Le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a décidé de maintenir inchangés ses principaux taux directeurs, à l’issue de sa réunion tenue ce mercredi 9 septembre 2026 à Dakar. Le principal taux directeur, auquel la BCEAO prête ses ressources aux banques, reste fixé à 3,00 %, tandis que le taux d’intérêt du guichet de prêt marginal est maintenu à 5,00 %. Ces niveaux sont en vigueur depuis le 16 mars 2026. Le Comité a également décidé de maintenir à 3,00 % le coefficient des réserves obligatoires applicable aux établissements assujettis de l’Union.
Cette décision intervient alors que l’activité économique de l’Union reste soutenue, malgré une remontée modérée de l’inflation. Au deuxième trimestre 2026, la croissance économique de l’UEMOA est estimée à 6,0 % en glissement annuel, contre 6,1 % au trimestre précédent. Cette évolution est portée par la bonne tenue de l’ensemble des secteurs d’activité.
Pour l’ensemble de l’année 2026, la BCEAO table sur une croissance de 6,1 %, confirmant le dynamisme de l’économie régionale.
L’inflation remonte à 0,4 %
Sur le front des prix, le taux d’inflation s’est établi à 0,4 % au deuxième trimestre 2026, après -0,2 % au premier trimestre. Il a ensuite accéléré pour atteindre 1,2 % en juillet puis 1,7 % en août 2026. Cette remontée s’explique principalement par la hausse des prix des transports, liée au relèvement des prix des produits pétroliers dans la plupart des pays de l’Union.
Les prix du logement ainsi que ceux de plusieurs produits alimentaires, notamment la viande, le poisson et les légumes, ont également contribué à cette évolution.
Selon la BCEAO, cette pression sur les prix pourrait se poursuivre au cours des prochains mois. L’institution prévoit ainsi une inflation moyenne de 1 % en 2026, après un niveau nul en 2025.
La Banque centrale identifie par ailleurs des risques haussiers sur l’évolution des prix, principalement liés aux incertitudes entourant la crise au Moyen-Orient et à ses éventuelles répercussions sur les cours des produits énergétiques.
Une position extérieure renforcée
La situation extérieure de l’Union s’est, pour sa part, améliorée au deuxième trimestre 2026, soutenue par la progression en valeur des exportations d’or, de coton, de cacao et de produits pétroliers.
Le financement de l’économie demeure par ailleurs jugé adéquat. Le crédit bancaire accordé au secteur privé a progressé de 6,6 % à fin juin 2026, contre 6,0 % à fin mars.
Dans ce contexte, le CPM estime que les conditions monétaires restent compatibles avec la dynamique de l’activité économique et l’objectif de stabilité des prix.
Le Comité indique toutefois qu’il continuera de surveiller attentivement les risques susceptibles d’affecter l’évolution de l’inflation et les conditions monétaires. Il se réserve la possibilité de prendre, si nécessaire, les mesures appropriées afin de préserver la stabilité monétaire et financière de l’Union.

