monde francophone). Selon le dernier classement de la Banque africaine de développement, le Sénégal et la Côte d’Ivoire sont les pays les plus industrialisés de l’espace CEDEAO, et les seuls représentants de l’Afrique de l’Ouest au sein du top 10 africain. Ils devancent nettement le Nigeria et le Ghana, et dépassent également tous les pays d’Afrique de l’Est continentale. Cette performance résulte d’un environnement plus favorable aux affaires, à l’investissement et à l’industrialisation. Dans son dernier rapport sur l’industrialisation en Afrique, publié le 24 mai et intitulé…
Par Aboubakr Kaira Barry, CFA, Directeur général, Results Associates, et Président de l’Omou Financial Literacy Center, Bethesda, Maryland, USA La balance des paiements de la Guinée — le tableau de bord annuel de l’argent qui entre et qui sort du pays, exprimé en dollars américains (US$) — raconte une histoire plus complexe que le récit habituel du boom minier. Elle montre combien d’argent entre en Guinée, toutes sources confondues et pas seulement les mines, et combien en sort par les importations, les sorties de profits et d’autres paiements. Les investisseurs étrangers misent clairement gros sur la Guinée. Entre 2020 et…
Par Lansana Gagny Sakho Le Projet de Code du travail 2026 du Sénégal peut être lu de deux manières. La première, rassurante, consiste à y voir une réforme de progrès social, qui modernise le droit du travail, renforce la protection des salariés et améliore l’image internationale du Sénégal. La seconde, plus lucide, révèle un texte adopté dans un contexte où la compétitivité régionale est devenue féroce et où chaque charge supplémentaire doit être compensée par des gains équivalents de productivité, de simplification et de stabilité. Dans un pays où les grèves sectorielles sont déjà fréquentes, l’adoption d’un Code du travail plus protecteur, plus contraignant et plus coûteux doit être analysée avec une…
Par Andy Shima À l’heure où les tensions géopolitiques fragilisent les équilibres internationaux et où le multilatéralisme est régulièrement contesté, les Institutions héritées de l’après-guerre semblent chercher un nouveau souffle. Dans ce paysage incertain, l’Organisation internationale de la Francophonie tente de se réinventer, passant progressivement d’un espace centré sur la langue à un acteur plus large de coopération politique, économique et numérique. À sa tête, Louise Mushikiwabo imprime depuis 2019 une vision qui donne élan et ambition à une Institution en pleine mutation. Le monde contemporain traverse une phase de recomposition profonde. Les conflits armés se multiplient, les rivalités entre…
Par Dr Mohamed H’MIDOUCHE Expert international et observateur des dynamiques africaines Porté par la victoire du Maroc face aux Pays-Bas et par la ferveur des supporters africains dans les stades, le football du continent affirme une nouvelle confiance. Au-delà de l’exploit sportif, cette Coupe du monde 2026 révèle une conviction désormais assumée : l’Afrique peut rivaliser avec les grandes nations du football mondial, à condition de transformer son talent, sa passion et ses coups d’éclat en puissance durable. Une victoire marocaine à portée continentale La victoire du Maroc face aux Pays-Bas n’est pas seulement une qualification. Elle est une démonstration.…
Par Abderrahmane Mebtoul – Professeur des universités, expert international, docteur d’État (1974), expert-comptable de l’Institut supérieur de gestion de Lille, directeur d’études, expert indépendant ; ministère de l’Énergie/Sonatrach (1974-1979, 1990-1995, 2000-2007, 2013-2015) ; président du Conseil national des privatisations (1996-1999) ; haut magistrat, premier conseiller et directeur général des études économiques à la Cour des comptes (1980-1983) ; président de la Commission Transition énergétique des 5+5 + Allemagne (2019-2021). L’Algérie, les États-Unis, le Qatar et le Nigeria ont adressé une lettre ouverte commune à l’Union européenne, transmise à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, et à Antonio Costa,…
Par Blaise Jeutang Ndongmo Kendah, Directeur Général Adjoint Activa Vie Cameroun Enseignant IIA et ESSFAR Ces dernières années, les compagnies d’assurance vie de la zone CIMA ont progressivement acquis une réputation positive, car elles respectent presque toujours leurs engagements envers les assurés. Ce résultat ne relève pas du hasard, mais d’une gestion actuarielle rigoureuse. Pour garantir le respect de ces engagements, les actuaires utilisent un mécanisme essentiel appelé provisions mathématiques (PM), qui permet aux compagnies d’assurance vie de disposer des fonds nécessaires pour honorer leurs obligations contractuelles. D’après le Code CIMA en son article 334-2, les Provisions Mathématiques sont définies…
