Économiste, entrepreneur et ancien cadre de la Banque mondiale, Pape Demba Thiam est l’invité spécial de Financial Afrik pour un grand entretien consacré aux choix économiques de l’Afrique et aux mécanismes qui, selon lui, continuent d’entraver la transformation du continent.
Né à Saint-Louis au Sénégal, formé en économie et gestion à l’Université de Dakar, puis installé en Suisse, Pape Demba Thiam a mené une carrière à la croisée de la recherche, de l’enseignement, de l’entreprise et du développement international. Spécialiste des chaînes de valeur et des stratégies de développement, il a notamment exercé à la Banque mondiale et fondé dès 1988 ATEDIS S.A. afin de mettre en pratique ses conceptions du développement économique en Afrique.
Depuis plusieurs années, il travaille sur un essai au titre volontairement provocateur : « La Fabrique de pauvreté ». Une réflexion qui interroge les politiques économiques, les modèles de financement et les mécanismes institutionnels qui peuvent, malgré les discours sur le développement, entretenir les dépendances et empêcher la création locale de valeur.
Dans cet entretien sans détour, Pape Demba Thiam revient sur les négociations entre le Sénégal et le FMI, mais élargit le débat aux relations entre l’Afrique, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale. Il livre également son analyse du rôle et du pouvoir des agences de notation, ainsi que de leurs conséquences sur le financement des économies africaines.
Au cœur de sa réflexion : la chaîne de valeur et l’industrialisation. Pourquoi l’Afrique continue-t-elle d’exporter une grande partie de ses matières premières sans en capter suffisamment la valeur ajoutée ? Comment passer d’économies d’extraction et d’exportation à des économies de transformation, de production et d’accumulation ?
Enfin, l’économiste analyse la nouvelle architecture financière africaine portée par la Banque africaine de développement (BAD) : pourquoi faut-il la repenser, avec quels instruments et au bénéfice de quel modèle de développement ?
Sénégal–FMI, Banque mondiale, agences de notation, industrialisation, chaînes de valeur et nouvelle architecture financière africaine : un grand entretien sur les choix qui détermineront la souveraineté économique du continent

