Après avoir obtenu, le 7 août 2026, son agrément de la Commission de surveillance du marché d’Afrique centrale (COSUMAF) — le premier délivré par le régulateur à une agence de notation — Geneva Investment Corporation (GIC Rating) accélère son déploiement. Dès le lendemain, le Conseil d’administration de ce nouvel acteur stratégique du marché financier régional arrêtait la composition de ses comités techniques spécialisés, par décision n°001/2026/GIC/PCA/ADG signée le 8 août. Cette décision prépare les premières évaluations du risque de crédit dans la sous-région et fixe les règles applicables aux différents comités. À l’analyse, GIC Rating veut installer une chaîne d’analyse spécialisée, couvrant plusieurs catégories d’émetteurs et d’instruments de dette.
La demande d’agrément, déposée le 27 octobre 2025, avait été instruite pendant neuf mois ; l’autorisation, actée par la décision n°149-2026, est enregistrée sous la référence COSUMAF-AGN-01/2026.
Une expertise sectorielle pour le marché CEMAC
Au terme des travaux du 8 août 2026, l’agence compte six comités techniques. Quatre couvrent directement les principaux segments ciblés par les futures notations.
Le premier comité, consacré au risque souverain et aux dettes émises par les États, est présidé par la Marocaine, Sophia Zaidi, spécialiste de la finance, de la gouvernance et de l’éthique, forte de plus de vingt ans d’expérience en Afrique et à l’international. Le deuxième, qui couvre les sociétés de gestion des infrastructures aéroportuaires, est présidé par la Camerounaise Viviane Madeleine Ondoua Biwolé, professeure titulaire à l’Université de Yaoundé II et spécialiste de la gouvernance des institutions financières. Le troisième, consacré aux banques et aux établissements de microfinance, est dirigé par Ebe Evina Jean-Claude. Enfin, le Sénégalais Mandaw Kandji — ancien directeur adjoint des assurances du Sénégal, ancien commissaire contrôleur en chef à la Conférence interafricaine des marchés d’assurance (CIMA) et fondateur de l’IFAGE, établissement pionnier de la formation en assurance et en actuariat en Afrique francophone, créé en 2008 — préside le quatrième comité, portant sur les compagnies d’assurances vie et non-vie.
Au-delà de ces profils issus de la finance, de l’assurance, de la gouvernance et du secteur privé, plusieurs experts siègent dans plusieurs comités, traduisant une organisation fondée sur la mutualisation des compétences. Les dirigeants de la nouvelle entité estiment que cette mutualisation doit permettre à GIC Rating de croiser les expertises et de renforcer la cohérence des analyses produites. Les membres sont nommés pour un mandat de trois ans renouvelable, sous obligations de confidentialité, d’indépendance et de respect du code d’éthique de la société.
Un nouvel outil pour les investisseurs
L’arrivée de GIC Rating intervient dans un marché régional confronté à des besoins croissants de financement. Les États sollicitent régulièrement le marché pour financer leurs déficits et leurs investissements ; les entreprises recherchent aussi de nouvelles sources de capitaux. Dans ce contexte, la notation peut faciliter l’évaluation du risque par les investisseurs et améliorer la transparence des émetteurs.
GIC Rating entend développer des outils d’analyse du risque de crédit adaptés aux marchés d’Afrique centrale. Son administrateur directeur général, Serges Mathieu Kombou, agréé le même jour par la COSUMAF (décision n°150-2026), cumule une quinzaine d’années d’expérience dans les fonctions administratives et financières, notamment au sein de compagnies d’assurance au Cameroun.
L’agence devient la première structure de notation financière autorisée par la COSUMAF à exercer dans l’espace CEMAC, donnant une portée concrète au règlement n°01/22/CEMAC/UMAC/CM/COSUMAF du 21 juillet 2022, qui a intégré les agences de notation dans l’architecture du marché financier régional. Cette implantation pourrait modifier progressivement l’écosystème régional de l’information financière, alors que les marchés de capitaux africains cherchent à attirer davantage d’investisseurs institutionnels. Jusqu’ici, les émetteurs de la CEMAC qui souhaitaient faire évaluer leur solvabilité s’appuyaient essentiellement sur des agences internationales.
Pour GIC Rating, le principal défi reste la crédibilité des premières évaluations. L’agence devra démontrer la robustesse de ses méthodologies et préserver son indépendance face aux émetteurs, aux actionnaires et aux intérêts publics. La qualité de ses premières notations sera déterminante : elle conditionnera largement la confiance des investisseurs envers cette nouvelle infrastructure financière régionale.

