Depuis le 14 septembre 2026, un contrat de partenariat public-privé de 41 milliards de FCFA (près de 72 millions USD) lie Gabon Fiber SA, futur opérateur neutre du Backbone national gabonais (BNG) en fibre optique, et la Société de patrimoine des infrastructures numériques (SPIN). Conclu pour vingt ans, il combine un affermage du réseau existant et une concession pour les extensions à venir, en vue d’un réseau cible d’environ 3 500 km d’ici 2029.
Un contrat de partenariat public-privé (PPP) de 41 milliards de FCFA (près de 72 millions USD) lie désormais Gabon Fiber SA, le futur opérateur neutre de référence du Backbone national gabonais (BNG) en fibre optique, et la Société de patrimoine des infrastructures numériques (SPIN). « Conclu pour une durée de 20 ans, cet accord repose sur un régime d’affermage du réseau existant (propriété de la SPIN) et un régime de concession pour les futures extensions », peut-on lire dans le communiqué publié sur le site officiel de Gabon Fiber SA. Selon ce document, le projet, entièrement financé sur fonds privés et sans impact sur le budget de l’État, vise un réseau cible d’environ 3 500 km pour désenclaver numériquement l’ensemble des provinces d’ici 2029 — notamment les localités de Mouila, Tchibanga, Makokou, Okondja, Mandji, Mimongo et Koulamoutou.
En tant qu’opérateur exclusivement wholesale (vente en gros), Gabon Fiber SA aura pour mission « d’exploiter, moderniser et sécuriser cette infrastructure critique au service de l’ensemble des opérateurs de télécommunications, en garantissant une gestion rigoureuse, transparente et neutre ».
« Voici une opération dans laquelle l’État aura investi de façon limitée, mais qui lui permettra, dans 20 ans, d’avoir un patrimoine de plus de 1 650 km de fibre supplémentaire », a déclaré Lauric Owono Engongah, directeur général de Gabon Fiber SA, au cours de la cérémonie du 14 septembre 2026.
Pour le Gabon, l’enjeu dépasse donc la simple couverture numérique : le Backbone constitue une infrastructure critique pour les télécommunications, les entreprises et les services publics.
Pour rappel, Gabon Fiber est un projet stratégique né de la volonté de l’État de garantir sa souveraineté numérique et de se doter d’une infrastructure de connectivité digne des standards internationaux. Ce projet mise sur une demande croissante de capacité. L’extension devrait améliorer la connectivité interterritoriale et réduire progressivement les contraintes liées à la capacité du réseau. Gabon Fiber introduit ainsi un autre modèle de financement : cette fois, l’État cherche à faire porter l’investissement sur l’opérateur et les capitaux privés, tout en conservant la maîtrise patrimoniale du réseau.
Le développement des usages numériques justifie cette ambition. En 2024, l’Union internationale des télécommunications (UIT) estimait à 68,7 % la part de la population gabonaise utilisant Internet. Cette année-là, le marché comptait également 2,18 millions d’abonnements actifs au haut débit mobile. À fin septembre 2025, l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), l’autorité administrative indépendante chargée de réguler les télécommunications et les services postaux au Gabon, recensait 2,36 millions d’abonnements Internet.

