L’Algérie acte officiellement le retrait du groupe énergétique français Engie du champ gazier de Touat, situé dans la wilaya d’Adrar, au sud du pays. Cette décision a été entérinée par un décret présidentiel daté du 17 février 2026 et publié au Journal officiel le 24 février.
Selon les autorités, cette évolution ouvre un nouveau chapitre pour le champ gazier de Touat, sur fond de recomposition du tour de table au profit de la société thaïlandaise PTTEP et d’un partenaire déjà présent sur le site.
Jusqu’à présent, le champ était exploité par Sonatrach en partenariat avec Neptune Energy et Engie. En 2024, l’italien Eni avait racheté la participation de Neptune Energy, portant sa part à 35 %, aux côtés de Sonatrach (environ 35 %) et d’Engie (30 %).
Le décret ne précise pas les modalités financières de l’opération. Toutefois, la participation de 30 % détenue par Engie a été redistribuée, notamment 22 % ont été cédés à PTTEP, tandis que 8 % ont été acquis par Eni.
À l’issue de cette transaction, la nouvelle répartition capitalistique est désormais la suivante : Eni détient 43 %, Sonatrach 35 % et PTTEP 22 %.
Le document officiel précise également que l’intégralité du gaz produit sur le champ de Touat est désormais commercialisée auprès de Sonatrach.
Pour rappel, le projet avait été interrompu à l’automne 2021 à la suite d’une contamination au mercure de l’unité de traitement, entraînant une suspension de la production. L’entrée d’Eni dans le capital, via le rachat des actifs de Neptune Energy, s’est accompagnée d’investissements destinés à relancer l’exploitation et à sécuriser les installations.
À ce jour, la production du champ se stabilise autour de 13 millions de mètres cubes par jour, soit environ 4,5 milliards de mètres cubes par an.
La publication du décret présidentiel formalise ainsi une nouvelle phase pour le champ gazier de Touat, marquée par le départ d’un acteur français historique et l’arrivée d’un opérateur asiatique, dans un contexte de recomposition progressive des partenariats énergétiques en Algérie.