Dans le débat sénégalais, le FMI cristallise passions, postures et procès d’intention. Pourtant, au-delà des slogans sur la souveraineté économique, une question demeure : quel a été le coût concret de l’absence d’accord avec l’institution ? Entre tensions budgétaires, recours plus coûteux au financement et perte de crédibilité, cette séquence mérite d’être relue à l’aune des faits. C’est à cet exercice que se livre cette analyse Lansana Gagny Sakho, expert de la gouvernance publique et de la performance institutionnelle. Introduction Le débat sur le FMI occupe une place disproportionnée dans l’espace public sénégalais, souvent alimenté par des perceptions plutôt que…
Par Ruth Verika NIOBE* À quelques semaines de la 5e session du Comité intergouvernemental de négociation (3–13 août 2026, New York), la Convention-cadre des Nations Unies sur la coopération fiscale internationale entre dans une phase critique. Initiée par le Groupe africain en 2023, les négociations de fond ont démarré en août 2025 et se poursuivront jusqu’en 2027 — avec encore quatre sessions prévues après celle d’août, dont la prochaine à Nairobi du 30 novembre au 11 décembre 2026. Cette initiative bénéficie d’un soutien massif — 110 pays pour, 8 contre, 43 abstentions lors du vote des Termes de Référence en…
Par Dr Cheikh Kanté, ancien ministre d’Etat, professeur associé des universités Depuis les indépendances, l’Afrique subsaharienne a été au centre de plus de 580 sommets, conférences et forums internationaux consacrés au développement. Pourtant, l’architecture de l’aide demeure fragmentée, peu transparente et souvent inefficace. Ce système est progressivement devenu un piège dont les effets nocifs sont aujourd’hui dénoncés par une nouvelle génération d’intellectuels, d’économistes et de décideurs africains. Si le dernier sommet du G7 s’inscrit dans la continuité de nombreux sommets internationaux traitant du développement de l’Afrique, il n’introduit pas de rupture structurelle dans la gouvernance de l’aide ni dans les…
Par Aboubakr Kaira Barry, Directeur général, Results Associates, et Président du conseil d’administration du Omou Financial Literacy Center, Bethesda, Maryland, États-Unis Le problème fondamental du Sénégal n’est pas le niveau de sa dette ; c’est le manque de visibilité sur les ressources de l’État. On ne peut pas gérer ce qu’on ne peut pas voir. Vitor Gaspar, ancien directeur du département des finances publiques du FMI, a souligné que la plupart des gouvernements ne savent pas réellement ce qu’ils possèdent ni ce qu’ils doivent. Cet article soutient que le ratio dette/PIB est une mesure trompeuse de la solvabilité du Sénégal,…
Par Dr Mohamed H’MIDOUCHE L’intelligence artificielle créative transforme déjà la vidéo, le jeu vidéo, l’animation, la caricature numérique, la publicité, l’éducation et les industries culturelles. Pour l’Afrique, l’enjeu dépasse l’adoption technologique : il s’agit de savoir si le continent saura mobiliser les investissements, financer ses talents, protéger ses données culturelles, valoriser ses langues et maîtriser son récit à l’ère des plateformes et des modèles génératifs. La problématique : créer de la valeur sans perdre la maîtrise du récit L’intelligence artificielle entre dans une nouvelle phase. Après avoir été principalement associée à l’automatisation, aux modèles de langage et à l’aide à…
Par professeur Amath Ndiaye, FASEG – UCAD. Le Document de Programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2027-2029 marque un retour à un certain réalisme dans la conduite des finances publiques. En repoussant à 2029 l’objectif de ramener le déficit budgétaire à 3 % du PIB, le Gouvernement adopte une trajectoire plus crédible au regard de l’ampleur des déséquilibres budgétaires et des contraintes de financement auxquelles le Sénégal est confronté. Toutefois, ce réalisme budgétaire s’accompagne d’une révision significative des ambitions de croissance. Le référentiel Vision Sénégal 2050 et sa Stratégie nationale de développement (SND 2025-2029) visent une croissance annuelle moyenne du…
Par Théophane Mokoko, économiste et analyste financier / spécialiste des politiques publiques L’Afrique centrale possède l’une des plus importantes concentrations de capital naturel carbone au monde. Pourtant, cet actif demeure encore faiblement intégré aux systèmes de finances publiques. Cet article analyse la manière dont les technologies du Big Data peuvent transformer structurellement la valorisation, la crédibilité et la monétisation des crédits carbone en Afrique centrale, avec un focus particulier sur la République du Congo. Au-delà de l’approche conceptuelle, cette étude intègre une simulation pratique illustrant comment un suivi du carbone fondé sur les données peut accroître de manière significative les…
