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L’«Hôtel 2 février » sera inauguré le 26 avril 2016 par Faure Gnassingbé, apprend-on de source sure. Il va opérer sous pavillon de l’enseigne hôtelière Radison Blu, propriété du groupe Carslon Rezidor, dixième groupe hôtelier dans le monde, fort d’une présence dans plus de 80 pays.

Sa rénovation, débutée depuis 2015, aura couté plus de 40 milliards de F CFA à l’Etat togolais et la Kaylan Hospitality Developpement (KHD), société en charge de sa réhabilitation et de son exploitation.

L’ensemble mobilier et immobilier de l’Hôtel 2 février, après totale rénovation, devra devenir un cinq étoiles avec 320 chambres et 32 suites présidentielles, un complexe pour les conférences internationales, des restaurants, des bars, des discothèques, un centre de remise en forme, une galerie marchande et des équipements sportifs.

Il abritera en octobre prochain, le Sommet extraordinaire des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine sur la sécurité et la sureté maritime.

Une fierté nationale

Construit en 1980 à l’époque du boom phosphatier togolais, l’hôtel porte fièrement le nom « 2 février », date de nationalisation des mines de phosphate de la Compagnie togolaise des mines du Bénin (CTMB) en 1974 par l’ancien président Gnassingbé Eyadema.

Mais en 2006, le complexe a dû être cédé à la Libye, à travers sa société de gestion de ses patrimoines, la LAAICO (Libyan Arab African Ivestment Company) pour sa rénovation et sa mise en exploitation – pour faute de remboursement d’un prêt contracté 6 années plus tôt.

En effet, l’Etat togolais a dû recourir en 2000 – quand il organisait pour la première fois de son histoire le sommet des chefs d’Etats et de gouvernements de l’OUA devenue UA – à un prêt auprès de l’Etat libyen, dont la créance et les intérêts en 2006 s’élevaient à 24 milliards de Franc, pour réhabiliter l’hôtel du 2 février, devant abriter la rencontre.

Contre toute attente, arguant sur le fait que depuis 2006, LAAICO n’ait pas exécuté les réhabilitations nécessaires et mis en exploitation l’hôtel, les autorités togolaises fait voter fin 2014 une loi (Loi No 2014 – 014) nationalisant l’hôtel et ses installations.

Qu’en est-il de LAAICO ?

Selon les dispositions de la loi N°2014-014 du 22 octobre 2014 portant modernisation de l’action publique de l’Etat en faveur de l’économie, la société LAAICO « bénéficiera d’une juste et préalable indemnisation de toute somme investie et non amortie », comme le stipule l’article 4-1 portant protection de la propriété dans l’accord de cession.

Quelques semaines après l’opération de nationalisation, le gouvernement met en place une commission dénommée Commission d’évaluation de l’indemnité (CEI).

Instituée par la loi précitée, il était assigné à cette commission, « la mission de procéder à l’évaluation de l’indemnité que l’Etat togolais versera à LAICO-TOGO ». Une mission qui, d’après le communiqué du Gouvernement, s’étendra sur une durée de quatre ans.

A l’issu de cette période, elle devrait soumettre un avis circonstancié sur le montant de l’indemnité à verser à LAICO-TOGO de droit libyen à titre de compensation.

Par Nephthali Messanh Ledy

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