Selon les données de diverses institutions financières régionales et internationales (Banque de France et Fonds monétaire international (FMI)) qui suivent l’économie camerounaise, en 2025, le Produit intérieur brut (PIB) du pays est de 32.500 milliards de FCFA (environ 56,4 milliards USD). Ce chiffre, également issu des projections macroéconomiques de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), révèle une croissance réelle de 3,2%. Ce PIB représente à lui seul 43% de celui cumulé de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Le Cameroun confirme ainsi son rang de première économie de la sous-région.
A propos des données publiées par les institutions régionales et internationales suivant l’économie camerounaise, l’on note la Banque de France. Dans sa fiche pays CEMAC-Cameroun, elle chiffrait déjà le PIB du Cameroun à 30.808,2 milliards de FCFA (environ 53 milliards USD) en 2024. Pour sa part, dans de récentes projections, le FMI sur un PIB nominal proche de 32.581 milliards de FCFA (près de 57 milliards USD) pour 2025, un niveau très proche du chiffre avancé dans le bilan hebdomadaire.
Le taux de croissance de 3,2% retenu ici tranche toutefois avec les prévisions plus optimistes affichées par le FMI en 2023, qui anticipait alors une accélération vers 4% pour 2023 et davantage encore les années suivantes. Dans ses révisions d’avril 2025, l’institution de Bretton Woods avait au contraire abaissé ses attentes pour le Cameroun à 3,6% pour l’année, invoquant un contexte régional plus incertain. Ce tassement des perspectives touche l’ensemble de la CEMAC, où la croissance moyenne attendue pour 2025 a été révisée à 2,4%, contre 3% initialement.
Ce poids économique structurel s’accompagne de défis persistants. Notamment une diversification limitée, une dépendance aux matières premières et des infrastructures encore insuffisantes. La part du secteur pétrolier dans l’activité reste modeste, mais son recul continu pèse sur les recettes budgétaires. La croissance de 3,2% reste modeste au regard des besoins sociaux d’un pays de près de 30 millions d’habitants, le plus peuplé de la zone. Elle place néanmoins le Cameroun devant plusieurs de ses voisins, dans une CEMAC où des économies comme la Centrafrique restent freinées par des risques structurels, notamment électoraux selon le FMI, et où le Congo ou le Gabon affichent des niveaux d’endettement extérieur nettement plus élevés, respectivement autour de 91% et 79% du PIB en 2025 selon les projections du Trésor français.
Pour les analystes, « ce leadership économique confère au Cameroun une responsabilité particulière dans les équilibres régionaux, qu’il s’agisse de politique monétaire commune au sein de la BEAC ou d’intégration commerciale au sein de la CEMAC ». Représenter 43% du PIB régional signifie aussi que tout ralentissement de l’économie camerounaise se répercute directement sur la dynamique de l’ensemble de la sous-région. Un rappel des interdépendances fortes entre les six États membres de la CEMAC.