Par Franz Drees-Gross, directeur des Infrastructures pour l’Afrique de l’Ouest au sein du Groupe de la Banque mondiale ; et Wale Shonibare, directeur du pôle Solutions financières, politiques et réglementations énergétiques du Groupe de la Banque africaine de développement. Mission 300, une initiative pilotée par le Groupe de la Banque mondiale et le Groupe de la Banque africaine de développement visant à raccorder 300 millions de personnes à l’électricité en Afrique d’ici 2030, vient de franchir une étape remarquable. Plus de 50 millions de personnes ont été raccordées à l’électricité depuis le lancement de l’initiative et ont commencé à suivre les…
Candidate de la République Démocratique du Congo au poste de Secrétaire générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie, Juliana Amato Lumumba estime que «la Francophonie doit devenir une puissance économique». Lire sa tribune. LA FRANCOPHONIE DOIT DEVENIR UNE PUISSANCE ÉCONOMIQUE Lorsque l’on parle de Francophonie, on pense spontanément à une langue, à une histoire partagée, à une communauté de valeurs. On oublie souvent qu’elle constitue aussi l’un des plus grands espaces économiques du monde. Près de 390 millions de locuteurs, 20 % du commerce mondial de marchandises, plus de 16 % du PIB mondial : la Francophonie est déjà une réalité économique. Pourtant, elle n’agit…
Par Issa Malgoubri, Président-Directeur Général de SGI Image Finances Internationales, Arrangeur principal et Chef de file de placement Le premier Sukuk de l’État du Burkina Faso n’est pas seulement une innovation financière. C’est un appel national, régional et international à financer la souveraineté économique par l’éthique, l’économie réelle et la confiance. Il y a des opérations qui mobilisent des ressources. Et il y a des opérations qui mobilisent une Nation. Le lancement du FCES SUKUK BURKINA RENAISSANCE 6,80% 2026-2035 appartient à cette seconde catégorie. Avec cette émission de 75 milliards FCFA, structurée sous la forme d’un Fonds Commun d’Émission de…
:Par Ismael Sy , Journaliste, correspondant de Financial Afrik à Casablanca A notre sensi, la pensée selon laquelle l’intellectuel devrait être au service des défavorisés présente des limites. L’histoire du monde n’est que rapport de classe et reproduction de rapports de classe. Un intellectuel au service des faibles peut participer à la construction d’un autre système de rapports de classe. L’histoire de certains régimes communistes a montré comment certains intellectuels qui ont pensé soutenir une forme de justice sociale se sont réveillés avec un goût amer dans la bouche. Comment les faibles d’hier se sont transformés en tyrans d’aujourd’hui. Ces…
Par Pr. Abderrahmane MebtoulProfesseur des universités, docteur d’État en économie, expert-comptable diplômé de l’Institut supérieur de gestion de Lille, ancien directeur général des études économiques et ancien premier conseiller à la Cour des comptes. La décision prise le 19 juin 2026 par le Groupe d’action financière (GAFI) marque une étape importante pour l’Algérie. Réunie en séance plénière à Paris, l’organisation internationale chargée de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) a officiellement retiré l’Algérie de sa liste des juridictions placées sous surveillance renforcée, communément appelée « liste grise ». La Namibie bénéficie également de cette décision. Cette évolution…
Par Pr Amath NDIAYE , FASEG-UCAD. Le débat sur la dette publique sénégalaise a donné lieu à l’utilisation de plusieurs expressions — dette cachée, dette non déclarée, fausses déclarations statistiques (misreporting) ou encore dette odieuse — qui ne recouvrent pas les mêmes réalités. Les trois premières renvoient globalement au même phénomène : l’existence d’engagements financiers qui n’ont pas été correctement enregistrés ou déclarés dans les statistiques officielles. La notion de dette odieuse, en revanche, relève d’une problématique différente, davantage juridique et politique. *Ce qu’a constaté la Cour des comptes* La Cour des comptes n’utilise pas systématiquement l’expression « dette cachée ».…
Par Joëlle TRAORÉ, docteure en droit fiscal de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. ZONES ÉCONOMIQUES SPÉCIALES EN ÉTHIOPIE En avril 2024, l’Éthiopie a adopté la Proclamation n° 1322/2024, abrogeant le régime des parcs industriels issu de la Proclamation n° 886/2015. Ce texte institue un nouveau cadre juridique pour les zones économiques spéciales (ZES), élargit leur périmètre sectoriel et renforce les incitations fiscales offertes aux investisseurs. Pour un investisseur, la question n’est pas tant de savoir ce que prévoit le texte, que d’évaluer ce que le mécanisme fiscal produit réellement sur la décision d’implantation. Un changement de cadre, pas seulement de terminologie…
