La croissance ne suffit pas. Elle doit produire des emplois, augmenter les revenus réels, élargir les classes moyennes et donner aux jeunes la possibilité de se projeter dans leur propre pays.
Car lorsqu’une économie affiche de bons indicateurs mais que ses citoyens sont prêts à risquer leur vie pour la quitter, une partie de sa performance macroéconomique perd nécessairement de sa signification sociale.
C’est cette question que Financial Afrik met au centre du débat consacré au « Drame de Ceuta : pourquoi les jeunes Africains veulent partir – L’Afrique face à son paradoxe économique », animé par Amadjiguène Ndoye, avec Mehdi Lahlou comme invité principal, en présence de Rivo Ratsimandresy, CEO de RDE, et Adama Wade, directeur de publication de Financial Afrik.
Docteur en économie, Mehdi Lahlou est spécialiste des dynamiques migratoires entre l’Afrique, la Méditerranée et l’Europe. Il a notamment coécrit en 2002 un rapport pionnier consacré à l’immigration clandestine depuis l’Afrique pour le Département des migrations de l’Organisation internationale du Travail.
Il a également coordonné au Maroc, entre 2018 et 2020, le programme « Revenir à de nouvelles opportunités » destiné aux migrants rapatriés. Ancien professeur à l’INSEA, il est aujourd’hui maître de recherche à l’Université Mohammed V de Rabat, membre du bureau de l’Association Migration Internationale au Maroc et membre du groupe sur les migrations mondiales de la Foundation for European Progressive Studies à Bruxelles.
Son expertise permettra de confronter les réalités migratoires à leurs déterminants économiques : emploi, revenus, démographie, mobilité, inégalités et perspectives offertes à la jeunesse africaine.
Au fond, Ceuta pose une question que les statistiques de croissance ne peuvent plus éluder : à quoi sert de créer davantage de richesse si une partie de la jeunesse ne voit toujours pas son avenir chez elle ?

